Quelques peintures juin 2017

Mis en avant

Ma galerie de tableaux


Mon séjour dans le Morbihan au mois de mai m’aura permis de participer avec deux amis à la mise en place d’une exposition personnelle.

Nous avions choisi Carnac et sa belle salle des expositions pour cela, en pensant que les différents week-ends prolongés du mois de mai, apporteraient un public nombreux et intéressé. Hélas, le calcul s’est avéré mauvais. Malgré des visites (400 sur une douzaine de jours), nous avons reçu des badauds plus motivés par les étals du marché tout proche que par l’exposition de tableaux.

Une très belle et grande salle d’expo

Au cours de longues journées de permanence passées à attendre l’amateur d’art providentiel, j’ai eu le sentiment de recevoir surtout des personnes au cerveau « lobotomisées ». Peu de connaisseurs, peu de personnes enclines à discuter, à partager avis et commentaires. Combien de « quidams » sont entrés dans cette salle, sans un « bonjour ou aurevoir » à notre intention, comme si nous étions « transparents. L’art, et la culture en général ont encore bien du chemin à parcourir pour séduire une grande majorité d’êtres humains. Il est tellement plus facile de se garnir la panse que d’abreuver son cerveau.

Artrio est né de la réunion de trois amis

Ceci n’empêchant pas cela, j’ai pu trouver (en dehors de cette exposition) le temps nécessaire pour réaliser quelques pochades sur le motif. Cette mise à jour comprend également mes réalisations depuis le mois de novembre, peintures, dessins etc…

Diverses peinture d’hiver

Mis en avant

Morbihan, côte sauvage de Quiberon (huile sur toile 60×80 cm)

Il était temps de mettre à jour ce blog.
De moins en moins de photos, de plus en plus de peintures. La photo est moins présente du fait que mon activité peinture me prend beaucoup de temps et que cette dernière devient pour moi plus excitante en “vie”, plus motivante en apprentissage, ouverte sur un nouvel univers et de nouveaux contacts. Cette passion qui n’est pas née d’hier, répond harmonieusement à une perception plus lente, plus introspective de la nature qui m’entoure. La photo n’en est pas abandonnée pour autant, mais joue un autre rôle et bien souvent se limite à quelques séries faites en “coup de cœur” ou plus banalement à une image saisie à l’improviste comme document.
Les peintures présentes dans cette galerie, ont été réalisées pour la plupart au mois de janvier 2017 dans le Vaucluse.

Musée Mendjiski

Mis en avant


Par dépit, faute de pouvoir visiter “Rembrandt Intime” au musée Jacquemart-André (vu le monde, l’intimité n’était pas au rendez-vous), et après avoir cherché une exposition ouverte et facilement accessible un lundi, je me suis rendu compte combien tous ces établissements avaient réussi à compliquer la vie des visiteurs. Vous n’avez pas remarqué ! Ils se sont tous donné le mot pour brouiller leurs jours d’ouverture. Certains musées sont fermé le lundi, d’autres le mardi, d’autres le jeudi. D’autres, plus rarement, sont ouvert tous les jours. Et puis, il faut désormais prendre rendez-vous, pour visiter son expo. Tel jour et à telle heure ! Prendre son billet à l’avance, son ticket de passage pour faire la queue comme pour acheter un bifteck au rayon viande…chez Leclerc. mendjiski-01

À force de chercher et un peu désespéré, je me suis tourné vers le petit musée Mendjiski, que je ne connaissais même pas de nom (ouvert en 2014 seulement). Le musée des Écoles de Paris. Le terme “École” désigne l’ensemble des artistes étrangers arrivés au début du XXe siècle dans la capitale, à la recherche de débouchés artistiques. De 1900 au début de la Première Guerre Mondiale, un afflux d’artistes arrive à Paris provenant souvent d’Europe centrale. La première école regroupe les artistes de 1912 à 1939. La deuxième école de Paris débute en 1945 jusqu’en 1960. C’est d’avantage un regroupement géographique que stylistique dont font partie, pour les plus connus, Pierre Alechinsky, Camille Bryen, Bernard Buffet, François Desnoyer, Jean Fautrier ou Simon Hantaï. 
L’exposition en cours s’intitule “Les insoumis de l’art moderne, Paris les années 50”. Les insoumis, ce sont des jeunes peintres épris d’humanité, qui se sont battus tout comme Francis Bacon, Balthus, Lucian Freud, Edward Hopper ou Giorgio Morandi pour imposer une figuration que la modernité voulait à jamais dissoudre. Je vous avouerai que l’événement n’est pas majeur et la douzaine d’artistes présentés ne représentait pas grand chose pour moi (à part Paul Rebeyrolle et l’éternel Bernard Buffet dont l’œuvre me laisse totalement indifférent). Par contre, j’ai adoré le musée qui était à l’origine l’atelier de Louis Barillet un grand maître verrier. C’est l’architecte Robert Mallet-Stevens qui a édifié le bâtiment en 1932. L’atelier transformé aujourd’hui en musée, offre quatre niveaux d’exposition. La pièce la plus impressionnante se situe au quatrième niveau. Elle est inondée de lumière par une grande verrière et possède une superbe mezzanine. Une architecture qui voulait aussi proclamer à l’époque la réussite sociale de son propriétaire. La maison se situe au fond d’une impasse privée et arborée dont il ne faut pas rater l’entrée tant le cadre est intimiste.
Si vous n’êtes pas féru d’art des années cinquante, ne vous précipitez pas pour l’expo en cours (jusqu’au 31 décembre 2016)…allez-y pour le bâtiment, pour changer d’univers dans un tout petit coin du 15ème arrondissement. Allez-y enfin pour comprendre ce qu’est un atelier de rêve…sans doute inaccessible et irréalisable aujourd’hui à Paris.

