Été 2020 (1)


(Série 1 côte sauvage de Quiberon)

Il existe une grande différence entre le Morbihan que je connais en avril/mai ou septembre et le même Morbihan en été. En juillet/août comme ailleurs, la région devient le lieu privilégié de hordes envahissantes chaussées de tongs plastique et enduites de crème solaire. Il faut s’éloigner des côtes et des plages de sable blanc pour trouver un peu de calme et ressentir enfin les odeurs naturelles. Pas de chance pour moi qui ai décidé de peindre la côte sauvage de Quiberon comme je le fais systématiquement à chacune de mes visites ici. Une seule et rectiligne route transporte dans un sens et dans l’autre matin et soir des milliers de véhicules, mélangeant sans distinction les autochtones pressés et les “tongs” indolents. Inutile de vous dire que cette route est un enfer et que pour parcourir chaque jour quelques kilomètres, qui relie la terre à la presqu’île, il faut n’avoir aucun rendez-vous urgent. L’heure de départ est certaine, celle d’arrivée est hypothétique. La seule alternative valable et éprouvée que j’ai adoptée, c’est de me trouver face à la mer, matériel en place dès 7h30 et d’organiser mon retour avant 11h. Évidemment, il ne faut pas trop traîner le pinceau en main. Toutes les peintures de petit format sont des pochades impressionnistes réalisées en 1 ou 2 h maximum. Une bonne séance me permet de peindre 2 sujets à la suite. Lorsque les touristes sont trop nombreux sur le chemin côtier ou que les parkings “squattés” par ces foutus camping-cars sont inaccessibles, je me tourne vers la zone dunaire délaissée par tous…à part les promeneurs de chiens. Je me suis rendu compte que la plupart de mes peintures représentaient la falaise à gauche et la mer à droite. Ce choix est la plupart du temps conditionné par la météo, la couleur du ciel, la hauteur du soleil qui crée des zones d’ombre et de lumière. Et puis il y a souvent du vent. Lui tourner le dos est aussi une bonne raison pour se positionner.

Nature de femme

Mis en avant

Elle est de cette nature énergique et vivante tout comme le vent, la mer, la lumière ou même la nuit. Elle est tout ça à la fois. Le vent lorsqu’elle souffle sa foi en l’avenir de la féminité et son désir d’enlacer le monde. La mer lorsqu’elle s’offre à la vie avec une soif jamais apaisée. Elle devient lumière lorsque son sourire – prenant une timide naissance à la commissure de ses lèvres – irradie sereinement d’un trait rosé tout son visage.
Dans ses yeux d’un noir velours insondable, la nuit repose du jour. Et je sais, pour l’avoir vu, qu’au petit matin, dans ses longs cils s’accrochent parfois quelques étoiles égarées et vieillissantes.

Toile à peindre

Mis en avant

J’ai testé un nouveau support pour la peinture à l’huile et l’acrylique de chez Clairefontaine. Il existe déjà pour ces techniques du papier muni d’un grain toilé chez différents fabricants. Ici, il s’agit d’une vraie toile 100% coton et non plus d’un papier avec un grain toile pressé. Il existe de nombreux formats présentés sous forme de blocs de 10 feuilles de 345 grammes.

Nouvelle toile 100%coton
Côté enduction blanche
Côté bistre non enduit

Le support est très souple et peut se rouler sans problème. Pour la gamme coton, le recto est bien blanc (2 couches d’enduction universelle de haute qualité) alors que le verso adopte une couleur bistre et ressemble pour l’aspect à une toile de lin non apprêtée. Le grain moyen est assez visible et profond. Pour ceux qui dessinent beaucoup avant de commencer toute peinture, il peut y avoir un certain handicap.

La taille de la trame n’autorise pas un trait précis. À éviter le crayon, mais conviendra bien au fusain, ou à toute ébauche directe au pinceau et couleur diluée. Cette trame moyenne retient très bien la couleur et il est facile de travailler en épaisseur. Je trouve que pour des portraits avec des tonalités douces la trame reste très (trop) présente. À distance d’œil cette impression diminue, mais cette toile conviendra mieux à des traités vigoureux, à des palettes fortes ou à des paysages. Je n’ai pas fait l’essai, mais il doit être possible d’humidifier cette toile (pour la détendre), de l’agrafer sur un chassis puis de peindre comme on le ferait avec n’importe quelle toile. Dans ce cas, et pour ma part, je perdrais tout bénéfice que je tire de ces support légers et souples qui me font gagner tant de place lors du stockage ou du rangement des créations.

