Incursion en Défensie

Au centre du Parvis à l'heure de pointe, la marchande de journaux est un véritable repère visuel.

Au centre du Parvis à l’heure de pointe, la marchande de journaux est un véritable repère visuel.

Je dois vous faire une confidence. J’ai le vice dans la peau !

Si, si ! Vous ne savez pas de quoi je suis capable. Tenez par exemple, pour savourer mon temps libre – oui, j’ai parfois besoin de tester ma quiétude, de la confronter au monde agité – il m’arrive donc, comme aujourd’hui de faire une incursion dans des lieux qui furent autrefois pour moi synonymes de cauchemars. Pensez donc, moi qui suis né dans la campagne Normande, le nez dans l’herbe et qui ne songe qu’à une seule chose sitôt le pied posé à terre le matin : “Vais-je pouvoir me faire une petite promenade dans les bois, cueillir quelques violettes ? Je sais, je suis un peu fleur bleue !

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On peut être nostalgique du passé ou pas…

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La lumière d’un beau matin de printemps sur l’Esplanade.

La Défense ! Une île de béton et de verre. Un univers de travail concentrationnaire comme il n’en existe aucun autre en France. Du moins de cette taille là. Je vous entend déjà, “Oui, mais la Défense c’est aussi un immense centre commercial, pourvu de tout ce qu’il faut pour les loisirs et patati et patata…”
C’est vrai et cette Défense dédiée aux affaires en surface et au commerce en sous-sol a su se rendre intelligente. Tout ce qui est gagné au-dessus est dépensé après coup dans ses entrailles. Donné d’une main, repris de l’autre. La boucle est bouclée ! Mais, vous me faites dévier de mon propos. Je voulais surtout vous parler du plaisir que je prends, par une belle matinée de printemps à déambuler au milieu des tours, à observer tous ces gens qui filent droit, le nez dans leurs chaussures, le regard fixé sur une ligne imaginaire, qui n’est ni bleue ni des Vosges, les oreilles casquées, la bouche cousue et forment des bataillons à l’image d’un fleuve, arrivent en un flot puissant pour peu à peu se diviser en une multitude de filets au gré du parcours. Happés peu à peu jusqu’à complète disparition et dans le silence le plus total, par des tours aux corps translucides.

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Une tête décervelée. Un symbole ?

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Être indifférent à la foule. Le sentiment aussi d’être « presque seul ».

Ne croyez pas que j’ai la moindre déconsidération pour cette foule silencieuse. J’imagine tous ces actifs, salariés, employés, encore dans leurs rêves, dans la douceur de leur foyer, côtoyer sur les mêmes dalles et dans les mêmes courants d’air, le grand cadre ou le petit chef, qui tout à l’heure, dans le même bureau, affirmera sa supériorité hiérarchique. La plupart viennent de loin, et ont passé de longs moments inconfortables dans les transports en communs. Ceux là, on les reconnaît au livre qu’ils tiennent encore en main. Une manière enrichissante durant le trajet de ne pas voir le morne paysage de banlieue défiler à travers les fenêtres “cradingues” du métro ou du R.E.R.

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Le naturel en perdition.

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Au bout du chemin, une vue admirable sur le Parvis.

Des cyclistes ont trouvé des voies secrètes qui permettent d’accéder sans problème au Parvis et le traversent en tous sens aveuglés par l’obsession de leur arrivée. Et puis, parmi tout ce grouillement de petits êtres qui vont dans un sens et dans l’autre, en cherchant à ne jamais se télescoper, il y a des “Robinson”. Des solitaires, qui attendent. Quelques inquiets qui cherchent, qui tournent en rond, qui interpellent “un” parmi la masse sans obtenir la bonne réponse. Ils vont là, retournent, errent un peu et puis renoncent. Des isolés s’enfoncent dans de sombres passages souterrains comme pour se cacher de la lumière bleutée des tours qui les dominent ou…pour échapper peut-être aux nombreuses caméras qui scrutent en permance les agissements du petit peuple.

