Flamenco y flamenca

Mis en avant

flamenco-05-2016-01

Sur le parking, quelques voitures stationnent, portes ouvertes, au milieu desquelles, un groupe de personnes en costume breton discutaillent joyeusement.
Avec Élysabeth, nous extrayons du coffre tout notre fourbi de dessin et, encombrés comme des sapins de Noël, nous abordons les bretons volubiles.
— Pardon, pourriez-vous nous indiquer où se passe la démonstration de flamenco ? Moment de silence dû à une incompréhension bien palpable ! Et oui, nous sommes bien ici en Bretagne pour croquer du flamenco en live.
— Allez voir par là, derrière ce bâtiment ! Nous indiquent les bretons mi-rigolards. De fait, au détour de la bâtisse, nous tombons nez à nez avec une petite dame toute souriante, au visage animé, moulée dans une robe noire avec des volants un peu partout. Les présentations avec les membres de la petite troupe sont rapides et sympathiques. La salle est grande, aérée et lumineuse. S’installer dans un tel espace est un vrai régal. Tout est fait pour nous permettre de travailler dans les meilleures conditions.
— Vous voulez une table pour vos affaires ? Là, vous avez assez de place ? On peut pousser les sièges si vous souhaitez ! Mireille Ouvrard, la présidente de l’association “El Flamenco” est à nos petits soins. Soucieuse de tout elle ne cesse de virevolter d’un endroit à l’autre, anxieuse sans doute de la bonne réussite de la journée “découverte du flamenco”. La salle se remplit lentement, un peu en désordre. Les proches, amis, famille, constituent la majorité des spectateurs. Malgré les nombreuses invitations lancées et distribuées, les sièges ne sont pas tous occupés. La déception se lit sur le visage de Mireille à cause de ses “bons voisins” qui semblent l’avoir totalement ignorée. Les élus sans doute engagés par d’autres festivités, ont aussi déserté la salle Groëz-Ven à Ploëmel. Après une présentation rapide de l’association de danse, de son rôle auprès des collectivités, de la philosophie de son apprentissage, et de la définition du flamenco, danse d’expression de la joie, de la misère et de la souffrance, tout le monde est prêt à “jouer sa partition”.
Pour Élysabeth et moi-même, les pinceaux, les couleurs, et les encres se mettent alors à l’unisson du mouvement énergique des “femmes flamenca”.

Association El Flamenco
Apprentissage Flamenco et Sévillane.
Salle Groëz-Ven à Ploëmel
Contact :
Mireille Ouvrard – 06 45 29 31 75

 

Peintures août 2015

Mis en avant

J’avais un peu délaissé l’actualisation de ce blog au profit de publications plus quotidiennes sur Facebook. Voilà une mise à jour des principales réalisations produites ces dernières semaines. Ceux qui me suivent sur Facebook y trouveront pêle-mêle des nouveautés et des choses déjà publiées. Pour  vaincre ma hantise des perspectives et des paysages urbains, j’ai fait une approche “minimale” en aquarelle sur les avenues de New-York. Tentative à demi-réussie pour ma part. Pour me changer la main (tout comme on fait un “trou normand” avant de poursuivre avec entrain un bon repas), le dessin de portrait en frand format et de manière “réaliste” est un travail dans lequel je me sens plus à l’aise. Enfin, et pour finir en diaporama, mes habituels paysages à travers quelques aquarelles dont certaines sont réalisées dans un format “miniature”.

Ceux qui sont sur Facebook, peuvent me retrouver sous “Serge San Juan” et aussi sur le groupe “Art entre Amis”. Un groupe que je suis en train de constituer réunissant des artistes peintres professionnels, amateurs ou débutants.

