Au risque de l’asphyxie

La météo annonçait une journée toute printanière, douce et lumineuse et une tiède brise caresserait mon visage tout juste sorti de la nuit. Et puis crac ! Tromperie sur toute la ligne, le printemps anticipé avec force calculs et probabilités ne s’est pas produit ce matin. Trois ou quatre degrés au bas mot, une grisaille funeste et humide, tout juste bonne à produire des ombres fantomatiques. Chercher un signe sur le chemin, repérer le point clé et lancer ses pas dans la bonne direction. Le paysage se découvre au fur et à mesure. Se devine plus qu’il n’existe. Là, dans ce champ, je crois deviner un animal tapi et ce n’est qu’une motte de terre grasse. Tout au long du parcours, les bois morts s’enchaînent comme autant de forêts mystérieuses. Les contours de quelques marres noires portent les traces anarchiques de l’affairement des bêtes de la nuit. Je traverse des villages inanimés, ankylosés par la brume. Des écoliers transis, écouteurs aux oreilles quittent un abri et s’engouffrent dans un autocar qui peine à virer dans les rues étroites. Incertitude. Au loin, au delà des sombres futaies, le sillon sonore de l’autoroute rejette ses gaz polluants partout dans l’atmosphère. L’alerte pollution est déclarée, l’asphyxie a déjà commencé.

5 réflexions sur « Au risque de l’asphyxie »

    • …Le brouillard et la brume, associés à la chaleur des ces derniers jours en région parisienne, font qu’il n’est pas recommandé de se promener sous peine de difficultés respiratoires et donc c’est bien une forme d’asphyxie, tant pour la nature que pour les êtres vivants.
      Les images évoquent ce que tu décris…mais la réalité cachée, c’est la pollution. Mon idée justement est aussi de montrer que l’image est trompeuse.

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