Une errance au milieu des tours.

Une errance au milieu des tours.

Il faut que je vous raconte…Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais, il m’est souvent arrivé d’imaginer l’existence d’un monde parallèle sous la dalle de la Défense. Je sens que ça vous fait…un peu sourire ! Et alors, les portes blindées cadenassées vous croyez qu’elles ouvrent sur quoi ? Un dédale de galeries techniques, des centaines de boyaux qui communiquent entre-eux, qu’il faut gravir par des échelons parfois glissants. Des kilomètres de tuyaux et de câbles assurent l’eau, le téléphone, l’électricité des milliers de bureaux, des commerces et serpentent dans les profondeurs. D’immenses souffleries posées dans des salles grandes comme des terrains de tennis, assurent le désenfumage des parkings. Il y a plus de 250 souffleries disséminées dans les sous-sols. Ça vous étonne ? Et pourtant, je vais à l’essentiel ! Continuez d’imaginer. Sous l’esplanade se trouvent de grandes cavités appelées “volumes résiduels”. C’est du vide non exploité ou presque. Dans l’une de ses cavernes modernes une ouverture laisse entrevoir le socle de la statue de Louis Ernest Barrias qui a donné son nom au quartier situé juste au-dessus, à l’air libre. Dans ces espaces, le temps a figé une épaisse poussière qui forme un tapis insonorisant des bruits extérieurs. Tous ces repaires interdits au public gardent dans leur profondeur de véritables trésors. Le Fonds International d’Art Contemporain possède un entrepôt de 4 500 mètres carrés où sont conservées près 20 000 œuvres d’art. Un autre volume abrite l’ancien atelier de 1 000 mètres carrés du plasticien Raymond Moretti. La sculpture monumentale d’un dragon de 30 mètres de long y est abandonnée. Par l’un des parkings des Quatre Temps, une trappe discrète ouvre sur une curiosité monumentale. Il s’agit d’une gare RER inachevée de 200 mètres que l’armée a utilisée quelques années comme centre d’entraînement au tir. (source Le Point.fr)

La descente vers une caverne urbaine ?

La descente vers une caverne urbaine ?

Alors, convaincus tout comme moi “qu’on ne sait rien sur tout” ! Et puis ces gens qui courent depuis ce matin vers leurs bureaux transparents, ont-ils connaissance de ce qui dort sous leurs pas. Tous ces gens que j’ai croisés ce matin, dont les visages se fondent peu à peu sous mes yeux dans une seule et même identité rêvent-ils d’un monde parallèle qui les ferait échapper à leur quotidien de surface. Peut-être ! En rangeant mon compact photo dans la poche je me sens finalement soulagé de ne plus faire partie de ce monde actif, un peu fou, et très flou. Courage ! Le temps du vieillissement, se nourrit d’humanité.

Tout est dans tout.

Une balade est comme un film qui se déroule en situation réelle. Sur le parcours on accumule un certain nombre de détails qui paraissent dissociés, sans lien entre eux. La ballade, c’est une bonne occasion pour faire quelques images. Saisir un bout de paysage ici, un morceau de route là. On peut se demander quelle relation ces images perçues et enregistrées, peuvent avoir avec un monde qui est en même temps passé et d’avenir. Quelles questions peuvent-elles éveiller en nous ? Et quelles réponses sous forme de légendes pourrions nous appliquer sous chacune des images ? Chacun apportera ses propres réponses, selon sa culture, son sentiment, ses connaissances. En tout cas aucune image n’est réellement silencieuse.

