Portraits de famille

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Il n’y a pas longtemps, j’ai ressorti les vieilles photos familiales que nous avons tous pour la plupart d’entre nous, reléguées au fond d’une armoire, dans un tiroir de la commode ou, pour les plus misanthropes dans une malle poussiéreuse au grenier. Je sais que la traditionnelle boîte à chaussures, n’est plus trop d’actualité et que l’album photo l’a remplacé avantageusement. Il y a toujours des sentiments mêlés à la consultation de ces clichés parfois encore très proches de nous qui nous rappellent combien nous avons vécu de moments merveilleux en compagnie d’êtres délicieux. Mais oui, la photo familiale n’est là que pour saisir les bons moments, les fêtes, les anniversaires, les naissances. On ne sort pas l’appareil photo pour les heures sombres. À quoi cela servirait-il de graver sur la pellicule les fatidiques malheurs, qui de toute façon vont nous laisser une trace indélébile au fond du cœur. Feuilleter ces portraits saisis pour la plupart dans le bouillonnement du quotidien, permet de faire revivre en nous dans une dimension sensible des êtres perdus, éloignés, séparés, disparus.
J’ai déjà remarqué que nous n’avons pas une attention suffisamment concentrée sur les images. L’œil ne voit souvent que le sujet principal, occultant ici et là un certain nombre de détails. De très nombreux signes nous échappent, nous rendant certaines corrélations hermétiques. J’avais envie de pénétrer plus avant dans ces images familiales. Au delà du simple regard, je souhaitais passer plus de temps en compagnie de ces photos. Il me fallait partager un moment de ma vie en leur compagnie pour rattraper un temps passé trop vite défilé. M’imprégner de l’image en la dessinant allait me permettre de faire revivre quelques instants la présence familiale et de croire qu’une communion, au delà de l’absence, pouvait encore exister.
Pénétrer dans les détails (qui sont la nourriture de la vie quotidienne) me feraient découvrir comme un archéologue les substrats enfouis dans les zones trop charbonneuses de la photo.
Les dessins ont été réalisés directement, sans repentir, d’un seule traite, c’est ainsi qu’ils présentent pour certains des imperfections. Mais ils expriment avant tout une certaine spontanéité au détriment d’une grande justesse. Réunis dans un seul et même petit carnet, ils reforment à eux seuls une sorte d’album de souvenirs qui s’étoffera au fil du temps.

 

Après l’été

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Les vacances d’été, ont vu l’atelier de modèle vivant fermer ses portes autour d’un repas bien convivial. La rentrée de septembre tant attendue après 3 mois de diète, s’est déroulée très mollement. L’atelier doit supporter une perte de quelques adhérents ce qui, pour une petite association qui ne fonctionne que sur la participation de ses membres, représente un danger majeur pour sa survie.
Trop peu de membres, trop peu de cotisations et l’équilibre déjà précaire de notre petite communauté est mis à mal.
L’avenir est imprévisible et rien n’est inéluctable. Il est encore possible de retrouver à terme un effectif nécessaire et suffisant pour continuer notre activité.
Une année de travail et d’espoir s’ouvre devant nous alors que, déjà de nouveaux croquis viennent compléter, bousculer ma précédente publication.