Fusain sur papier Ingres - format 50x65 cm

Fusain sur papier Ingres – format 50×65 cm

Fusain sur papier Ingres - format 50x65 cm

Fusain sur papier Ingres – format 50×65 cm

Aquarelle papier Arches - format 36x48 cm

Aquarelle papier Arches – format 36×48 cm

Aquarelle papier Arches - format 36x48 cm

Aquarelle papier Arches – format 36×48 cm

Aquarelle papier Arches - format 36x48 cm

Aquarelle papier Arches – format 36×48 cm

Croq’Rando dans le Morbihan

Avouez le ! L’espace d’un instant, en lisant le titre vous avez pensé au « croque » que l’on s’envoie au bistrot du coin pour combler un petit creux à l’estomac. Je le reconnais volontiers, vous pourriez concevoir que cet article est destiné à vous faire l’éloge gustatif d’une sorte de sandwich à la « sauce Bretonne ».

Le Bono, un joli port miniature dans le Morbihan.

Le Bono, un joli port miniature dans le Morbihan.

Une “croq’rando”, c’est la combinaison toute naturelle d’une balade au long cours qui donne l’occasion de sortir son carnet de dessins, comme d’autres sortent leur appareil photo pour immortaliser “Josette et Maurice” devant la mer alors que le soleil décline derrière les grands pins. C’est une première expérience de dessin en “live” pour l’ensemble des participants. Élisabeth, l’intervenante, conduira le groupe sur un circuit facile, émaillé cependant de sujets adaptés à la pratique du croquis. Chacun est là pour travailler, pour approfondir sa passion pour le dessin, et développer son sens artistique. Rendez-vous est fixé pour la balade sous le pont de St Goustan à 10h. Il fait frais en ce mois de mai et le temps gris et un peu sale ne correspond pas à ce que la météo nous avait annoncé.

À marée basse, la rivière laisse place à des vasières.

À marée basse, la rivière laisse place à des vasières.

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Le Morbihan, ce n’est pas que la mer…

Danielle, Maryline, Nathalie, Renée, André et moi-même, sans oublier Élisabeth démarrons enfin notre itinéraire en suivant le rivière en direction du Bono. L’idée est de faire des haltes à des endroits stratégiques, de poser ses fesses quelques instants, de sortir le carnet de croquis, d’embraser du regard le paysage présent et d’en traduire son esprit en quelques traits bien ajustés.

À la première halte, nous  dessinons debout. La position est volontairement inconfortable afin de ne pas rentrer dans les détails du sujet. Tout comme le sportif échauffe ses muscles avant l’épreuve, nous échauffons notre regard et notre main grâce à ce premier exercice. Étirements bono_08obligatoires. Il faut aussi dissiper la bono_07peur de la première fois, cette crainte d’être ridicule ou de ne pas réussir. Loin de tout jugement de valeur, le principe est de détecter la sensibilité et les possibilités créatives propres à chacun et de les valoriser. Le soleil arrive enfin, de plus en plus lumineux de plus en plus chaud. Sa présence bienfaitrice délie les langues, assouplit les corps. La rivière se pare de reflets d’argent, les frondaisons au loin prennent du volume, toutes les nuances de vert, percées de temps à autre de l’éclat or des genêts, éclatent sous la lumière.