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Grande banlieue.
En semaine, les Franciliens consacrent en moyenne 82 minutes par jour à se déplacer
Sur l’ensemble des déplacements effectués quotidiennement par les Franciliens, 19 % le sont par des Parisiens, 37 % par des habitants de la petite couronne et 44 % par des habitants de la grande couronne. Les déplacements consacrés au travail représentent 40 % du temps que les Franciliens passent à se déplacer. Cumulés avec les études, c’est environ la moitié du temps de déplacement quotidien qui est absorbé par des déplacements contraints en termes d’horaire et de fréquence.

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Gros Moulu.
Je conserverai un mauvais souvenir de la campagne autour de Gros Moulu. Chemins défoncés, remplis d’eau, boue glissante et pentes abruptes. Pas âme qui vive en ce vendredi de novembre gris et froid. Dans le village, même pas un voilage qui se soulève pour dévisager un étranger qui cherche son chemin. Rien, même pas un chien. Le seul sur pattes encore dehors…c’était moi !

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Grosse tension.
La consommation d’énergie finale dans le monde en 2009 est de près de 8,4 milliards de tonnes d’équivalent pétrole Elle a augmenté de plus de 40% entre 1990 et 2008. Les autres estimations placent la consommation mondiale d’énergie à 12,2 milliards de tonnes équivalent pétrole. La consommation énergétique mondiale va exploser : on estime que les besoins énergétiques mondiaux vont représenter plus de 14 milliards de « tep » par an en 2020.

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Le grand chemin.
Un chemin d’exploitation est un chemin privé. Les propriétaires peuvent l’interdire au public. Dans ce cas, il leur est nécessaire de mettre à l’entrée du chemin un panneau « Interdit à tous véhicules sauf riverains ». Il peut être ouvert à la circulation publique sous réserve du consentement de tous les propriétaires desservis. Dans ce cas, les règles de la circulation publique s’appliquent. Les propriétaires dont les biens sont desservis par le chemin doivent contribuer aux travaux nécessaires à leur entretien et leur mise en état de viabilité. Leur responsabilité conjointe et solidaire peut être engagée en cas d’accident provoqué par un mauvais entretien du chemin.

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Gros dégueulasse.
Chaque année en France, un habitant produit 354 kg d’ordures ménagères. Les calculs sont réalisés par l’Ademe à partir des tonnages des poubelles des ménages (hors déchets verts) collectées par les collectivités locales. On peut aussi, comme le fait Eurostat afin d’effectuer des comparaisons internationales, évaluer la quantité de déchets municipaux par habitant. La quantité produite monte alors à 536 kg par an, et intègre en plus des déchets des ménages, ceux des collectivités et également une partie des déchets d’activités économiques.

Banlieue

On est souvent d’une banlieue avant dêtre d’un pays ou d’une région. Quelle que soit son implantation, une banlieue offre tout au long de la journée des visages assez similaires à la banlieue voisine. D’un point à un autre, on traverse ainsi différentes banlieues, parfois sans s’en rendre compte.
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Neige en hiver…et oui !

Fait rare, il a neigé en région parisienne.ssj-neige-01
Toujours espérée par certains, redoutée par beaucoup d’autres, la neige quelle que soit son épaisseur provoque la paralysie de la ville. On le sait, le parisien ne sait rien faire sans sa voiture et encore moins rouler sous la pluie, la neige ou le verglas. Alors, pendant quelques heures, les « caisses » se sont accrochées aux trottoirs ou sont restées couchées dans leurs niches chauffées. Les rideaux de fer sont descendus, les caddies abandonnés au froid de 20 heures, . Quelques voitures portent encore les stigmates du passage des enfants, qui faisant un bonhomme de neige, qui bombardant les passants, ont regagné le nid douillet avant la froidure de la nuit. ssj-neige-02
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Max dans son costume d’indien resplendit de toutes ses couleurs en continuant de faire sa promotion pour des voyageurs qui ont depuis bien longtemps déserté la station.