Musée Mendjiski
15 square de Vergennes – Paris 15ème
(Entrée sous le porche à hauteur du 279 rue de Vaugirard)

Septembre au soleil

vaucluse-09-2016-00

Le mois de septembre aura été bien chaud, trop chaud même dans le Vaucluse. De fin août à la mi-septembre, la température journalière se sera située aux alentours des 35° systématiques.
Peindre fut très pénible même en recherchant l’ombre. L’air chauffé à blanc manquait et le moindre geste, comme manier le pinceau devenait un exploit. Les séances à l’extérieur ne pouvant se réaliser que pendant 2 heures maximum (de 8 à 10 heures) il m’a fallu travailler vite, parfois trop vite pressé par le souffle chaud que je sentais m’envahir. L’inconvénient de cette température excessive, m’a également obligé à peindre sensiblement toujours aux mêmes horaires, donc avec une lumière identique sur chaque toile. La rapide montée du soleil m’a imposé d’incessantes modifications des contrastes, des valeurs, de la direction des ombres, des couleurs. Ce qui était peint en tonalités chaudes à 8 heures, devenait bleuté en plein soleil à 10 heures. Il m’a fallu figer ce qui était le moment le plus lumineux. De ce fait, toutes mes toiles possèdent une certaine uniformité de couleur, une palette globalement restreinte. Le résultat est un peu monotone, mais il reflète l’ambiance générale des paysages que j’ai vus ici. Ces études in vivo, que je qualifie de “paysages réalistes” me donnent l’occasion de travailler selon un “timing”, de cerner au plus près la couleur et de lutter contre les éléments naturels souvent perturbateurs.

Rememorare.

Pour tous ceux qui s’intéressent à mes dessins, je viens d’éditer sur Blurb un album de croquis et dessins de nus.

Je crois que la tâche la plus difficile qu’il m’ait été donnée de réaliser, consiste en la confection de cet album qui reprend une partie des dessins et croquis que j’ai pu éxécuter ces trois dernières années. Photographier, scanner, traiter, sélectionner, ordonner, voilà des actions qui réclament attention et minutie. Que garder, que mettre de côté ? Certains croquis sont pour moi, malgré les imperfections, des documents qui m’inspirent. Parfois trois traits à peine jetés, esquissés dans le mouvement, soumis à mon regard, me replongent dans l’acte même de la création.

Rememorare, comme s’il y avait une mémoire du geste et du plaisir. Enfin, le résultat de tout ce travail, est pour une bonne part rassemblé ici. Cet album ne contiendra pas les derniers dessins qui continuent d’abreuver mes carnets et mes cartons. Mais, trop point n’en faut. La mesure entre le juste et le trop est évidemment difficile à déterminer. J’espère avoir réussi par mes choix à susciter au moins un regard enthousiaste.

L’album comporte 114 pages couleur au format 13 x 20 cm. Si vous souhaitez l’acheter, Il est vendu 26€ par Blurb (prix coûtant, je ne prends aucune marge dessus). Mais vous pouvez me faire un grand plaisir en vous contentant de le consulter tout simplement.

06_rememorareEn cliquant sur l’illustration ci-contre, vous pourrez accéder directement à l’album. Pour visualiser toutes les pages, cliquez ensuite sur « Aperçu » puis faites défiler.
Les plus téméraires, trouveront le bouton pour agrandir l’album au format plein écran.

Bonne visite à mon exposition virtuelle.