Portrait sur toile coton
Portrait sur toile coton

J’ai aussi testé chez Clairefontaine un autre bloc de toile blanche à peindre, constituée de 67% de coton et 33% de polyester. La toile est plus souple, très maléable (200 gr) et la trame beaucoup plus fine. Il est précisé une induction universelle, sans plus de détail. Donc pas de double couche. À l’usage, la peinture glisse beaucoup plus sur cette trame légère. On resssent très bien l’inclusion de fils synthétiques sous les coups de pinceau. L’ajout de polyester, rend la surface plus solide, moins sensible aux déformations ou aux chocs. Cette toile conviendra très bien aux portraits tout en douceur, aux traités peu épais. Cette série de blocs “polycoton” pour huile et acrylique existe aussi avec une induction couleur “grain de sable” et une composition 75% coton et 25 % polyester.

Bloc toile 67% coton et 33% polyester
Côté enduction
Côté non enduit

Je ne saurais dire qu’elle est ma préférence, j’ai pris autant de plaisir à peindre sur l’une comme sur l’autre surface. Le choix devrait se faire plus en fonction du sujet que sur l’appréciation purement technique du produit. Pour une accroche différente et en focntion de ses goûts, il est toujours possible d’enduire soi-même la toile avec un tout autre apprêt.

Portrait sur toile polycoton
Portrait sur toile polycoton
À la même taille, trame polycoton.
À la même taille, trame coton

Site fabriquant, clic ici.

 

Portrait de Jean

Mis en avant

Le portrait est un thème récurrent dont je ne peux pas me passer. J’ai participé hier à une séance de nu par vidéo online. Nous étions plus d’une cinquantaine connectés du monde entier à nous retrouver sur internet autour d’un très beau modèle. Le modèle avait prévu, entre autre, une pose de 30 minutes consacrée uniquement au portrait. Trente minutes permettent avant tout de réaliser une pochade, une esquisse colorée des lumières, de quelques traits particuliers de la personne.

Ce petit exercice aussi rapide et minimal soit-il, a réveillé mon envie de modeler quelques figures. J’avais mis de côté des sticks huile Sennelier que j’avais peu utilisé. Il était temps d’en tirer profit. Les sticks huile, sont de gros bâtons de couleur à l’huile. La matière est très onctueuse, très grasse. Il ne faut pas les confondre avec les pastels à l’huile. Les sticks, sèchent exactement comme la peinture à l’huile alors que les pastels à l’huile ne sèchent jamais. Il en va de même pour le résultat. Une peinture réalisée avec des sticks sèche rapidement et n’a pas besoin d’être protégée. Le pastel lui, devra être systématiquement encadré. Je ne possède pas beaucoup de couleurs. En tout cas pas suffisamment de tons pour traiter facilement la couleur chair. Mais j’ai fait avec. Comme support, j’ai choisi un papier à grain, genre papier aquarelle préparé d’un enduit “Gesso” recouvert d’une couche de couleur acrylique.

Pas de dessin préparatoire. J’ai l’habitude de commencer mes peintures en dessinant/peignant. C’est la meilleure façon de placer les masses et de créer les volumes au bon endroit le plus précisément possible. Les premières couches de couleur accrochent durement sur l’apprêt. Pas facile d’étaler la matière avec les doigts. Et puis, couche après couche la couleur s’épaissit, la pâte devient de plus en plus onctueuse et là, ça devient un régal. Toute la construction du portrait se fait petite touche par petite touche et le travail avec les doigts devient essentiel. Il faut enlever, adoucir, remettre, gratter, mélanger sans cesse. Un geste trop appuyé creuse la couleur, détruit la forme ici, la modèle ailleurs. Le plus difficile avec ces gros sticks, c’est de parvenir du premier coup à placer la touche de couleur juste au bon endroit. Il faut peu de choses pour louper un détail. Il m’aura fallu deux heures trente pour réaliser le portrait. Je finis avec le bout des doigts douloureux, la peau bien entamée et les mains totalement barbouillées de peinture. 