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Quatre semaines

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Quatre semaines dans le Vaucluse où j’ai retrouvé mes endroits familiers au pied du Mont Ventoux. Comme toujours, j’ai apprécié cette facilité de me déplacer d’un endroit à un autre en toute tranquillité. Peu de voitures, à part sur la route principale montant au sommet, où des hordes de cyclistes s’époumonent dès le virage de Saint-Estèphe. Le moindre chemin roulant de pierres blanches, mène tout de suite à un endroit inconnu, préservé, où il est possible de se retirer du monde. Cette année, la canicule ne m’aura pas trop affecté en ce mois de septembre. Seul le Mistral m’est apparu plus présent et les jours sans vent se sont comptés sur les doigts de la main. Contre la lumière, j’ai pu expérimenter mon petit parapluie « Best Brella » orientable en tout sens, prompt immédiatement à suivre la course du soleil. Il a su résister aussi à un vent modéré, mais j’ai vite compris qu’il était impossible de lui faire braver le moindre souffle du Mistral. De toute manière je n’ai jamais réussi à peindre lorsque ce vent est levé. Tout dans la nature n’est qu’un bruissement incessant de feuilles, de branches, de gémissements. La toile s’envole, entraînant le chevalet et ce n’est pas la grosse pierre ficelée entre les pieds de ce dernier qui le retiendra au sol. Les coups de vent surviennent en rafale, avec des coups terribles, à tel point que la main chargée du pinceau ne parvient pas à poser à l’endroit voulu la touche de peinture. Malgré tout, en me protégeant et en alternant peinture et dessin, j’ai pu travailler sur un certain nombre de sujets qui auront contribué une fois encore à me faire pénétrer un peu plus dans la peinture.

Le nu va se rhabiller


Fin juin signifie la fermeture pour trois mois de l’atelier de modèle vivant. 

Aurevoir le ronflement des chauffages d’appoint qui font perler les gouttes de sueur au front des plus braves et griller le modèle collé tout contre. Oubliés les éclats de rire qui fusent à la sortie d’une bonne blague et qui forcément trouve toujours un écho amplifié derrière un chevalet anonyme. Adieu les petites poses café accompagnées parfois d’un biscuit, qui permettent au modèle de relaxer son corps et nous accordent quelques bavardages tout en admirant nos exploits graphiques. 

Pour bien conclure une année de travail, quoi de plus sympathique que d’organiser une petite réunion amicale autour d’un repas “presque improvisé”. Chacun ayant préparé un “en cas” différent, nous avons allègrement mélangé les plats et les saveurs, le sucré et le salé. Qu’importe la règle, le plaisir de finir cette session était là et  cette réunion autour d’une table bien garnie n’a pu que contribuer à plus de reconnaissance de l’autre.

Tous n’étaient pas présents, dommage pour certains et tant pis pour d’autres. On se dit au plaisir de se retrouver fin septembre et bonnes vacances à tous.

En galerie mes derniers croquis de modèle vivant réalisés à l’huile sur papier.

 

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Flamenco y flamenca

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flamenco-05-2016-01

Sur le parking, quelques voitures stationnent, portes ouvertes, au milieu desquelles, un groupe de personnes en costume breton discutaillent joyeusement.
Avec Élysabeth, nous extrayons du coffre tout notre fourbi de dessin et, encombrés comme des sapins de Noël, nous abordons les bretons volubiles.
— Pardon, pourriez-vous nous indiquer où se passe la démonstration de flamenco ? Moment de silence dû à une incompréhension bien palpable ! Et oui, nous sommes bien ici en Bretagne pour croquer du flamenco en live.
— Allez voir par là, derrière ce bâtiment ! Nous indiquent les bretons mi-rigolards. De fait, au détour de la bâtisse, nous tombons nez à nez avec une petite dame toute souriante, au visage animé, moulée dans une robe noire avec des volants un peu partout. Les présentations avec les membres de la petite troupe sont rapides et sympathiques. La salle est grande, aérée et lumineuse. S’installer dans un tel espace est un vrai régal. Tout est fait pour nous permettre de travailler dans les meilleures conditions.
— Vous voulez une table pour vos affaires ? Là, vous avez assez de place ? On peut pousser les sièges si vous souhaitez ! Mireille Ouvrard, la présidente de l’association “El Flamenco” est à nos petits soins. Soucieuse de tout elle ne cesse de virevolter d’un endroit à l’autre, anxieuse sans doute de la bonne réussite de la journée “découverte du flamenco”. La salle se remplit lentement, un peu en désordre. Les proches, amis, famille, constituent la majorité des spectateurs. Malgré les nombreuses invitations lancées et distribuées, les sièges ne sont pas tous occupés. La déception se lit sur le visage de Mireille à cause de ses “bons voisins” qui semblent l’avoir totalement ignorée. Les élus sans doute engagés par d’autres festivités, ont aussi déserté la salle Groëz-Ven à Ploëmel. Après une présentation rapide de l’association de danse, de son rôle auprès des collectivités, de la philosophie de son apprentissage, et de la définition du flamenco, danse d’expression de la joie, de la misère et de la souffrance, tout le monde est prêt à “jouer sa partition”.
Pour Élysabeth et moi-même, les pinceaux, les couleurs, et les encres se mettent alors à l’unisson du mouvement énergique des “femmes flamenca”.