 

 

03_rememorare

 

Filles, les mal aimées !

chloe_12_11_07_353

Dans certains pays et certaines régions, le poids de la tradition plus qu’il ne préserve de la folie dévastatrice de notre société, ne compte plus les méfaits dont il est responsable. Au Rajasthan, les filles sont tuées à la naissance, parce qu’elles coûtent trop cher. Les hommes ne supportent pas qu’une femme s’instruisent tout simplement parce que ces soi-disant descendants de guerriers, perdraient toute leur autorité. Les motifs pour légitimer les infanticides sont nombreux et ne semblent pas prêts d’être remis en cause. Choqué par ces pratiques, je mets ici pour information et partage, un article paru dans le Canard Enchaîné du mercredi 27 novembre 2013. Cet article concerne le reportage « Le pays qui n’aimait pas les femmes », qui a été diffusé sur Arte  le 3 décembre 2013.
(Rediffusions Arte : mardi 17 décembre à 6h50 – dimanche 22 décembre à 5h00)
Clic ici pour l’extrait.

Quatre femmes puissantes.

Il y a onze ans, la mère de Saroj a refusé de tuer son bébé. Elle s’est rebellée contre sa belle-famille et les guerriers rajput qui maintiennent leur domination sur son village. Aidée de son mari, elle s’est enfuie vers la ville avec l’enfant.
La mère de Saroj était jeune lorsque sa première fille est née. « Ma belle-mère m’a demandé de la tuer, raconte la femme. – Et vous l’avez fait ? » Elle a un léger mouvement de tête : « Je l’ai étouffée avec du sable. » Quand on lui demande pourquoi elle a obéi, elle répond que c’est la tradition. Pour les hommes de sa région, une fille est une bouche inutile. Elle ne peut travailler, ne rapporte pas d’argent et coûte cher en noces. Quelque 8 000 euros offerts à la belle-famille lors des fiançailles, puis 15 000 le jour du mariage, pour être acceptée dans la maison de son mari. Alors, à la naissance de sa deuxième fille, sa belle-mère est revenue tuer. Elle a placé la nouveau-née dans une boîte, vivante, nue. Et puis l’a enterrée.
Mais Saroj, troisième fille du couple, a une fée penchée sur son berceau. Elle s’appelle Gadjendra, une autre femme du village, écoutée par les mères. Depuis des années, elle va de famille en famille pour tenter de sauver leurs filles. Elle explique que ce rituel sanglant n’a pas valeur de loi. Que l’infanticide est interdit en Inde. Que ceux qui se soumettent à la coutume sont des assassins. Convaincue par Gadjendra, la mère de Saroj s’est brusquement révoltée, abandonnant ce village du Rajasthan où tous les enfants sont des garçons.
A Delhi, Sunita est retournée chez sa mère, avec son fils. Son mari la battait. Elle saignait du nez, des oreilles, de la bouche, et sa belle-famille détournait le regard. Sunita, aussi, s’est rebellée. Police, plainte, tribunal. En attendant la décision de justice, sa propre famille l’exhorte à repartir. Sa présence est une charge, la honte des siens et leur déshonneur. « Tous les époux frappent leur épouse », explique sa mère. Elle lui dit qu’il faut accepter ce destin.
A Calcutta, Suzette a été la première victime indienne à porter plainte contre ses violeurs. Et à témoigner à visage découvert. Elle était seule, fréquentait les cafés. C’est pour cela qu’un groupe d’hommes l’a martyrisée à l’arrière d’une voiture. « Plus que le viol, leurs morsures et leurs coups, ce sont leurs rires qui me hantent aujourd’hui », dit-elle, des larmes plein les yeux.
A Vrindavan, au sud-est de Delhi, ce sont les larmes de Gulab Bai qui perlent. A 84 ans, cette femme est veuve, c’est-à-dire moins que rien. Réfugiée dans la ville de Krishna avec des milliers d’autres, elle s’est rasé les cheveux et s’est enveloppée d’un sari blanc, signe de son abandon. Fille, elle était inutile. Femme, elle était un fardeau. Veuve, elle est devenue pécheresse. Survivre à son mari est une calamité. Il y a des siècles, une veuve était jetée vive sur le bûcher de son homme. Aujourd’hui, elle est chassée de l’existence. Elle porte malheur, dort dans la rue, mendie sa poignée de riz. Gulab Bai a été mariée à 9 ans. De sa vie d’avant elle n’a pas de souvenirs. Et se bat aujourd’hui pour survivre.

Au bord du fleuve, quatre hommes portent l’une de ses sœurs, morte dans la nuit. Assis sur leurs talons, ils regardent le fagot qui la recouvre puis le feu qui la dévore.