bono_03Au soleil, les gestes deviennent assurément plus fluides. Le crayon caressse amoureusement le papier. Le plaisir de représenter est d’autant plus grand que l’infinie richesse de la nature s’insinue par tous les pores de la peau. Quand l’équilibre entre le corps et la nature est atteint, on éprouve un immense moment de sérénité. Tout baigne et la pose s’éternise un peu tant le bien-être est resenti par tous. Le temps passe sans regret pour une fois. Il faut bien cependant se décider à pousser un peu plus loin. Une souche tortueuse dans la lumière du chemin, suscitera bien des commentaires : “- on dirait une sorcière, un corps peut-être ou un gros serpent !”. La faim et la soif, commencent à attaquer les esprits. bono_12 bono_11 bono_10 bono_09Nathalie, en dessinant un arbre chargé de bouteilles et de sandwiches, nous donnera le signal du pique-nique. Arrivés au port du Bono, un petit café et une terrasse. Devant un verre de vin rouge, récompense de notre matinée de travail, on se croque nos bobines hsitoire de rigoler un bon coup. Le pique-nique est vite avalé et sur le quai, nous sortons déjà nos carnets de dessins. Le soleil est haut dans le ciel, à la verticale. La lumière est dure, les ombres très marquées. Il faut dessiner en noir et blanc pour ainsi dire. Les contrastes, les contrastes…Ceux qui ont décidé de représenter les deux ponts (l’ancien et le nouveau) qui surplombent le port, en seront pour leur frais. Il leur sera difficile de combiner des perspectives contrariées aux points de fuites improbables. Quelques badauds de temps en temps (peut-être Josette et Maurice) nous approchent timidement, curieux, approbateurs ou pas, puis continuent leur chemin. Il y aura peu d’échanges avec le public, à croire que nos deux mondes cohabitent sans pouvoir réellement se trouver. bono_02Bref, le principe était, sur le chemin du retour de dessiner, encore et encore, de saisir d’autres sujets, de profiter d’une lumière de fin d’après-midi. La journée hélas sera trop courte et c’est avec regret que tout le monde va presser le pas pour se retrouver au point de départ. Réunis autour d’un dernier verre (ben oui, on a eu très soif), les dessins sont exposés et commentés. Chacun fera un bilan très positif de cette croq’rando en souhaitant renouveler l’expérience. Des rendez-vous de principe sont évoqués. Pour ma part je décroche un peu. Les projets, même à quelques jours, ne me concernent plus. Je rentre sur Paris bientôt. Ma prochaine croq’rando participative en bonne compagnie, ne pourra se faire au mieux que…l’année prochaine. Adieu le Morbihan, ses paysages fabuleux, sa lumière sculpturale et ses averses imprévisibles. Quatre saisons en une seule journée disent les Bretons et c’est bien vrai.

Salon Couleur & Forme.

Sylvie Rousseau, Serge Caseris et moi-même.

Sylvie Rousseau, Serge Caseris et moi-même.

Le 15 février dernier, le Salon Couleur & Forme du Mesnil le Roi s’est clôturé en compagnie de nombreux visiteurs et des artistes eux-mêmes venus pour le décrochage des œuvres. Absent lors du vernissage, j’ai eu l’agréable surprise de me voir décerner par Mr Serge Caseris (Maire de la ville) et Mme Sylvie Rousseau (Présidente de l’Association Artistique), le prix de la ville du Mesnil Le Roi pour mes trois aquarelles sur le jazz. Un bon moment partagé avec le maire dont les aquarelles lui rappelaient des souvenirs « de jeunesse » à la Nouvelle Orléans.

Du 30 mai au 7 juin se déroulera l’exposition des « Ateliers du Mesnil ». J’y participerai en proposant plus particulièrement une série de nus. Le 31 mai sera une journée « Rencontre avec les peintres », un certain nombre d’artistes occuperont les rues de la ville pour une animation picturale en direct.

 

Aquarelle-Jazz

Je m’étais imposé un challenge. Celui de peindre en direct à l’aquarelle lors d’un concert de jazz. Je dois reconnaitre que le résultat ne fut pas à la hauteur de mes espérances. En cela, plusieurs facteurs cumulés n’ont pas contribué à atteindre l’objectif fixé.jazz-11-14-00
En premier lieu, je me suis rendu compte que la technique de l’aquarelle n’était pas le médium le mieux adapté pour peindre en “live” l’atmosphère d’un concert. J’ai mis un certain temps pour ne pas dire un temps certain pour m’installer, dans un coin au fond de la salle derrière le public venu nombreux. Chevalet et grandes feuilles de papier, pinceaux, palette, pots à eau, chiffons etc…J’ai essayé de disposer le plus commodément possible tous les outils dont j’avais besoin pour la session. L’aquarelle très mouillée a cette fâcheuse tendance à provoquer des coulures qui sont malvenues dans une salle de concert et dans toute autre salle d’ailleurs. J’avais donc prévu une bâche au sol dans laquelle je n’ai pas manqué maintes fois de me prendre les pieds.jazz-11-14-01jazz-11-14-02
Tout allait donc pour le mieux jusqu’au moment où, les musiciens enfin prêts, les lumières s’éteignirent dans la salle. Et…je fus plongé dans l’obscurité au point de ne plus pouvoir distinguer la moindre couleur sur ma palette.
Personne n’avait pensé me mettre un éclairage discret. Prévoyant, j’avais emporté une petite lampe frontale que j’installais pour toute la durée du concert. Le travail à la lampe frontale, pour autant qu’il soit possible, n’en est pas pour autant très confortable. Tout de suite je me suis rendu compte que, du fond de la salle, je perdais toute notion de détail des musiciens sur scène. J’avais bien une ambiance générale, mais les points d’accroches visuels me manquaient. J’ai aussi constaté combien, en demeurant concentré sur la peinture, j’en oubliais la musique au point d’avoir l’impression aujourd’hui de n’avoir profité de rien.
jazz-11-14-03Finalement, la séance de peinture en direct fut-elle stérile ? Sûrement pas !Certes, elle ne m’a pas apporté ce que j’en espérais. Le manque d’expérience de ma part face à un contexte particulier, accentué par la technique de l’aquarelle qui réclame une certaine réflexion, difficile à mettre en œuvre sur des sujets dynamiques, ont pénalisé le résultat. On apprend bien plus des ses erreurs que des ses réussites si on sait les analyser. La prochaine fois j’aborderai donc le sujet avec plus de sérénité.

