Dibond®, support magique

Le Dibond est un support rigide, développé par 3A Composite. C’est un matériau composite. Deux plaques d’aluminium sont « thermoliées » à une plaque centrale constituée de « polyéthylène ». Chaque surface du panneau est recouverte d’un film de protection. Les faces avant et arrière, sont thermolaquées en blanc ou en couleur, en mat, en brillant etc.

Plaque de Dibond

Le Dibond est extrêmement rigide, parfaitement plan, résistant aux températures. Il est souvent utilisé pour les stands, comme support d’affichage, le contrecollage de photos, l’impression numérique etc. Le Dibond est fabriqué en diverses épaisseurs, de 2 à 6 mm et selon le format (plaques de 100 à 405 cm). On trouve ce support chez Géant des Beaux Arts à un format maximum de 80 x 120 cm.

Plusieurs épaisseurs existent, de 2 à 6 mm

Un film protège chaque face du panneau

Mon idée était à l’origine de peindre sur un support lisse, de faire glisser la peinture afin d’obtenir des effets de pinceau. Un premier essai sur KapaPlast (couche de polyuréthane entre 2 surfaces de carton plastifié) avait donné d’assez bon résultats. Mais le support s’était avéré assez fragile à la manipulation.

Voici une petite démonstration sur un autoportrait qui montre assez simplement ce que je voulais obtenir.

Le dessin peut se réaliser au crayon gras (graphite genre mine « Cyclop » 6B). Le trait doit être un peu gras pour accrocher sur le support laqué très lisse. Les craies Néocolor ou les crayons StabiloTone de chez Swan sont excellents pour celles et ceux qui veulent esquisser leur tableau. Il n’est pas utile ni même recommandé de gommer une erreur. Mieux vaut essuyer le trait avec un chiffon ou une éponge humide si l’on veut tout effacer et recommencer. Le dessin achevé, je ne fixe pas le trait sous peine de modifier par un léger grain, l’aspect lisse du Dibond.

L’esquisse et le premier jus à l’essence. Format du panneau 50 x 60 cm

Je pose la base avec un peu de couleur et beaucoup d’essence. Je travaille avec la térébenthine, en ajoutant ou retirant de la couleur. Il faut savoir profiter des effets inattendus que provoquent les « coulures » ou les « retraits ». Tout le temps que dure la séance, c’est un va et vient de « construction et de déconstruction » de la matière et de la couleur. La peinture sèche lentement et peut se travailler presque indéfiniment, il est tentant de ne plus s’arrêter. Ne pas trop empâter pour la première séance. Conserver cet aspect « jeté » de jus de couleur est important pour préparer la phase suivante.
Bien laisser sécher avant de reprendre le tableau.

Premier aspect de l’autoportrait

Pour la deuxième séance la couleur peut être agrémentée de « médium » afin de coller sur les jus précédents. Pour ma part  j’utilise du « Painting Medium Quick-Drying » de chez Talens mélangé à une bonne proportion d’essence. Il suffit à chacun, soit de vouloir conserver cet aspect « coups de pinceaux » en travaillant par ajout de couleurs transparentes, soit de charger en matière en perdant l’aspect » esquisse peinte ».

L’aspect que l’on peut obtenir

Une vue rapprochée de l’autoportrait

Il est possible à tout moment, en utilisant de l’acétone (attention aux vapeurs très nocives) de faire fondre, de diluer, de trouer, la peinture à l’huile et de retrouver le support original. Si vous n’êtes pas satisfait du résultat, dans le frais, un chiffon, de l’essence de térébenthine et un peu d’huile de coude, enverra votre chef-d’œuvre aux oubliettes. Vous avez sous la main un support à usage presque perpétuel. Une sorte d’ardoise magique.

Toutes les tentatives sont permises et au moins, ça décomplexe.

4 réflexions au sujet de « Dibond®, support magique »

  1. bonjour, je suis super intéressée par la peinture sur dibond, l’ardoise magique, c’est vrai, est il possible de travailler avec de l’acrylique, de l’encre de chine et des pastels ? comment fixer ? je suis très tentée par l’expérience merci pour l’aide Nicole

  2. Il es vrai que les transparences laissent passer dans ces mouvements de pinceaux les mouvements intérieurs du visage , comme tu le fais souvent en filigrane dans tes « photos »

  3. ça doit glisser et re-glisser , un vrai jeu l pouvoir effacer , sécher etc.. laisser le hasard parfois heureux ou pas , il doit falloir une sacrée maitrise de soi pour ne pas
    s’ énerver parfois , quand tu fais un truc super et plouf , au revoir !
     » Peut être  » que je comprends ton ressenti dans ce défit au temps et la matière de jouer avec ….en fait tu es toujours ce mouvement de création 🙂

    Un superbe portrait , comme une sculpture, et quel regard .

    Qu’ en penses tu ?

  4. c’est un vrai cours que tu proposes

    le portrait est reussi même si tu a l’air sévère ;o)

    merci pour les explications , je ne connaissais pas le dibond

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