Sorj Chalandon

Tout est dans tout.

Une balade est comme un film qui se déroule en situation réelle. Sur le parcours on accumule un certain nombre de détails qui paraissent dissociés, sans lien entre eux. La ballade, c’est une bonne occasion pour faire quelques images. Saisir un bout de paysage ici, un morceau de route là. On peut se demander quelle relation ces images perçues et enregistrées, peuvent avoir avec un monde qui est en même temps passé et d’avenir. Quelles questions peuvent-elles éveiller en nous ? Et quelles réponses sous forme de légendes pourrions nous appliquer sous chacune des images ? Chacun apportera ses propres réponses, selon sa culture, son sentiment, ses connaissances. En tout cas aucune image n’est réellement silencieuse.

mezieres_01_221113
Grande banlieue.
En semaine, les Franciliens consacrent en moyenne 82 minutes par jour à se déplacer
Sur l’ensemble des déplacements effectués quotidiennement par les Franciliens, 19 % le sont par des Parisiens, 37 % par des habitants de la petite couronne et 44 % par des habitants de la grande couronne. Les déplacements consacrés au travail représentent 40 % du temps que les Franciliens passent à se déplacer. Cumulés avec les études, c’est environ la moitié du temps de déplacement quotidien qui est absorbé par des déplacements contraints en termes d’horaire et de fréquence.

mezieres_03_221113 mezieres_04_221113 mezieres_02_221113
Gros Moulu.
Je conserverai un mauvais souvenir de la campagne autour de Gros Moulu. Chemins défoncés, remplis d’eau, boue glissante et pentes abruptes. Pas âme qui vive en ce vendredi de novembre gris et froid. Dans le village, même pas un voilage qui se soulève pour dévisager un étranger qui cherche son chemin. Rien, même pas un chien. Le seul sur pattes encore dehors…c’était moi !

mezieres_05_221113 mezieres_06_221113 mezieres_07_221113
Grosse tension.
La consommation d’énergie finale dans le monde en 2009 est de près de 8,4 milliards de tonnes d’équivalent pétrole Elle a augmenté de plus de 40% entre 1990 et 2008. Les autres estimations placent la consommation mondiale d’énergie à 12,2 milliards de tonnes équivalent pétrole. La consommation énergétique mondiale va exploser : on estime que les besoins énergétiques mondiaux vont représenter plus de 14 milliards de « tep » par an en 2020.

mezieres_09_221113 mezieres_10_221113 mezieres_11_221113
Le grand chemin.
Un chemin d’exploitation est un chemin privé. Les propriétaires peuvent l’interdire au public. Dans ce cas, il leur est nécessaire de mettre à l’entrée du chemin un panneau « Interdit à tous véhicules sauf riverains ». Il peut être ouvert à la circulation publique sous réserve du consentement de tous les propriétaires desservis. Dans ce cas, les règles de la circulation publique s’appliquent. Les propriétaires dont les biens sont desservis par le chemin doivent contribuer aux travaux nécessaires à leur entretien et leur mise en état de viabilité. Leur responsabilité conjointe et solidaire peut être engagée en cas d’accident provoqué par un mauvais entretien du chemin.

mezieres_12_221113
Gros dégueulasse.
Chaque année en France, un habitant produit 354 kg d’ordures ménagères. Les calculs sont réalisés par l’Ademe à partir des tonnages des poubelles des ménages (hors déchets verts) collectées par les collectivités locales. On peut aussi, comme le fait Eurostat afin d’effectuer des comparaisons internationales, évaluer la quantité de déchets municipaux par habitant. La quantité produite monte alors à 536 kg par an, et intègre en plus des déchets des ménages, ceux des collectivités et également une partie des déchets d’activités économiques.

Plein soleil pour Ahaé.

Chaleur écrasante dans le parc de Versailles.

Chaleur écrasante dans le parc de Versailles.

Il fallait sans doute être un peu fou pour vouloir se promener en ce lundi 22 juillet. Tout annonçait une journée particulièrement brûlante et ce fut le cas.
À Versailles, le Roi Soleil ne brillait pas seulement dans son château, mais aussi sur son parc avec une superbe énergie. C’est André Le Nôtre qui me fit un signa salvateur. À l’occasion du 400e anniversaire de la naissance d’André Le Nôtre, le chateau de Versailles organise dans les galeries de l’Orangerie une fabuleuse exposition photo. « Fenêtre sur l’extraordinaire » tel est le thème de cette présentation de plus de 200 images du coréen Ahaé. C’est une vivifiante ode à la vie et à la beauté que tente de dépeindre Ahaé à travers le rythme des journées, du lever du soleil à la tombée de la nuit… le tout à partir de sa fenêtre. L’Orangerie est très rarement ouverte et cette exception justifie largement la visite tant le bâtiment impresionne. Par cette caniculaire journée, je ne pouvais qu’apprécier la majesté de l’architecture, la qualité de l’exposition et la fraîcheur distillée par un bâtiment aux murs de 5 m d’épaisseur. Je vous en recommande vivement la visite.