J’ai pu cependant, faire quelques croquis rapides au pinceau et prendre deux ou trois mauvaises photos. Ces croquis et images m’ont permis de finaliser différents dessins d’étude qui m’ont aidé à composer en atelier quatre grandes aquarelles.jazz-11-14-05jazz-11-14-06 jazz-11-14-07 jazz-11-14-08

Portraits

Peinture du Fayoum - Du 1er au 4ème siècle après J.C

Peinture du Fayoum – Du 1er au 4ème siècle après J.C

L’art antique n’ignorait pas l’art du portrait réaliste. Le développement du christianisme au regard tourné vers l’au-delà a rompu ce lien avec la représentation de l’individu. Les images sont devenues des figures “symboliques”, éloignées des réalités terrestres. Les artistes s’orientent alors vers les représentations de scènes sacrées. C’est une période de déclin pour l’art du portrait.

Piero della Francesca - Duc d'Urbino 1460/1470

Piero della Francesca – Duc d’Urbino 1460/1470

Au XIV ème et au XV ème siècle, le retour au naturalisme renoue avec la représentation de l’individu. Les premiers portraits de la fin du Moyen Âge sont exclusivement ceux de souverains, représentés de profil, une disposition inspirée des médailles antiques. La recherche de la ressemblance n’abandonne pas cependant la volonté d’idéaliser le modèle. Ainsi, le duc d’Urbino (Federigo da Montefeltro), qui a perdu un œil et une partie du nez à la guerre, est représenté par Piero della Francesca selon son “bon profil”.

Jan Van Eyck - L'homme au turban rouge 1433

Jan Van Eyck – L’homme au turban rouge 1433

 

 

 

Dans les années 1420-1440, les peintres flamands et notamment Jan Van Eyck ont une pratique artistique qui s’oppose à l’art du portrait italien. Le modèle n’est plus de profil, mais positionné de trois-quarts, face au spectateur. Les buste est cadré plus bas. Les mains sont visibles, jointes en prière ou tenant un objet significatif de la personne. Les défauts de la peau sont finement examinés et retranscrits : rides, cicatrices, verrues, boutons, veines saillantes…C’est de l’hyper-réalisme “humanisé” avant l’heure. Pour simuler la vie du regard, une petite pointe de blanc est posée dans l’œil. Le modèle regarde droit dans les yeux celui qui le regarde.

Raphaël - Baltassare castiglione 1514/1515

Raphaël – Baltassare castiglione 1514/1515

Avec Léonard de Vinci, Raphaël, Titien, l’Italie reprend l’initiative du portrait. Les peintres adoptent des formats plus grands pour peindre des hommes et des femmes à mi-corps dans des poses sereines et des costumes sobres.

