Par ma fenêtre

Mis en avant

Ma fenêtre est un cadre, ouvert sur la rue, ouvert sur la vie.
Un tableau aux variables couleurs, parfois grises et ternes ou chaque chose se fond, se mêle en une masse sombre. Parfois aussi, c’est la gaité lumineuse qui l’emporte. Par ma fenêtre, je vois un arbre. Nu en hiver, chevelu en été. Chaque matin, il est présent pour moi comme un ami fidèle et cela sans défaillir depuis de nombreuses années. Il accueille indifféremment « l’agassement » des pies, le « jasement » des merles et frémit parfois aux beaux jours de batailles épiques entre la gente ailée. Ici bagarre pour l’emplacement d’un nid, là chahut pour un crouton de pain volé près d’une poubelle renversée. C’est mon arbre. Il n’est ni très costaud, ni très grand et l’hiver, par temps de pluie sa peau se couvre d’une inquiétante teinte verte un peu comme « Hulk », la force brutale en moins. Les élagages systématiques ont favorisé l’apparition de jeunes branches très souples qui s’orientent drues vers le ciel. Par grand vent, elles s’agitent en désordre telles de maigres pattes, fouettent l’espace, s’entrechoquent nerveusement peut-être dans l’espoir de se libérer de ce tronc trop chétif. Mais, que vaut une branche sans sa source nourricière ! En ce début d’année où le beau temps semble avoir déserté nos régions, il semble difficile de s’installer en pleine campagne et de peindre sur le motif. Les éléments traités à travers le cadre d’une fenêtre, s’ils sont relatifs à un champ visuel limité, n’en demeurent pas moins des sujets intéressants. Travailler sur le quotidien, le banal autour de soi, le rendre visible sous une forme nouvelle, dégager une expression graphique inventive, détournée de la simple réalité est aussi un challenge excitant à relever.
Je dirai que « faute de grives, je me contente de merles ».

Bonne Année à toutes et à tous.

Fusain sur papier Ingres

Huile sur papier

Pastel à l’huile sur papier

Fusain et huile sur papier

Monotype, encre typographique sur papier

Arbres de liberté.

00_cotentin_vaucluse

C’est avec quelque retard, que je mets en ligne les aquarelles du Cotentin réalisées cet été ainsi que les aquarelles toutes fraîches, peintes au mois de septembre dans le Vaucluse.

Les arbres font partie des principaux motifs que j’ai pu étudier ces trois derniers mois. J’ai particulièrement apprécié leurs différentes caractéristiques, qui font de chaque arbre un sujet unique, à l’égal des êtres humains. Je m’étais fixé une séance de trois heures de peinture par jour. Avec obligation de terminer chaque aquarelle dans la même séance. Objectif atteint pour le Cotentin et partiellement réussi dans le Vaucluse compte tenu de nombreuses diversions.
Le dessin d’un arbre, m’est toujours apparu comme une figure très difficile à rendre. On fait un tronc, les premières grosses branches, et puis ensuite, tout s’embrouille avec le feuillage. Les ramifications partent dans tous les sens. Il est toujours délicat d’en finir les extrémités qui vont se fondre dans le ciel.
Je vois très souvent des amateurs se lancer dans la peinture de paysages et buter sur l’expression des arbres. Ceux-ci sont souvent représentés de façon « maladroite, enfantine » car il n’y a pas eu de la part de l’artiste, de vécu, de réalité avec son sujet. L’arbre est un « personnage » à peindre pour lui-même. Et le saisir en vrai, sur le terrain, en plantant son chevalet sous son chapeau de verdure, c’est le vivre dans toute sa complexité.
En abandonnant la photo pour le pinceau, mon temps dédié à l’observation s’est rallongé considérablement. Ma relation avec le paysage et plus particulièrement avec les arbres, s’est développée jusqu’à entretenir avec certains sujets une relation amicale, familière, presque obsessionnelle. Certains arbres m’ont attiré bien plus que d’autres et je les ai peints sous différents angles sans me lasser. Normal, on devient vite intime avec quelqu’un que l’on côtoie de longues heures tout en partageant le même silence.