Adam et Ève.

Depuis quelques temps, je me suis remis au croquis de nus.  Le jeudi matin c’est une session libre ou les progrès se font en se « dépatouillant » entre amis assidus. Une fois par mois, le samedi avec Élisabeth Ribera (c’est notre intervenante, bien-sûr vous ne la connaissez pas! Mais je dois rendre compte de l’énergie qu’elle dépense pour bousculer nos habitudes), notre petit groupe se retrouve dans l’effervescence de l’atelier. J’aime cette ambiance intense et cependant décontractée ou l’on entend le fusain caresser, s’effriter ou craquer parfois brusquement sur le grain prononcé du papier Ingres.

Le croquis par essence doit être réalisé dans un temps relativement court. Les poses du modèle ne dépassant jamais 20 minutes pour les poses les plus longues et 5 minutes, voire quelques secondes pour les poses les plus courtes. Il arrive parfois que le temps de choisir son fusain ou de tailler son crayon gras, le « ding » du minuteur retentit indiquant le changement de pose. Le croquis restant inachevé, j’ai toujours l’impression d’être passé à côté du chef d’œuvre de la matinée. On peut toujours rêver!

L’idée m’est venue de mettre un peu de couleur sur certains croquis. Je vous livre mes différentes expériences et mes conclusions en quelques mots.

De l’eau qui mouille trop.
La colorisation est faite ci-dessus directement à l’aquarelle sur le croquis original. La difficulté de poser l’aquarelle sur le dessin, est que toute technique humide dilue le fusain ou la craie noire. Il faut donc faire vite et ne pas trop revenir sur les zones mouillées. Cet inconvénient est minoré dès lors que l’on fixe suffisamment le croquis. Et encore…..

La main lourde de l’éléphant.

Ici, je montre l’état de 2 originaux. Le croquis original fait sur place et la reprise au fusainde ce même croquis avec l’ajout d’aquarelle. En fait la reprise d’un croquis n’est jamais idéale. Sur la dynamique du trait, de la spontanéité du geste, j’ai beaucoup perdu. De plus, sur le plan de la colorisation, l’aquarelle rehaussée de gouache blanche a alourdit l’ensemble. Un croquis doit rester un croquis ou alors, il faut aller plus loin, vers un travail plus précis, plus proche d’un dessin académique, d’une étude des lumières et des ombres.

De l’illusion avec Painter.
Sur ce portrait rapidement croqué, j’ai appliqué une autre technique de colorisation. Après la reproduction numérique du dessin, je l’ai importé et travaillé dans Painter (célèbre logiciel de peinture virtuelle). Nous sommes loin de la sensualité du papier, de la gestuelle ample de la main dans l’espace. Mais je dois dire que l’effet est tout à fait « bluffant ». D’ailleurs beaucoup d’artistes (illustrateurs principalement) utilisent ce logiciel pour leurs travaux.

Pour le plaisir de la découverte je suis allé plus loin avec quelques essais réalisés dans Painter. Qui n’essaie pas n’aboutit à rien.

Sur le détail ci-dessus, on peut voir que la « couleur virtuelle » se fond bien avec le croquis original tout en générant des nuances très subtiles.

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