Au XVI ème siècle l’art du portrait atteint toute sa maturité. L’intérêt grandissant pour la compréhension des sentiments humains engendre des artistes soucieux de la

Pierre-Auguste Renoir - Jeanne Samary 1877

Pierre-Auguste Renoir – Jeanne Samary 1877

physionomie des émotions. Les impressionnistes tels que Monet, Degas ou Renoir, qui utilisaient principalement comme modèles leur famille et leurs amis, peignaient des individus ou de petits groupes, en plein air ou en atelier. Caractérisés par la luminosité de leur surface et la richesse de leurs teintes, ces portraits présentent souvent un caractère intimiste, éloigné du portrait officiel.

Les artistes du début du siècle élargissent les champs d’exploration du portrait, en le libérant des contraintes de ressemblance visuelle.

Henri Matisse - Madame Matisse à la raie verte 1905

Henri Matisse – Madame Matisse à la raie verte 1905

Henri Matisse simplifie la ligne et les couleurs pour leur donner toute leur force expressive. Pablo Picasso réalise de nombreux portraits, dont plusieurs portraits cubistes où le modèle est à peine reconnaissable. L’art du portrait en peinture décline au milieu du siècle, sans doute en raison de l’intérêt croissant pour l’abstraction et l’art non figuratif. Malgré la forte présence de la photographie, ou peut-être à cause de cette même invasion de l’image photographique, à la représentation trop souvent « lissée et mécanisée », le portrait peint ou dessiné à l’aspect « plus artisanal », connait aujourd’hui un certain renouveau. La peinture demeurant par essence même, la réalisation d’une œuvre originale et unique peu propice à la duplication.

Nus d’automne.

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Ça faisait un petit moment déjà que je pensais mettre à jour ma galerie « croquis de nus ». En septembre, c’est la réouverture de l’atelier, le moment de retrouver tout le monde et surtout de reprendre le maniement du crayon avec ardeur. En quelques semaines, les croquis s’amoncellent vite. Il me fallait le temps de faire une petite sélection, puis d’en organiser la reproduction. Voilà, c’est chose faite. La mise en ligne ci-dessous présente différentes techniques, fusain, mine graphite, pastel à l’huile, pierre noire etc…

Le pastel à huile est traité sur un support papier très lisse (papier pour feutre) et dilué à l’essence pour obtenir des tons transparents. Certains croquis sont exécutés très rapidement avec des Néocolor solubles à l’eau.

Atelier en panne

Bon je sais, vous allez vous dire « tiens le revoilà ».
Ça faisait longtemps ! Et oui, ça faisait un petit bout de temps que ma souris se morfondait dans son coin, sans un petit bout de texte à grignoter. Quelques vacances, une lombalgie, aussi un peu de fainéantise avouée et un printemps qui tardait à venir ne m’ont pas incité à mettre à jour ce blog.

Mauvaise nouvelle pour l’atelier de « nus » du samedi. Notre dynamique intervenante, pour des raisons personnelles quitte la région Parisienne et s’installe désormais dans le Morbihan. Nous perdons une animatrice et du même coup, les séances de « croquis » vont disparaître. Le groupe sympathique que nous formions va se dissoudre. Hélas !

Pour cette avant dernière séance, comme à l’habitude, nous avons tout d’abord travaillé en croquis très rapides de 1 ou 2 minutes. Faute de modèle nu, nous avons posé chacun notre tour… Bien fait pour nous ! Nous avons pu ressentir combien poser sans bouger quelques minutes peut-être pénible, tant nous sommes habitués dans notre quotidien à remuer sans nous en rendre compte.

