Musée Mendjiski

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Par dépit, faute de pouvoir visiter “Rembrandt Intime” au musée Jacquemart-André (vu le monde, l’intimité n’était pas au rendez-vous), et après avoir cherché une exposition ouverte et facilement accessible un lundi, je me suis rendu compte combien tous ces établissements avaient réussi à compliquer la vie des visiteurs. Vous n’avez pas remarqué ! Ils se sont tous donné le mot pour brouiller leurs jours d’ouverture. Certains musées sont fermé le lundi, d’autres le mardi, d’autres le jeudi. D’autres, plus rarement, sont ouvert tous les jours. Et puis, il faut désormais prendre rendez-vous, pour visiter son expo. Tel jour et à telle heure ! Prendre son billet à l’avance, son ticket de passage pour faire la queue comme pour acheter un bifteck au rayon viande…chez Leclerc. mendjiski-01

À force de chercher et un peu désespéré, je me suis tourné vers le petit musée Mendjiski, que je ne connaissais même pas de nom (ouvert en 2014 seulement). Le musée des Écoles de Paris. Le terme “École” désigne l’ensemble des artistes étrangers arrivés au début du XXe siècle dans la capitale, à la recherche de débouchés artistiques. De 1900 au début de la Première Guerre Mondiale, un afflux d’artistes arrive à Paris provenant souvent d’Europe centrale. La première école regroupe les artistes de 1912 à 1939. La deuxième école de Paris débute en 1945 jusqu’en 1960. C’est d’avantage un regroupement géographique que stylistique dont font partie, pour les plus connus, Pierre Alechinsky, Camille Bryen, Bernard Buffet, François Desnoyer, Jean Fautrier ou Simon Hantaï. 
L’exposition en cours s’intitule “Les insoumis de l’art moderne, Paris les années 50”. Les insoumis, ce sont des jeunes peintres épris d’humanité, qui se sont battus tout comme Francis Bacon, Balthus, Lucian Freud, Edward Hopper ou Giorgio Morandi pour imposer une figuration que la modernité voulait à jamais dissoudre. Je vous avouerai que l’événement n’est pas majeur et la douzaine d’artistes présentés ne représentait pas grand chose pour moi (à part Paul Rebeyrolle et l’éternel Bernard Buffet dont l’œuvre me laisse totalement indifférent). Par contre, j’ai adoré le musée qui était à l’origine l’atelier de Louis Barillet un grand maître verrier. C’est l’architecte Robert Mallet-Stevens qui a édifié le bâtiment en 1932. L’atelier transformé aujourd’hui en musée, offre quatre niveaux d’exposition. La pièce la plus impressionnante se situe au quatrième niveau. Elle est inondée de lumière par une grande verrière et possède une superbe mezzanine. Une architecture qui voulait aussi proclamer à l’époque la réussite sociale de son propriétaire. La maison se situe au fond d’une impasse privée et arborée dont il ne faut pas rater l’entrée tant le cadre est intimiste.
Si vous n’êtes pas féru d’art des années cinquante, ne vous précipitez pas pour l’expo en cours (jusqu’au 31 décembre 2016)…allez-y pour le bâtiment, pour changer d’univers dans un tout petit coin du 15ème arrondissement. Allez-y enfin pour comprendre ce qu’est un atelier de rêve…sans doute inaccessible et irréalisable aujourd’hui à Paris.

Musée Mendjiski
15 square de Vergennes – Paris 15ème
(Entrée sous le porche à hauteur du 279 rue de Vaugirard)

Femmes artistes

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Suzanne Valadon
(1865-1938)
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Fille naturelle d’une blanchisseuse, Suzanne Valadon devient acrobate de cirque en 1880, jusqu’à ce qu’une chute mette fin prématurément à cette activité. Dans le quartier de Montmartre où elle est établie avec sa mère elle a la possibilité de s’initier à l’art.
Elle devient le modèle de nombreux peintres, les observant en posant et apprenant ainsi leurs techniques. Elle est le modèle de Pierre Puvis de Chavannes, Pierre-Auguste Renoir, ou encore Henri de Toulouse-Lautrec, nouant des relations avec certains.1-valadon art
Edgar Degas remarque les lignes vives de ses dessins et peintures et encourage ses efforts. Elle connaît de son vivant le succès et réussit à se mettre à l’abri des difficultés financières de sa jeunesse, pourvoyant aux besoins de son fils, qui prendra plus tard le nom d’Utrillo. Suzanne Valadon peint des natures mortes, des bouquets et des paysages remarquables par la force de leur composition et leurs couleurs vibrantes. Elle est aussi connue pour ses nus. Ses premières expositions au début des années 1890 comportent principalement des portraits, parmi lesquels celui d’Erik Satie avec qui elle a une relation en 1893. En 1894, Suzanne Valadon est la première femme admise à la Société nationale des beaux-arts.
Son mariage, en 1896, avec un agent de change, prend fin en 1909. Suzanne quitte son mari pour le peintre André Utter. Cette union, houleuse, dure près de trente ans. À la fin de sa vie, Suzanne Valadon se lie d’amitié avec le peintre Gazi le Tatar et, poussée par cette rencontre, se remet à peindre.
Suzanne Valadon meurt le 7 avril 1938, entourée de ses amis peintres André Derain, Pablo Picasso et Georges Braque, et est enterrée au cimetière parisien de Saint-Ouen.