Association El Flamenco
Apprentissage Flamenco et Sévillane.
Salle Groëz-Ven à Ploëmel
Contact :
Mireille Ouvrard – 06 45 29 31 75

 

Peintures août 2015

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J’avais un peu délaissé l’actualisation de ce blog au profit de publications plus quotidiennes sur Facebook. Voilà une mise à jour des principales réalisations produites ces dernières semaines. Ceux qui me suivent sur Facebook y trouveront pêle-mêle des nouveautés et des choses déjà publiées. Pour  vaincre ma hantise des perspectives et des paysages urbains, j’ai fait une approche “minimale” en aquarelle sur les avenues de New-York. Tentative à demi-réussie pour ma part. Pour me changer la main (tout comme on fait un “trou normand” avant de poursuivre avec entrain un bon repas), le dessin de portrait en frand format et de manière “réaliste” est un travail dans lequel je me sens plus à l’aise. Enfin, et pour finir en diaporama, mes habituels paysages à travers quelques aquarelles dont certaines sont réalisées dans un format “miniature”.

Ceux qui sont sur Facebook, peuvent me retrouver sous “Serge San Juan” et aussi sur le groupe “Art entre Amis”. Un groupe que je suis en train de constituer réunissant des artistes peintres professionnels, amateurs ou débutants.

Fusain sur papier Ingres - format 50x65 cm

Fusain sur papier Ingres – format 50×65 cm

Fusain sur papier Ingres - format 50x65 cm

Fusain sur papier Ingres – format 50×65 cm

Aquarelle papier Arches - format 36x48 cm

Aquarelle papier Arches – format 36×48 cm

Aquarelle papier Arches - format 36x48 cm

Aquarelle papier Arches – format 36×48 cm

Aquarelle papier Arches - format 36x48 cm

Aquarelle papier Arches – format 36×48 cm

Croq’Rando dans le Morbihan

Avouez le ! L’espace d’un instant, en lisant le titre vous avez pensé au « croque » que l’on s’envoie au bistrot du coin pour combler un petit creux à l’estomac. Je le reconnais volontiers, vous pourriez concevoir que cet article est destiné à vous faire l’éloge gustatif d’une sorte de sandwich à la « sauce Bretonne ».

Le Bono, un joli port miniature dans le Morbihan.

Le Bono, un joli port miniature dans le Morbihan.

Une “croq’rando”, c’est la combinaison toute naturelle d’une balade au long cours qui donne l’occasion de sortir son carnet de dessins, comme d’autres sortent leur appareil photo pour immortaliser “Josette et Maurice” devant la mer alors que le soleil décline derrière les grands pins. C’est une première expérience de dessin en “live” pour l’ensemble des participants. Élisabeth, l’intervenante, conduira le groupe sur un circuit facile, émaillé cependant de sujets adaptés à la pratique du croquis. Chacun est là pour travailler, pour approfondir sa passion pour le dessin, et développer son sens artistique. Rendez-vous est fixé pour la balade sous le pont de St Goustan à 10h. Il fait frais en ce mois de mai et le temps gris et un peu sale ne correspond pas à ce que la météo nous avait annoncé.

À marée basse, la rivière laisse place à des vasières.

À marée basse, la rivière laisse place à des vasières.

