Cirque Zavatta.

Le mercredi, c’est le jour des enfants. Pour moi, c’est aussi le jour ou je m’occupe de ma petite fille « of course ». C’est le jour des promenades en forêt, de la visite aux canards de l’étang du coin, de la pâte à modeler, des déguisements et tant d’autres activités que seuls les enfants nous permettent de revivre.

Les animaux campent sous les fenêtres des caravanes.


Mais aujourd’hui, ça sera le « Cirque ». J’ai toujours eu un sentiment mitigé envers le cirque. Combien de cirques se sont installés sur les places des petites villes à grand renfort de publicité diffusée par hauts parleurs. Combien de fois avons nous vu des animaux malheureux, crottés, apathiques reliés à une chaîne qu’ils semblent avoir du mal à traîner derrière eux. Deux ou trois chevaux, quelques chèvres, des lamas sont plantés là, presque oubliés sur le bitume d’un parking ou sur un bout de pelouse au milieu d’une cité grisâtre. Il est très difficile de reconnaître les bons cirques des mauvais. Beaucoup se réclament de telle ou telle enseigne au grand nom, sans en garantir réellement la qualité.

Le rouge et le jaune des couleurs du cirque Lydia Zavatta.

L’immense chapiteau pointe ses oreilles.

Malgré mes réticences, je me suis donc laissé embarquer pour le cirque Lydia Zavatta (c’est la fille du célèbre Achille Zavatta). De nombreux cirques portent le nom de Zavatta. Ce ne sont semble t-il que des loueurs d’enseignes. Le cirque Lydia Zavatta est par filiation directe le cirque à l’ancienne – le vrai –, avec grands fauves, cavalerie, numéros aériens, clowns etc…

Posez vous la question, chameau ou dromadaire?

Un œil affectueux qui ne voulait pas me lâcher.

La ménagerie est ouverte à tous, et j’ai pu constater combien les animaux paraissent sains et bien entretenus. Les animaux qui ont subi des violences, fuient l’homme. Ici, point de maltraitance ils sont calmes et sont venus vers moi, pour se faire caresser. Les cages des fauves sont dans un état de très grande propreté. Nickel chrome ! Ça ne sent pas mauvais, tout semble parfaitement organisé. Les camions semis remorques sont gigantesques et je ne vous parle même pas des luxueuses semis caravanes.

Watusi, en quelque sorte notre vache en Afrique subsaharienne.

Les cages sont nettoyées tous les jours.

Le tigre blanc

Le tigre blanc

Des camions beaux…comme des camions!

Le chapiteau était presque plein. Beaucoup d’enfants. Peu d’adultes, mais 2 ou 3 classes avec des accompagnants. J’ai beaucoup regretté l’ambiance côté spectateurs. Monsieur Loyal faisait tout pour dynamiser un public plutôt éteint. Le clown s’agitait comme un ressort pour déclencher quelques rires. Le spectacle était de qualité, bien rythmé. Les artistes enchaînaient leurs numéros avec talent et gaieté, mais les spectateurs étaient amorphes. Les petits enfants ne sont pas habitués à applaudir. Ils ne savant pas souvent comment se comporter…surtout si le cirque est pour eux une découverte. Il faut leur apprendre à apprécier, les iniitier.
Alors, que « foutaient » ces accompagnants qui avaient placé les petits en rang d’oignons dans les gradins et discutaient entre eux. Ne pouvaient-ils pas stimuler les enfants, applaudir pour leur montrer l’exemple. J’ai cru être en présence d’un public soit « blasé », soit « lobotomisé ». À moins que surpris par le spectacle, ils en demeuraient bouche-bée. Parfois, quand c’est trop beau on en reste « baba ». C’est ce malaise qui m’a un peu chagriné. J’en étais géné pourles artistes sur la piste. J’avais beau applaudir deux fois plus fort pour montrer mon admiration, je n’entraînais pas grand monde. Monsieur Loyal non plus ne s’y est pas trompé. Entre 2 numéros, il a lâché : « Allez, les Parisiens, il va falloir être un peu plus dynamiques. Nous venons du Nord de la France, et il y avait une ambiance formidable ! »

En introduisant les plus jeunes de la troupe Zavatta, ça  s’est mis à bouillonner, à crier, à danser et à chanter sur la piste. Les spectateurs ont suivi, sutout les enfants sur les gradins. C’était enfin gagné. Mais j’ai trouvé que le public était difficile ce jour là !

J’ai été particulièrement surpris par le fait que les photos du spectacle n’étaient pas interdites (sauf photos au flash toujours gênantes pour les artistes et les animaux). Hélas, je n’avais pas le mien. C’est bien connu…on n’a jamais le bon outil au bon moment ! C’est rare de pourvoir photographier un spectacle. Il faut donc signaler cette bonne initiative. Celà m’a incité à revisiter la ménagerie le lendemain pour faire quelques prises de vues.

Les chats acrobates au repos, s’amusent comme n’importe quels chats.

Steeve Caplot, plus à l’aise avec les fauves qu’avec les radiateurs.

J’ai apprécié particulièrement la disponibilité de Steeve Caplot (le dompteur) avec lequel j’ai pu discuter un peu du cirque (entre la réparation de son radiateur et la vérification des cages des tigres). J’ai goûté à la liberté de circulation dans tout l’espace du cirque.

À l’heure des jeux vidéos ou les héros renaissent après chaque partie et réussissent toutes leurs missions, au cirque, il existe des gens qui travaillent dur pour pérenniser leur art, tombent et se font mal s’ils faiblissent car contrairement aux héros ils ne sont pas d’acier inoxydable. Pour que se perpétue cette magie, il convient de bien accueillir ces hommes ces femmes et ces enfants qui forment la maison du cirque qui telle un vaisseau intergalactique au couleurs flamboyantes, se pose parfois en une nuit dans nos villes, nos campagnes pour notre plus grand plaisir.

J’espère que cette première approche en images, ne sera pas la dernière, le cirque est trop riche en symboles pour s’en contenter.
(Une dernière chose, si vous visitez la ménagerie, méfiez-vous des oies…elles sont pires que les fauves. Elles attaquent tout ce qui les approche.)