Marie Laurencin
(1883-1956)
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Marie Laurencin est une peintre française, portraitiste, illustratrice, graveuse et poétesse. Désireuse de devenir peintre sur porcelaine, elle s’inscrit à l’école de Sèvres et à l’académie Humbert où elle suit des cours de dessin et de gravure avec talent, notamment aux côtés de Francis Picabia et de Georges Braque, ce dernier lui faisant rencontrer en 1906 Pierre Roché qui devient alors son amant et mécène.
En 1907, Marie Laurencin réalise sa première exposition et participe au salon des Indépendants. Elle rencontre Picasso qui lui présente Guillaume Apollinaire avec qui elle mène un amour passionné jusqu’en 1912. Elle vit alors en femme libre pour l’époque, entretient de nombreuses relations.
En 1913 ses tableaux se vendent hors de France et elle expose aux côtés de Marcel Duchamp à l’Armory Show de New York. Marie Laurencin se marie en 1914 au baron allemand Otto von Wätjen, mais la Première Guerre mondiale les pousse à s’exiler en Espagne jusqu’en 1919.2-laurencin art
En 1921, le couple revient à Paris et divorce la même année. Malgré un cancer de l’estomac en 1923, elle mène une carrière très prolifique et devient une artiste reconnue, réalisant de nombreuses illustrations pour Gide et Lewis Caroll par exemple, mais aussi des décors pour des ballets comme « Les biches ».
Alors que Marie Laurencin est consacrée en recevant la Légion d’honneur en 1935 et en présentant 16 de ses oeuvres lors de l’exposition universelle de 1937, la Seconde Guerre mondiale éclate. Elle continue toutefois ses portraits durant cette dure période et publie en 1942 « Le carnet des nuits ». Sa santé se fait alors plus fragile.
A partir de 1945, Marie Laurencin s’affaiblit, mais continue de réaliser plusieurs oeuvres entre différentes retraites. Elle décède en 1956 d’une crise cardiaque.

Louise Bourgeois
(1911-2010)
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Ses parents étaient restaurateurs de tapisseries anciennes. Dès l’âge de dix ans, elle commençe à aider ses parents pour les dessins des tapisseries.
En 1982, elle publiera dans le magazine d’art américain Artforum un récit illustré de photographies de son enfance et intitulé « Child’s Abuse », dont l’esthétique est proche de celle des revues surréalistes des années 1930. Elle évoque dans ce texte un épisode devenu fondateur dans la critique qui se déploie autour de son œuvre. Au cours de son adolescence, sa jeune nounou anglaise est la maîtresse de son père et sa mère ferme les yeux sur cette relation.
Pour exprimer des tensions familiales insupportables, il fallait que son anxiété s’exerce sur des formes qu’elle pouvait changer, détruire et reconstruire. Elle commence des études d’art à Paris, d’abord à l’École des beaux-arts, puis dans de nombreuses académies, ainsi qu’à l’École du Louvre. Elle a comme professeurs des artistes comme Paul Colin, Cassandre ou bien encore Fernand Léger.
En 1937, elle rencontre l’historien d’art américain Robert Goldwater. Elle l’épouse et s’installe avec lui à New York dès l’année suivante. C’est là qu’elle entre en relation avec le milieu des surréalistes, dont la plupart ont quitté la France pour les États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale et présente sa première exposition personnelle en 1945.
Elle meurt le 31 mai 2010, à l’âge de 98 ans.3-bourgeois art
Louise Bourgeois a travaillé particulièrement sur les thèmes de l’universalité, des relations entre les êtres, de l’amour et de la frustration entre des amants ou les membres d’une même famille, ainsi que l’érotisme.
Depuis ses premiers dessins, peintures et gravures, son œuvre se centre sur le sujet de la procréation, de la naissance et de la maternité, sous la forme de “femmes-maisons”, mêlant le corps à l’architecture, l’organique au géométrique, buste en brique, maison à colonnes sur les épaules, cage thoracique en forme d’escaliers et de portes. Le fil rouge de son œuvre est le phallus (le père), qu’elle baptise “fillette” et l’araignée (la mère). L’araignée représente la mère, “parce que ma meilleure amie était ma mère, et qu’elle était aussi intelligente, patiente, propre et utile, raisonnable, indispensable qu’une araignée”. L’araignée est pour elle le symbole des tapisseries que réparait sa mère (toile de l’araignée) et de tout ce qui s’y rapporte,aiguilles, fils…

