Danielle et André en académie

Danielle et André, mes deux gentils élèves sur le motif.

Danielle et André, mes deux” gentils et studieux” élèves sur le motif.

Le mois dernier, j’avais décidé de donner quelques conseils de dessin et de peinture à deux amis “artistes” amateurs. Je mets le mot artistes entre parenthèses, car je sais déjà que leur modestie va s’insurger contre mon qualificatif. Le plus drôle est de voir ce qu’en dit ce bon vieux Larousse :
— Personne qui exerce professionnellement un des beaux-arts ou, à un niveau supérieur à celui de l’artisanat, un des arts appliqués.
— Personne dont le mode de vie s’écarte délibérément de celui de la bourgeoisie ; non-conformiste, marginal.
— Personne qui a le sens de la beauté et est capable de créer une œuvre d’art : une sensibilité d’artiste.
— Personne qui fait quelque chose avec beaucoup d’habileté, selon les règles de l’art : travail d’artiste.
Mais, je garde sous le coude la dernière définition qui me plaît beaucoup :
— Artiste, bon à rien, fantaisiste.

Les œuvres de Danielle.

Parc de Kéravéon à Erdeven (Morbihan) par Danielle.

En chemin vers l’abstraction, parc de Kéravéon à Erdeven (Morbihan) par Danielle.

Marée basse à l'anse du Pô à Carnac par Danielle.

Très synthétique, marée basse à l’anse du Pô à Carnac (Morbihan) par Danielle.

Portrait esquissé à l'essence et huile par Danielle.

Portrait esquissé à l’essence et huile par Danielle.

Portrait presque monochrome à l'huile par Danielle.

Portrait presque monochrome à l’huile par Danielle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais bien sûr, l’art ne sert à rien à l’heure où tout le monde vit sous l’influence d’une société à l’intense consommation industrielle. Alors mes petits élèves avec leurs misérables pinceaux à trois poils, ils ont une place où dans tout ce bazar. Vous en voyez beaucoup vous des artistes peintres, dehors, avec leur chevalet et leurs couleurs. Les badauds sont tellement étonnés d’en découvrir un dans la nature qu’ils se demandent si on ne tourne pas dans le coin un film sur Van Gogh, Monet ou Renoir. Il faut le reconnaître, pour la plupart des gens, la peinture s’arrête aux impressionnistes. Les bords de l’eau, les champs de blé aux coquelicots, les ambiances du petit matin. Aujourd’hui les artistes s’orientent vers l’abstrait, l’art conceptuel…tout ça en atelier. La nature n’est plus ressentie ni regardée,  elle est intellectualisée. L’acquisition, l’élaboration ne se montre pas comme ça en direct. La manière de réaliser la sauce ne regarde plus personne. Sur le motif, les gens s’approchent prudemment du peintre par peur de déranger. À moins que ce ne soit par peur de se faire “mordre” par une espèce inconnue ou tout du moins en voie de disparition.

Les œuvres d’André.

Parc de Kéravéon à Erdeven (Morbihan) par André.

Tout en nuances, parc de Kéravéon à Erdeven (Morbihan) par André.

Marée basse à l'anse du Pô à Carnac par André.

Marée basse à l’anse du Pô à Carnac par André.

Il faut oser travailler dehors, non pas à cause du regard des curieux, mais tout simplement pour dominer tous les problèmes que pose l’exercice sur le motif. Changement de lumière, vent, pluie, soleil, froid, bestioles, couleur qui sèche trop vite ou trop lentement, inconfort, fatigue, matériel inadapté etc…La liste pourrait s’allonger facilement. Mais, malgré tous ces inconvénients, rien n’est plus  formateur que cet apprentissage sur le vif. Alors, je félicite mes petits élèves (tout d’abord un peu réticents, habitués qu’ils étaient d’une part à peindre d’après photo et d’autre part, n’ayant aucune expérience du motif extérieur) d’avoir franchi le pas et de s’être lancés avec leurs pinceaux dans la nature.

Changer ses habitudes n’est pas facile, c’était une première pour eux sur le motif, comme pour moi en tant que “conseil”. Beaucoup de choses restent à travailler et à faire évoluer. Ça donnera à chacun l’occasion de se retrouver une prochaine fois et de retravailler ensemble j’espère avec plaisir.

5 réflexions sur « Danielle et André en académie »

  1. Ils ont du mérite, c’était aussi la première fois qu’ils peignaient à ‘extérieur. j’y retourne en mai prochain, ils m’attendent pour la suite ;-))

  2. Ha ha, j’adore vos commentaires, parce que j’ai expérimenté tout cela l’an dernier en travaillant pour la première fois sur le motif, et en voyage… avec le chevalet qui tombe, ou qui s’envole, la pluie (Le Morbihan, mon dieu, quel courage vous avez eu!), les feuilles qui viennent se coller sur la toile (et d’ailleurs, sur quoi peindre, hein, quand on ne se lâche que sur du grand format?). Bravo à vous et à vos élèves…

  3. Hé pas mal les amis !! du bon boulot …. c’ est vrai qu’ avec les conseils de Serge vous êtes sur les bons chemins , mais ces bons choix se font aussi grâce aux élèves , bravo à vous tous et surtout continuez à vivre “pour de vrai ” ,
    j’ ai revu à la télé l’ autre soir un dimanche à la campagne de Tavernier , une perle rare cinématographique qui me fait penser à vous et à la prose de notre peintre photographe , graphiste ….
    🙂

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