Portraits (juillet 2019)

Mis en avant

Après la série de nus pour Octobre Rose, j’ai eu envie de revenir à des formats plus petits et surtout de rejouer avec la couleur. Rien de tel qu’une petite série de portraits pour se refaire la main. En choisissant un format égal ou légèrement supérieur à 21×29,7, je me suis amusé à expérimenter différentes manières de faire. Toujours sur un support papier, j’ai appliqué différents apprêts avant de me lancer dans la couleur. J’ai pu tester et obtenir des différences notables dans l’exécution des portraits. L’ajout de “primers” sur des supports devenus lisses, rugueux, ou absorbants ainsi que des combinaisons techniques comme pastel sec ou gras, plus couleur à l’huile, m’ont permis d’obtenir des effets assez variés. En allant parfois trop loin tant sur la technique que sur la forme, on enrichit souvent son écriture presque sans s’en rendre compte. Il faut pourtant être un peu attentif aux voies sans issue, aux chemins séduisants qui ne correspondent pas à “qui l’on est”.

Peinture et photo

Il m’arrive rarement de peindre d’après photo. D’autant plus lorsque celles-ci ne sont pas les miennes. Je reproche tout simplement à cette pratique le manque d’intérêt et de motivation (pour ma part en tout cas) occasionné par l’absence de ressenti et de vécu. Peindre d’après une photo que l’on a soi-même réalisée, peut encore se comprendre. On a remarqué une scène, noté des éléments qui nous ont séduits, une lumière particulière qui nous a touchée ou une composition originale, alors un petit “clic” peut essayer de saisir tout cela. L’image réalisée peut entretenir ou rappeler des sensations. Pour une pratique orientée vers l’abstraction, la photo est une bonne façon de prendre des notes. Pour les portraits, une série de croquis et de photos du modèle permettent une meilleure reconnaissance du sujet tout en se dégageant de la fastidieuse pose immobile.

La photo a tout de même cet inconvénient (outre l’absence de proximité avec son sujet que j’ai déjà évoquée), de ne pas rendre les subtilités que l’œil est capable de discerner sur le vif. Une image imprimée, a bien souvent perdu grand nombre de valeurs dans les tons clairs et à l’inverse, rendu opaques et uniformes les tons dans les valeurs les plus sombres. On a donc sous les yeux, une vision simplifiée de l’image proposée. Il faut le savoir et en tenir compte. Autant en aquarelle, la réserve et le jeu du blanc du papier sont des atouts qui répondent bien à la simplification des valeurs d’une photo, autant les nuances sombres doivent être travaillées et enrichies afin de ne pas apparaître bouchées et totalement noires.

Les aquarelles ici présentées sont le fruit des mornes journées grises ou pluvieuses, pendant lesquelles, je m’impose (mais avec plaisir) quelques petits exercices pour entretenir mon coup d’œil et ma main. Ces portraits je les ai choisis spécialement pour leur pluralité : couleur de peau, aspect vestimentaire, origine géographique, personnalité…La série m’a semblé plus originale et plus picturale que les traditionnels visages “caucasiens”. Et puis, à l’heure ou le racisme “crasse” tente de faire disparaître “l’étranger” de notre paysage, un petit clin d’œil à “l’autre”, n’est pas pour me déplaire.

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