Saleté de temps

Par le temps qu’il fait, je n’aurais jamais mis un pied dehors sans avoir une bonne raison. Même pour un chien… que je n’ai pas d’ailleurs ! Je l’aurai laissé faire un tour sur la pelouse autour de l’immeuble, puis sifflé pour «me» rentrer rapidement. Alors, quelle idée de sortir avec un appareil photo, tout ça pour vous balancer quelques images de l’humidité ambiante. J’ai fait de grosses flaques sur le parquet en rentrant… alors ma femme comme à chaque fois, m’a lancé d’un air de reproche :
— Mais qu’est-ce que tu faisais dehors sous cette pluie ?
J’ai rien dit. J’ai déguerpi dépouiller mes images dans mon bureau. Ma femme ne comprend rien à la photo !
(Cette série de photos fait partie du travail du Collectif Regard-Perdu sur le thème Dimanche 20 heures.)

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Conflans Sainte Honorine

L’hiver a ceci de particulier, c’est que les conditions météo si différentes d’un jour à l’autre, créent des ambiances lumineuses et colorées qui sont un vrai régal pour les yeux.

Conflans Sainte Honorine est une ville construite au confluent de la Seine et de l’Oise. Grâce à l’avènement industriel du 19 ème siècle, la ville connait un formidable essor. Une chaîne de touage est mise en place entre Conflans et Paris en 1855. Cela permet la remontée des péniches sur la capitale alors en plein développement urbain. Le touage sur la Seine entre Conflans et Paris, fonctionnera jusqu’en 1931. Les péniches céderont peu à peu leur place aux remorqueurs.
L’activité batelière est aujourd’hui moins dense. La ville n’en est pas moins la capitale de la batellerie et célèbre tous les ans au mois de juin la fête du « Pardon national de la batellerie ».

Chaîne de touage : une chaîne métallique, fixée à ses deux extrémités, est immergée dans le cours d’eau. Le bateau-treuil, le toueur, équipé d’un moteur à vapeur, s’agrippe à cette chaîne et peut tracter un train d’une quinzaine de péniches : les péniches vides sont placées près du toueur, tandis que celles qui sont chargées restent à l’arrière pour rigidifier l’ensemble.

Cirque Zavatta.

Le mercredi, c’est le jour des enfants. Pour moi, c’est aussi le jour ou je m’occupe de ma petite fille « of course ». C’est le jour des promenades en forêt, de la visite aux canards de l’étang du coin, de la pâte à modeler, des déguisements et tant d’autres activités que seuls les enfants nous permettent de revivre.

Les animaux campent sous les fenêtres des caravanes.


Mais aujourd’hui, ça sera le « Cirque ». J’ai toujours eu un sentiment mitigé envers le cirque. Combien de cirques se sont installés sur les places des petites villes à grand renfort de publicité diffusée par hauts parleurs. Combien de fois avons nous vu des animaux malheureux, crottés, apathiques reliés à une chaîne qu’ils semblent avoir du mal à traîner derrière eux. Deux ou trois chevaux, quelques chèvres, des lamas sont plantés là, presque oubliés sur le bitume d’un parking ou sur un bout de pelouse au milieu d’une cité grisâtre. Il est très difficile de reconnaître les bons cirques des mauvais. Beaucoup se réclament de telle ou telle enseigne au grand nom, sans en garantir réellement la qualité.

Le rouge et le jaune des couleurs du cirque Lydia Zavatta.

L’immense chapiteau pointe ses oreilles.

Malgré mes réticences, je me suis donc laissé embarquer pour le cirque Lydia Zavatta (c’est la fille du célèbre Achille Zavatta). De nombreux cirques portent le nom de Zavatta. Ce ne sont semble t-il que des loueurs d’enseignes. Le cirque Lydia Zavatta est par filiation directe le cirque à l’ancienne – le vrai –, avec grands fauves, cavalerie, numéros aériens, clowns etc…

Posez vous la question, chameau ou dromadaire?

Un œil affectueux qui ne voulait pas me lâcher.