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Le Morbihan, ce n’est pas que la mer…

Danielle, Maryline, Nathalie, Renée, André et moi-même, sans oublier Élisabeth démarrons enfin notre itinéraire en suivant le rivière en direction du Bono. L’idée est de faire des haltes à des endroits stratégiques, de poser ses fesses quelques instants, de sortir le carnet de croquis, d’embraser du regard le paysage présent et d’en traduire son esprit en quelques traits bien ajustés.

À la première halte, nous  dessinons debout. La position est volontairement inconfortable afin de ne pas rentrer dans les détails du sujet. Tout comme le sportif échauffe ses muscles avant l’épreuve, nous échauffons notre regard et notre main grâce à ce premier exercice. Étirements bono_08obligatoires. Il faut aussi dissiper la bono_07peur de la première fois, cette crainte d’être ridicule ou de ne pas réussir. Loin de tout jugement de valeur, le principe est de détecter la sensibilité et les possibilités créatives propres à chacun et de les valoriser. Le soleil arrive enfin, de plus en plus lumineux de plus en plus chaud. Sa présence bienfaitrice délie les langues, assouplit les corps. La rivière se pare de reflets d’argent, les frondaisons au loin prennent du volume, toutes les nuances de vert, percées de temps à autre de l’éclat or des genêts, éclatent sous la lumière.

bono_03Au soleil, les gestes deviennent assurément plus fluides. Le crayon caressse amoureusement le papier. Le plaisir de représenter est d’autant plus grand que l’infinie richesse de la nature s’insinue par tous les pores de la peau. Quand l’équilibre entre le corps et la nature est atteint, on éprouve un immense moment de sérénité. Tout baigne et la pose s’éternise un peu tant le bien-être est resenti par tous. Le temps passe sans regret pour une fois. Il faut bien cependant se décider à pousser un peu plus loin. Une souche tortueuse dans la lumière du chemin, suscitera bien des commentaires : “- on dirait une sorcière, un corps peut-être ou un gros serpent !”. La faim et la soif, commencent à attaquer les esprits. bono_12 bono_11 bono_10 bono_09Nathalie, en dessinant un arbre chargé de bouteilles et de sandwiches, nous donnera le signal du pique-nique. Arrivés au port du Bono, un petit café et une terrasse. Devant un verre de vin rouge, récompense de notre matinée de travail, on se croque nos bobines hsitoire de rigoler un bon coup. Le pique-nique est vite avalé et sur le quai, nous sortons déjà nos carnets de dessins. Le soleil est haut dans le ciel, à la verticale. La lumière est dure, les ombres très marquées. Il faut dessiner en noir et blanc pour ainsi dire. Les contrastes, les contrastes…Ceux qui ont décidé de représenter les deux ponts (l’ancien et le nouveau) qui surplombent le port, en seront pour leur frais. Il leur sera difficile de combiner des perspectives contrariées aux points de fuites improbables. Quelques badauds de temps en temps (peut-être Josette et Maurice) nous approchent timidement, curieux, approbateurs ou pas, puis continuent leur chemin. Il y aura peu d’échanges avec le public, à croire que nos deux mondes cohabitent sans pouvoir réellement se trouver. bono_02Bref, le principe était, sur le chemin du retour de dessiner, encore et encore, de saisir d’autres sujets, de profiter d’une lumière de fin d’après-midi. La journée hélas sera trop courte et c’est avec regret que tout le monde va presser le pas pour se retrouver au point de départ. Réunis autour d’un dernier verre (ben oui, on a eu très soif), les dessins sont exposés et commentés. Chacun fera un bilan très positif de cette croq’rando en souhaitant renouveler l’expérience. Des rendez-vous de principe sont évoqués. Pour ma part je décroche un peu. Les projets, même à quelques jours, ne me concernent plus. Je rentre sur Paris bientôt. Ma prochaine croq’rando participative en bonne compagnie, ne pourra se faire au mieux que…l’année prochaine. Adieu le Morbihan, ses paysages fabuleux, sa lumière sculpturale et ses averses imprévisibles. Quatre saisons en une seule journée disent les Bretons et c’est bien vrai.

Salon Couleur & Forme.

Sylvie Rousseau, Serge Caseris et moi-même.

