
(Série 1 côte sauvage de Quiberon)
Il existe une grande différence entre le Morbihan que je connais en avril/mai ou septembre et le même Morbihan en été. En juillet/août comme ailleurs, la région devient le lieu privilégié de hordes envahissantes chaussées de tongs plastique et enduites de crème solaire. Il faut s’éloigner des côtes et des plages de sable blanc pour trouver un peu de calme et ressentir enfin les odeurs naturelles. Pas de chance pour moi qui ai décidé de peindre la côte sauvage de Quiberon comme je le fais systématiquement à chacune de mes visites ici. Une seule et rectiligne route transporte dans un sens et dans l’autre matin et soir des milliers de véhicules, mélangeant sans distinction les autochtones pressés et les “tongs” indolents. Inutile de vous dire que cette route est un enfer et que pour parcourir chaque jour quelques kilomètres, qui relie la terre à la presqu’île, il faut n’avoir aucun rendez-vous urgent. L’heure de départ est certaine, celle d’arrivée est hypothétique. La seule alternative valable et éprouvée que j’ai adoptée, c’est de me trouver face à la mer, matériel en place dès 7h30 et d’organiser mon retour avant 11h. Évidemment, il ne faut pas trop traîner le pinceau en main. Toutes les peintures de petit format sont des pochades impressionnistes réalisées en 1 ou 2 h maximum. Une bonne séance me permet de peindre 2 sujets à la suite. Lorsque les touristes sont trop nombreux sur le chemin côtier ou que les parkings “squattés” par ces foutus camping-cars sont inaccessibles, je me tourne vers la zone dunaire délaissée par tous…à part les promeneurs de chiens. Je me suis rendu compte que la plupart de mes peintures représentaient la falaise à gauche et la mer à droite. Ce choix est la plupart du temps conditionné par la météo, la couleur du ciel, la hauteur du soleil qui crée des zones d’ombre et de lumière. Et puis il y a souvent du vent. Lui tourner le dos est aussi une bonne raison pour se positionner.






















L’eau, l’aquarelle, les pinceaux, les papiers tout est à portée de main pour ne pas être pris au dépourvu. L’image vidéo n’est pas très bonne, elle est relativement pixellisée et donne parfois une apparence fantomatique au modèle. Je devine plus que je ne vois. Finalement sur des croquis enlevés, les détails n’ont pas d’importance. C’est la physionomie générale qui l’emporte sur l’anecdote. Jordan est un très beau modèle, très en harmonie physique avec Anaïs et les poses en duo sont parfaites. Mais difficiles à rendre sur les poses les plus courtes car les deux corps sont mêlés et le chronomètre est intraitable. Je me suis souvent demandé quel était l’intérêt des séquences en mouvement continu du fait qu’il est impossible de fixer quoi que ce soit. Finalement c’est peindre le mouvement lui-même qui crée une narration visuelle inattendue…réussie ou pas. C’est aussi une manière pour les modèles de retrouver la fluidité de leur corps et de décontracter un peu la main du dessinateur.



























