Cinquante six

Mis en avant

Cinquante six, c’est le nombre personnel de mes journées de confinement. J’avais commencé un peu avant tout le monde. J’ai eu comme le sentiment que ça allait mal tourner à terme. Ici, en région parisienne, nous ne sommes pas sortis de l’auberge. C’est sans jeu de mot avec les auberges et restaurants qui risquent d’être encore fermés un petit moment. Enfin, comme je ne me décourage pas car baisser les bras et se laisser aller à la morosité ne ferait que pomper toute énergie de vie, voilà quelques peintures qui respirent l’air du Vaucluse. Profitez-en, dès lundi, je pars me dégourdir les jambes dans ma région (pas au delà de 100 km bien sûr) et ma production de peinture va sûrement baisser. On ne peut pas tout avoir n’est-il pas ?

Vieille ruelle Avignon.
Vieux mûrier en hiver (Bedoin)
Cerisiers en hiver (Bedoin)
Brume le Mouriau (Bedoin)

Au soleil

Mis en avant

Village de Caromb, arrière cour (Vaucluse).

Je ne sais pas s’il est intéressant pour tout le monde de publier en tant qu’évolution, l’ébauche et la réalisation finale. Personnellement j’ai toujours eu de l’intérêt pour voir les “en cours” chez les autres.

Le premier jet donnait la tonalité générale de la scène. La couleur très ocre/rouge me faisait plus penser à un paysage d’Afrique du nord qu’à un village du Vaucluse. Tout était en place sans mettre en évidence les volumes architecturaux. Dans la réalisation j’ai surtout travaillé sur une lumière plus froide et posé des couleurs plus proches des crépis des maisons de cette région sous un soleil aux alentours de midi. Le ciel a pris plus de luminosité et de densité. La végétation à peine esquissée en première phase retrouve toute sa place sur la finalité.

Inside one

Mis en avant

Ayant passé un certain temps sur le dessin avec l’encre, j’avais besoin de renouer avec l’odeur de l’essence de térébenthine et de la couleur. J’apprécie les petits formats qui permettent de changer de sujet plus rapidement, et de rester toujours à la limite d’une peinture trop finalisée. C’est aussi la possibilité de changer un peu ma manière de peindre, de faire des tentatives techniques ou tout simplement d’expérimenter des rapports de couleur différents. Les trois premières huiles ont pour sujet le Morbihan, la côte sauvage de Quiberon (comme bien souvent). Les quatre peintures suivantes sont des représentations de villages du Vaucluse. 

J’ai employé différentes manières pour traiter ces sujets. Une touche plus libre pour les paysages de mer et une expression en applat, basée davantage sur les contrastes pour les villages. J’ai imaginé les maisons comme des cubes de construction, s’emboîtant les uns dans les autres. Il y a souvent un équilibre à trouver entre le respect de la perspective et la liberté d’expression. La dernière huile est en cours de réalisation et sera plus “structurée”.

Portraits (juillet 2019)

Mis en avant

Après la série de nus pour Octobre Rose, j’ai eu envie de revenir à des formats plus petits et surtout de rejouer avec la couleur. Rien de tel qu’une petite série de portraits pour se refaire la main. En choisissant un format égal ou légèrement supérieur à 21×29,7, je me suis amusé à expérimenter différentes manières de faire. Toujours sur un support papier, j’ai appliqué différents apprêts avant de me lancer dans la couleur. J’ai pu tester et obtenir des différences notables dans l’exécution des portraits. L’ajout de “primers” sur des supports devenus lisses, rugueux, ou absorbants ainsi que des combinaisons techniques comme pastel sec ou gras, plus couleur à l’huile, m’ont permis d’obtenir des effets assez variés. En allant parfois trop loin tant sur la technique que sur la forme, on enrichit souvent son écriture presque sans s’en rendre compte. Il faut pourtant être un peu attentif aux voies sans issue, aux chemins séduisants qui ne correspondent pas à “qui l’on est”.