La ménagerie est ouverte à tous, et j’ai pu constater combien les animaux paraissent sains et bien entretenus. Les animaux qui ont subi des violences, fuient l’homme. Ici, point de maltraitance ils sont calmes et sont venus vers moi, pour se faire caresser. Les cages des fauves sont dans un état de très grande propreté. Nickel chrome ! Ça ne sent pas mauvais, tout semble parfaitement organisé. Les camions semis remorques sont gigantesques et je ne vous parle même pas des luxueuses semis caravanes.

Watusi, en quelque sorte notre vache en Afrique subsaharienne.

Les cages sont nettoyées tous les jours.

Le tigre blanc

Le tigre blanc

Des camions beaux…comme des camions!

Le chapiteau était presque plein. Beaucoup d’enfants. Peu d’adultes, mais 2 ou 3 classes avec des accompagnants. J’ai beaucoup regretté l’ambiance côté spectateurs. Monsieur Loyal faisait tout pour dynamiser un public plutôt éteint. Le clown s’agitait comme un ressort pour déclencher quelques rires. Le spectacle était de qualité, bien rythmé. Les artistes enchaînaient leurs numéros avec talent et gaieté, mais les spectateurs étaient amorphes. Les petits enfants ne sont pas habitués à applaudir. Ils ne savant pas souvent comment se comporter…surtout si le cirque est pour eux une découverte. Il faut leur apprendre à apprécier, les iniitier.
Alors, que « foutaient » ces accompagnants qui avaient placé les petits en rang d’oignons dans les gradins et discutaient entre eux. Ne pouvaient-ils pas stimuler les enfants, applaudir pour leur montrer l’exemple. J’ai cru être en présence d’un public soit « blasé », soit « lobotomisé ». À moins que surpris par le spectacle, ils en demeuraient bouche-bée. Parfois, quand c’est trop beau on en reste « baba ». C’est ce malaise qui m’a un peu chagriné. J’en étais géné pourles artistes sur la piste. J’avais beau applaudir deux fois plus fort pour montrer mon admiration, je n’entraînais pas grand monde. Monsieur Loyal non plus ne s’y est pas trompé. Entre 2 numéros, il a lâché : « Allez, les Parisiens, il va falloir être un peu plus dynamiques. Nous venons du Nord de la France, et il y avait une ambiance formidable ! »

En introduisant les plus jeunes de la troupe Zavatta, ça  s’est mis à bouillonner, à crier, à danser et à chanter sur la piste. Les spectateurs ont suivi, sutout les enfants sur les gradins. C’était enfin gagné. Mais j’ai trouvé que le public était difficile ce jour là !

J’ai été particulièrement surpris par le fait que les photos du spectacle n’étaient pas interdites (sauf photos au flash toujours gênantes pour les artistes et les animaux). Hélas, je n’avais pas le mien. C’est bien connu…on n’a jamais le bon outil au bon moment ! C’est rare de pourvoir photographier un spectacle. Il faut donc signaler cette bonne initiative. Celà m’a incité à revisiter la ménagerie le lendemain pour faire quelques prises de vues.

Les chats acrobates au repos, s’amusent comme n’importe quels chats.

Steeve Caplot, plus à l’aise avec les fauves qu’avec les radiateurs.

J’ai apprécié particulièrement la disponibilité de Steeve Caplot (le dompteur) avec lequel j’ai pu discuter un peu du cirque (entre la réparation de son radiateur et la vérification des cages des tigres). J’ai goûté à la liberté de circulation dans tout l’espace du cirque.

À l’heure des jeux vidéos ou les héros renaissent après chaque partie et réussissent toutes leurs missions, au cirque, il existe des gens qui travaillent dur pour pérenniser leur art, tombent et se font mal s’ils faiblissent car contrairement aux héros ils ne sont pas d’acier inoxydable. Pour que se perpétue cette magie, il convient de bien accueillir ces hommes ces femmes et ces enfants qui forment la maison du cirque qui telle un vaisseau intergalactique au couleurs flamboyantes, se pose parfois en une nuit dans nos villes, nos campagnes pour notre plus grand plaisir.