Sylvie Rousseau, Serge Caseris et moi-même.

Le 15 février dernier, le Salon Couleur & Forme du Mesnil le Roi s’est clôturé en compagnie de nombreux visiteurs et des artistes eux-mêmes venus pour le décrochage des œuvres. Absent lors du vernissage, j’ai eu l’agréable surprise de me voir décerner par Mr Serge Caseris (Maire de la ville) et Mme Sylvie Rousseau (Présidente de l’Association Artistique), le prix de la ville du Mesnil Le Roi pour mes trois aquarelles sur le jazz. Un bon moment partagé avec le maire dont les aquarelles lui rappelaient des souvenirs « de jeunesse » à la Nouvelle Orléans.

Du 30 mai au 7 juin se déroulera l’exposition des « Ateliers du Mesnil ». J’y participerai en proposant plus particulièrement une série de nus. Le 31 mai sera une journée « Rencontre avec les peintres », un certain nombre d’artistes occuperont les rues de la ville pour une animation picturale en direct.

 

Aquarelle-Jazz

Je m’étais imposé un challenge. Celui de peindre en direct à l’aquarelle lors d’un concert de jazz. Je dois reconnaitre que le résultat ne fut pas à la hauteur de mes espérances. En cela, plusieurs facteurs cumulés n’ont pas contribué à atteindre l’objectif fixé.jazz-11-14-00
En premier lieu, je me suis rendu compte que la technique de l’aquarelle n’était pas le médium le mieux adapté pour peindre en “live” l’atmosphère d’un concert. J’ai mis un certain temps pour ne pas dire un temps certain pour m’installer, dans un coin au fond de la salle derrière le public venu nombreux. Chevalet et grandes feuilles de papier, pinceaux, palette, pots à eau, chiffons etc…J’ai essayé de disposer le plus commodément possible tous les outils dont j’avais besoin pour la session. L’aquarelle très mouillée a cette fâcheuse tendance à provoquer des coulures qui sont malvenues dans une salle de concert et dans toute autre salle d’ailleurs. J’avais donc prévu une bâche au sol dans laquelle je n’ai pas manqué maintes fois de me prendre les pieds.jazz-11-14-01jazz-11-14-02
Tout allait donc pour le mieux jusqu’au moment où, les musiciens enfin prêts, les lumières s’éteignirent dans la salle. Et…je fus plongé dans l’obscurité au point de ne plus pouvoir distinguer la moindre couleur sur ma palette.
Personne n’avait pensé me mettre un éclairage discret. Prévoyant, j’avais emporté une petite lampe frontale que j’installais pour toute la durée du concert. Le travail à la lampe frontale, pour autant qu’il soit possible, n’en est pas pour autant très confortable. Tout de suite je me suis rendu compte que, du fond de la salle, je perdais toute notion de détail des musiciens sur scène. J’avais bien une ambiance générale, mais les points d’accroches visuels me manquaient. J’ai aussi constaté combien, en demeurant concentré sur la peinture, j’en oubliais la musique au point d’avoir l’impression aujourd’hui de n’avoir profité de rien.
jazz-11-14-03Finalement, la séance de peinture en direct fut-elle stérile ? Sûrement pas !Certes, elle ne m’a pas apporté ce que j’en espérais. Le manque d’expérience de ma part face à un contexte particulier, accentué par la technique de l’aquarelle qui réclame une certaine réflexion, difficile à mettre en œuvre sur des sujets dynamiques, ont pénalisé le résultat. On apprend bien plus des ses erreurs que des ses réussites si on sait les analyser. La prochaine fois j’aborderai donc le sujet avec plus de sérénité.