Le site de l’Orangerie
Le site d’Ahaé

Comme un dessin d’enfant

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’ai toujours un sentiment partagé lors de la disparition ou de la rénovation des vieux quartiers dans une ville en pleine urbanisation.

Quelques maisons au pied des grandes tours.

Quelques maisons au pied des grandes tours.

La présence de quelques vieilles maisons nichées au pied de tours m’évoquent toujours ces batailles épiques que mènent certains petits résidents face aux grands promoteurs. Connaissez-vous le dessin animé « Là-haut ». Un petit pavillon de banlieue, cerné de toutes parts de tours en construction. Un grand-père bougon, solitaire et malheureux finit par s’envoler avec un enfant en accrochant sa maison à une multitude de ballons multicolores. Les histoires du « petit » contre « le géant », de « l’ancien » contre « le moderne » font sans doute partie des conventions que l’on aime se raconter à tout âge. Ici, on sent le combat perdu d’avance. Inexorablement, les tours aux grands pieds avancent. Avec leurs façades de verre aux reflets gris acier, elles surplombent de leur superbe la misérable masure qui ose encore profiter de leur ombre. Demandez à un enfant de vous dessiner une maison. Il la dessinera comme l’une de celles-ci. Avec deux fenêtres, et une porte placée bien entre les deux fenêtres. Il tracera un toit à deux pentes en tuiles orange. Rien ne ressemble plus à un visage que le dessin d’une maison réalisé par un enfant. Les fenêtres sont des yeux, la porte est un nez et le toit forme la coiffure. Examinez la couleur des façades. Elles ont les teintes infinies et subtiles de la peau des hommes. Parfois blanches, parfois légèrement ambrées, ou jaunes, ou bien cuivrées, tachées, dépigmentées. Les fissures sont autant de rides concédées au temps. Autant de maisons, autant de personnalités.

On fait encore ses courses dasns les magasins du centre ville.

On fait encore ses courses dasns les magasins du centre ville.

Dans leur immuable stature, les tours toutes proches font bloc, masse, tant elles se ressemblent dans leur uniformité. Ces phallus géants, symboles de la puissance d’une société virile et surexcitée, rejettent dans les ruelles alentour les petits hommes, aux petites jambes, aux petits bras, aux petits moyens. Deux mondes cohabitent parfois sans se reconnaître. L’un ne baisse jamais les yeux, l’autre ne les lève plus vers le ciel.

Un dimanche ordinaire

ssj-tele-01
Mon voisin d’immeuble a éclairé son bureau. Sans doute jette t’il un dernier coup d’œil au dossier qu’il présentera demain lundi en réunion. J’ai toujours le sentient que ce bâtiment au regard borgne me surveille dès que la nuit tombe.
ssj-tele-02
Laurent Delahousse en ce dimanche soir, a mis de côté les plus mauvaises nouvelles, elles seront pour plus tard. Il n’est pas question de gâcher la fin de week-end d’une bonne partie de la France.
ssj-tele-03
Pourtant, bien loin de là, en Afrique du Sud un drame terrible vient de se dérouler. Le Maroc, éliminé de la Coupe d’Afrique des Nations de football sombre dans l’apathie. Avec les Lions de l’Atlas, c’est toute une nation qui a le cœur brisé.
ssj-tele-04
Les enfants et petits enfants ont passé un bon moment à la maison. La journée a été bruyante et mouvementée. Ce soir, un calme reposant a envahi l’appartement. Sur son canapé, ma femme s’endort lentement, en boule comme un chat.
ssj-tele-05
Personne ne s’est occupé de la vaisselle. Quand même, ils auraient pu laver les quelques tasses et assiettes qui traînaient. Ces jeunes, jamais pressés d’arriver, toujours pressés de partir. Ça attendra donc demain.
ssj-tele-06
Mon infortune sera totale ce soir. Je me contenterai d’un plateau repas, fait d’un bol de soupe et de trois ou quatre tranches de saucisson. Delahousse…à la tienne mon ami, pour peu que tu veuilles bien partager avec moi un verre d’eau bien fraîche.