J’espère que cette première approche en images, ne sera pas la dernière, le cirque est trop riche en symboles pour s’en contenter.
(Une dernière chose, si vous visitez la ménagerie, méfiez-vous des oies…elles sont pires que les fauves. Elles attaquent tout ce qui les approche.)

Pêcheurs écolos.

Ce matin, le soleil avait du mal à se lever. Il faisait gris, un peu froid, le jour peinait  à s’habiller de lumière. Et puis discrètement une lueur est apparue, déposant un voile légèrement ocré sur tout le décor.

Il vous est déjà arrivé de vous promener le long d’un étang ou barbotent quelques canards et quelques cygnes. Vous avez dû remarquer qu’il y a toujours un cygne plus téméraire que les autres qui vous suit à distance. Et pour peu que vous ouvriez votre sac pour en extraire un peu de pain, vous devenez l’objet de toute son attention. Et lui (le cygne) il était là ce matin pour ma promenade. Méfiant tout d’abord, il est resté à bonne distance de la berge. Puis petit bout de pain par petit bout de pain, lancés de plus en plus proche du bord, il s’est avancé majestueux. Nous sommes restés silencieux, surtout lui, durant toute sa collation. Mieux vaut ne rien dire, profiter de l’aubaine et ne pas trop s’ébattre au risque d’attirer les « copains ». Et puis au bout d’une demi-heure, il est parti sans un regret, en silence, me laissant là avec mon sac vide. Finalement je ne sais pas ce que vous en pensez, mais les cygnes ne sont pas très sympathiques.

Trois pas plus loin, je pensais rencontrer des pêcheurs. Oui, il y a aussi toujours quelques pêcheurs au bord des étangs. Ils suivent les berges, un peu comme les cygnes. Les postes étaient déserts. Je n’ai trouvé que débris et déchets. J’ai tout de suite pensé à un drame, à une agression. Peut-être l’assassinat d’un pêcheur ! Oui, j’ai tendance à tout dramatiser très vite. Plus loin en cheminant j’ai découvert d’autres restes. Des reliques en quelque sorte. J’ai finalement compris que pour quelques uns, la nature pouvait servir tout naturellement de dépotoir. Parvenu à la bonne conclusion, je m’en suis retourné soulagé tout en pensant que si les cygnes ne sont pas très sympathiques avec la main qui les nourrit, certains pêcheurs ne sont pas très reconnaissants à la nature qui leur procure du plaisir. Marie, priez pour eux « pauvres pêcheurs ».

 

Aincourt.

Aincourt est un petit village tranquille du Val d’Oise juché sur une colline, adossé à une forêt et entouré de terres cultivées. Rien ne saurait le distinguer d’un autre village du Vexin Français, si ce n’est la présence de l’ancien centre hospitalier de la Bucaille.

Dans les années 20, la tuberculose pulmonaire est en recrudescence. En France, 10 000 tuberculeux en meurent chaque année et en 1929, 700 000 personnes en sont atteintes. En 1930 sur l’initiative conjuguée du conseil général de la Seine et Oise (aujourd’hui le Val d’Oise), et du préfet, un vaste complexe hospitalier est envisagé.
Édouard Crevel et Paul-Jean Decaux architectes, remportent le concours en proposant un projet innovant et ambitieux.

La « Maison de la Cure » sur la colline de la Bucaille est lancée.

Commencés en avril 1931, les travaux s’achèvent en juillet 1933. L’ensemble voit le jour en un temps record et s’impose comme l’un des plus grands et des plus remarquables sanatoriums du XXe siècle.