J’ai pu cependant, faire quelques croquis rapides au pinceau et prendre deux ou trois mauvaises photos. Ces croquis et images m’ont permis de finaliser différents dessins d’étude qui m’ont aidé à composer en atelier quatre grandes aquarelles.jazz-11-14-05jazz-11-14-06 jazz-11-14-07 jazz-11-14-08

Portraits

Peinture du Fayoum - Du 1er au 4ème siècle après J.C

Peinture du Fayoum – Du 1er au 4ème siècle après J.C

L’art antique n’ignorait pas l’art du portrait réaliste. Le développement du christianisme au regard tourné vers l’au-delà a rompu ce lien avec la représentation de l’individu. Les images sont devenues des figures “symboliques”, éloignées des réalités terrestres. Les artistes s’orientent alors vers les représentations de scènes sacrées. C’est une période de déclin pour l’art du portrait.

Piero della Francesca - Duc d'Urbino 1460/1470

Piero della Francesca – Duc d’Urbino 1460/1470

Au XIV ème et au XV ème siècle, le retour au naturalisme renoue avec la représentation de l’individu. Les premiers portraits de la fin du Moyen Âge sont exclusivement ceux de souverains, représentés de profil, une disposition inspirée des médailles antiques. La recherche de la ressemblance n’abandonne pas cependant la volonté d’idéaliser le modèle. Ainsi, le duc d’Urbino (Federigo da Montefeltro), qui a perdu un œil et une partie du nez à la guerre, est représenté par Piero della Francesca selon son “bon profil”.

Jan Van Eyck - L'homme au turban rouge 1433

Jan Van Eyck – L’homme au turban rouge 1433

 

 

 

Dans les années 1420-1440, les peintres flamands et notamment Jan Van Eyck ont une pratique artistique qui s’oppose à l’art du portrait italien. Le modèle n’est plus de profil, mais positionné de trois-quarts, face au spectateur. Les buste est cadré plus bas. Les mains sont visibles, jointes en prière ou tenant un objet significatif de la personne. Les défauts de la peau sont finement examinés et retranscrits : rides, cicatrices, verrues, boutons, veines saillantes…C’est de l’hyper-réalisme “humanisé” avant l’heure. Pour simuler la vie du regard, une petite pointe de blanc est posée dans l’œil. Le modèle regarde droit dans les yeux celui qui le regarde.

Raphaël - Baltassare castiglione 1514/1515

Raphaël – Baltassare castiglione 1514/1515

Avec Léonard de Vinci, Raphaël, Titien, l’Italie reprend l’initiative du portrait. Les peintres adoptent des formats plus grands pour peindre des hommes et des femmes à mi-corps dans des poses sereines et des costumes sobres.

Au XVI ème siècle l’art du portrait atteint toute sa maturité. L’intérêt grandissant pour la compréhension des sentiments humains engendre des artistes soucieux de la

Pierre-Auguste Renoir - Jeanne Samary 1877

Pierre-Auguste Renoir – Jeanne Samary 1877

physionomie des émotions. Les impressionnistes tels que Monet, Degas ou Renoir, qui utilisaient principalement comme modèles leur famille et leurs amis, peignaient des individus ou de petits groupes, en plein air ou en atelier. Caractérisés par la luminosité de leur surface et la richesse de leurs teintes, ces portraits présentent souvent un caractère intimiste, éloigné du portrait officiel.

Les artistes du début du siècle élargissent les champs d’exploration du portrait, en le libérant des contraintes de ressemblance visuelle.

Henri Matisse - Madame Matisse à la raie verte 1905

Henri Matisse – Madame Matisse à la raie verte 1905

Henri Matisse simplifie la ligne et les couleurs pour leur donner toute leur force expressive. Pablo Picasso réalise de nombreux portraits, dont plusieurs portraits cubistes où le modèle est à peine reconnaissable. L’art du portrait en peinture décline au milieu du siècle, sans doute en raison de l’intérêt croissant pour l’abstraction et l’art non figuratif. Malgré la forte présence de la photographie, ou peut-être à cause de cette même invasion de l’image photographique, à la représentation trop souvent « lissée et mécanisée », le portrait peint ou dessiné à l’aspect « plus artisanal », connait aujourd’hui un certain renouveau. La peinture demeurant par essence même, la réalisation d’une œuvre originale et unique peu propice à la duplication.