La flamme et le crépuscule

Passé la petite porte en fer du cimetière, mes premiers pas se font dans un profond silence. 
Pourquoi ces murs sont t’ils si hauts ?

Est-ce pour dissimuler aux vivants la solitude des défunts ou pour alléger le chagrin et les larmes des aimants.
Construits comme des remparts, il arrive pourtant qu’une croix émerge au delà de l’enceinte telle un œil audacieux fixé sur le monde des vivants.
Au soleil, sous le gel ou la pluie, la pierre dérouille, grince et se fait rebelle, repousse avec force désordonnée le grain de l’enduit. Sous un soleil latéral, comme une peau malsaine, le crépi craque, ouvre des crevasses. 
Le marbre fin ronge sa peau sous les acides atmosphériques. Dans ses veines blanches les flux d’oxydes ne coulent plus. 
Au fil des heures la flamme vibrante du jour se dissipe, s’affaiblit et périt en une lente agonie.

La pénombre annonce le crépuscule. Les formes se mêlent, se fondent, se pénètrent dans un grand ballet harmonieux. Émergent alors des granits obscurcis d’énigmatiques murmures.

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