Trois pavillons sont construits, celui des hommes, celui des femmes et celui des enfants au sein d’un parc de 73 hectares. Pour améliorer la qualité de l’air une forêt de pins des Vosges est plantée afin de recréer les conditions climatiques de la moyenne montagne. Par leur implantation et leurs proportions grandioses, les 3 pavillons semblent voguer tels des paquebots sur une mer de feuillages. Les meilleurs ouvriers et spécialistes sont appelés sur le site. L’ensemble des bâtiments est réalisé en béton armé, crépi à l’extérieur. L’orientation sud-est apporte à chaque pavillon des conditions lumineuses et d’ensoleillement jamais atteintes à cette époque pour des sanatoriums.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1934, 150 hommes, 141 femmes et 127 enfants sont hospitalisés.
En 1936, le centre hospitalier compte 430 patients.
En 1939, le pavillon des enfants est définitivement fermé.

En pleine zone de conflit, le sanatorium d’Aincourt est contraint en juin 1940 d’évacuer ses malades et de fermer ses portes. Disséminés dans différentes régions, de nombreux patients trouvent notamment refuge dans des centres de cure en Bretagne.

Aincourt devient un camp d’internement

En octobre 1940, le pavillon Bonnefoy-Sibour (pavillon des hommes) est réquisitionné par les autorités militaires d’occupation. Le centre hospitalier d’Aincourt devient dès lors le premier Camp d’Internement Administratif de la Zone Nord.

La transformation du centre hospitalier en camp de concentration de transit, est le résultat zélé de la collaboration du gouvernement de Vichy avec l’Allemagne nazie. Aincourt emprisonnera plus de 1500 personnes pendant 2 ans à peine (du 5 octobre 1940 au 15 septembre 1942). Résistants, suspects de tous ordres, juifs, communistes considérés comme « dangereux pour la sécurité publique », seront pour la plupart soit fusillés, soit déportés dans les camps de concentration nazis.
Après la seconde guerre mondiale, Aincourt redeviendra un sanatorium puis « Centre Hospitalier Départemental du Vexin ». Mais les normes hospitalières et les considérations économiques ont bien évoluées. Deux des trois bâtiments (le pavillon Edmond Vian et Adrien Bonnefoy Sibour) sont respectivment fermés en 1988 et 2001.

Un seul bâtiment, celui des enfants sera agrandi, rénové et maintenu en activité.

Le site et ses bâtiments aujourd’hui

Mon intention est avant tout de rendre compte en images de l’état actuel du site d’Aincourt. Il est profondément désolant de découvrir ces grands « vaisseaux » de béton dresser encore fièrement leur silhouette et offrir leur ossature à toutes sortes d’outrages.
Le pillage des lieux à été fait depuis bien longtemps et il ne reste plus rien aujourd’hui qui puisse susciter la convoitise ou offrir le moindre intérêt.
Le vandalisme a pris la relève et c’est sans doute là que se manifeste le plus visiblement la disparition des « paquebots ».


Sur les images on peut apprécier la frénésie qui anime les casseurs. Rien ne saurait survivre à leur passage. Ce qui est déjà détruit doit être réduit en poussière de plus belle manière, encore et encore, avec une rare violence.


Tags, parfois réalisés avec talent, séances de paintball, incendies (les pompiers ont utilisé le bâtiment Edmond Vian pour des exercices), il semble que tout soit fait pour effacer la mémoire des lieux.

Le scandale d’Aincourt résulte d’un « non-choix ». Destruction totale des bâtiments, réhabilitation, musée souvenir…avis et partis-pris ne manquent pas de s’exprimer sur le sujet et de parfois de façon bien animée.

Certains prétendront qu’une simple plaque commémorative suffit (une stèle fut érigée sur le site en 1994). En tout état de cause, on ne peut qu’avoir le cœur serré en découvrant ces bâtiments qui n’en finissent pas d’agoniser. Ceux qui ont souffert dans leurs murs ne tenteraient t-ils pas, à travers ce long crépuscule, de vouloir retenir encore un peu notre attention.