Les 3 planches de croquis qui suivent, sont réalisées dans l’odre chronologique de l’échauffement de l’œil. On peut voir que le couple œil/main s’améliore, devient plus précis. Pour des poses de même durée, le croquis est plus détaillé, plus présent. Fonctionnant comme un appareil photo, l’œil capte l’essentiel du modèle, et la main accélère pour retranscrire le maximum de signes dans un instant donné.01_elysabeth_03_13 02_elysabeth_03_1303_elysabeth_03_13

Pour finir la séance, nous nous sommes adonnés au « portrait » rapide de 10 à 15 minutes. L’essentiel étant non pas d’obtenir des « figures » ressemblantes, mais de saisir l’expression principale, les traits essentiels qui peuvent caractériser chaque personne. Anne, Nathalie et Nathalie se sont prêtées au jeu de la pose. Merci à elles.06_portrait_03_1305_portrait_03_13 04_portrait_03_13

Portraits

Dans les croquis de nus, les visages ne sont souvent signifiés que par un ovale, et quelques traits pour indiquer le nez, les yeux, la bouche. Corps parfois sans les mains, sans les pieds, sans les visages, car ces parties anatomiques demandent un temps d’observation et de réalisation que le croquis rapide ne permet pas toujours.
Pour cette fois, le temps du croquis,  j’ai essayé de focaliser mon observation sur quelques visages afin de donner une personnalité à tous ces corps que je vous propose au fil du temps.

Adam et Ève.

Depuis quelques temps, je me suis remis au croquis de nus.  Le jeudi matin c’est une session libre ou les progrès se font en se « dépatouillant » entre amis assidus. Une fois par mois, le samedi avec Élisabeth Ribera (c’est notre intervenante, bien-sûr vous ne la connaissez pas! Mais je dois rendre compte de l’énergie qu’elle dépense pour bousculer nos habitudes), notre petit groupe se retrouve dans l’effervescence de l’atelier. J’aime cette ambiance intense et cependant décontractée ou l’on entend le fusain caresser, s’effriter ou craquer parfois brusquement sur le grain prononcé du papier Ingres.

Le croquis par essence doit être réalisé dans un temps relativement court. Les poses du modèle ne dépassant jamais 20 minutes pour les poses les plus longues et 5 minutes, voire quelques secondes pour les poses les plus courtes. Il arrive parfois que le temps de choisir son fusain ou de tailler son crayon gras, le « ding » du minuteur retentit indiquant le changement de pose. Le croquis restant inachevé, j’ai toujours l’impression d’être passé à côté du chef d’œuvre de la matinée. On peut toujours rêver!

L’idée m’est venue de mettre un peu de couleur sur certains croquis. Je vous livre mes différentes expériences et mes conclusions en quelques mots.

De l’eau qui mouille trop.
La colorisation est faite ci-dessus directement à l’aquarelle sur le croquis original. La difficulté de poser l’aquarelle sur le dessin, est que toute technique humide dilue le fusain ou la craie noire. Il faut donc faire vite et ne pas trop revenir sur les zones mouillées. Cet inconvénient est minoré dès lors que l’on fixe suffisamment le croquis. Et encore…..

La main lourde de l’éléphant.

Ici, je montre l’état de 2 originaux. Le croquis original fait sur place et la reprise au fusainde ce même croquis avec l’ajout d’aquarelle. En fait la reprise d’un croquis n’est jamais idéale. Sur la dynamique du trait, de la spontanéité du geste, j’ai beaucoup perdu. De plus, sur le plan de la colorisation, l’aquarelle rehaussée de gouache blanche a alourdit l’ensemble. Un croquis doit rester un croquis ou alors, il faut aller plus loin, vers un travail plus précis, plus proche d’un dessin académique, d’une étude des lumières et des ombres.

De l’illusion avec Painter.
Sur ce portrait rapidement croqué, j’ai appliqué une autre technique de colorisation. Après la reproduction numérique du dessin, je l’ai importé et travaillé dans Painter (célèbre logiciel de peinture virtuelle). Nous sommes loin de la sensualité du papier, de la gestuelle ample de la main dans l’espace. Mais je dois dire que l’effet est tout à fait « bluffant ». D’ailleurs beaucoup d’artistes (illustrateurs principalement) utilisent ce logiciel pour leurs travaux.

Pour le plaisir de la découverte je suis allé plus loin avec quelques essais réalisés dans Painter. Qui n’essaie pas n’aboutit à rien.

Sur le détail ci-dessus, on peut voir que la « couleur virtuelle » se fond bien avec le croquis original tout en générant des nuances très subtiles.