Tamara de Lempicka 
(1898-1980)
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Tamara de Lempicka est née Maria Gorska le 16 mai 1898, à Varsovie, en Pologne. Elle est la peintre polonaise la plus célèbre de la période Art déco. Brillante, belle et audacieuse, inclassable, mystérieuse et contradictoire, elle a fait de sa vie une succession de mises en scène très élaborées. Fille de Boris Gorski, un juif russe, et d’une mère polonaise, son enfance se passe dans un milieu aisé et cultivé entre Saint-Pétersbourg, Varsovie et Lausanne. En 1914, elle est retenue par la guerre à Saint-Pétersbourg où elle s’inscrit à l’académie des Beaux-Arts. Elle épouse Tadeusz Lempicki, un jeune avocat polonais en 1916. La Révolution d’octobre bouleverse sa vie et après un détour par Copenhague, elle gagne Paris. Tamara commence alors avec beaucoup de ténacité une carrière de peintre. 4-lempicka art
En 1920, à l’Académie Ranson, elle reçoit l’enseignement de Maurice Denis et à l’Académie de la Grande Chaumière celle d’André Lhote. C’est là qu’elle forge petit à petit son style qui, dans une synthèse inattendue de l’art maniériste de la Renaissance et du néo-cubisme, va coller parfaitement à son époque. L’envol de sa carrière coïncide avec sa première exposition personnelle à Milan en 1925.
En 1929, appelée par Rufus Bush, un riche américain qui lui a commandé le portrait de sa fiancée, Tamara fait son premier voyage à New York. Outre le portrait de commande, elle exécutera sur place plusieurs tableaux, dont d’intéressantes études de gratte-ciel. Elle expose simultanément en Pologne, à Paris et aux États-Unis.
Fuyant les menaces de guerre, elle s’installe aux États-Unis en 1939 où elle fait trois expositions à New York et à San Francisco chez Paul Rheinardt et chez Julien Levy. Après-guerre, son œuvre tombe dans un profond oubli jusqu’à ce que la redécouverte de l’Art déco, dans les années 1970, fasse ressurgir son nom.

Frida Kahlo
(1907-1954)
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Frida Khalo est l’une des plus grandes figures de l’art mexicain du XXe siècle. Auteur de plusieurs centaines de tableaux, dont de nombreux autoportraits, elle est célèbre pour ses toiles réalistes, qui sont le reflet de ses passions et sa souffrance, mais aussi du Mexique. Elle entre en école préparatoire en 1922 et souhaite étudier la médecine. Mais, en 1925, un accident de bus la laisse gravement blessée, notamment aux jambes et à la colonne vertébrale. Elle doit rester de longs mois alitée et porter des corsets. Pour pallier ce manque d’activité, Frida commence à peindre et sa mère lui installe un miroir au-dessus de son lit. C’est ainsi qu’elle commence à réaliser ses célèbres autoportraits, notamment l' »Autoportrait à la robe de velours », en 1926. 5-kahlo art
En 1928, ayant recouvré presque toute sa mobilité, Frida Khalo s’inscrit au Parti communiste. Cette même année, elle rencontre le peintre très connu Diego Rivera et lui montre quelques-uns de ses tableaux. C’est le début d’une histoire d’amour tumultueuse. En 1929, ils se marient et s’installent l’année suivante à San Francisco, où Frida rencontre de nombreux artistes. Mais elle subit deux fausses couches en 1930 et 1932.
En 1938, Frida Khalo rencontre André Breton à Mexico. Grâce à lui, cette même année, elle peut exposer ses oeuvres dans la galerie de Julien Levy, à New York. Elle vend de nombreux tableaux. En 1953, une première exposition de son oeuvre est organisée à Mexico. Mais durant l’été, on doit lui amputer la jambe droite.
Elle meurt en 1954 à 47 ans et laisse des oeuvres importantes telles que « Quelques petites piqûres »(1935), ou encore « La Colonne brisée » (1944).

(Source des textes Internet)

Portraits d’artistes

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Auguste Renoir
(1841-1919)
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Auguste Renoir privilégie les portraits et les nus, influencé notamment par les tableaux d’Eugène Delacroix. Il s’inspire aussi tout au long de sa carrière des oeuvres de Raphaël, de Fragonard, de Courbet et de Manet. Il compte parmi les plus grands représentants du mouvement impressionniste français. Renoir commence comme apprenti dans un atelier de porcelaine. En 1862 à l’école des Beaux-Arts de Paris, il côtoie de grands noms comme Monet, Bazille et Sisley, avec qui il se lie d’amitié. Dès la fin des années 1860, il peint régulièrement en plein air, dans la forêt de Fontainebleau. Cette habitude marque particulièrement son style et ses sujets.
renoir-8-bis C’est en 1877, alors qu’il expose depuis plusieurs années déjà au salon des impressionnistes, qu’il réalise son célèbre tableau « Le Bal du moulin de la Galette ». Après une période de pauvreté, il revient petit à petit vers le portrait et connaît un immense succès en réalisant le « Déjeuner des canotiers ». En 1890, trois ans après les « Grandes Baigneuses », il épouse Aline Charigot. Il est atteint pour la première fois, en 1898, de rhumatismes aigus, maladie qui sera le calvaire de la fin de sa vie. De 1905 à 1909, sa maladie s’aggrave et il décide de se fixer définitivement dans le Midi. Il poursuit inlassablement son travail, ne pouvant plus peindre qu’en faisant attacher les pinceaux à ses poignets. Il meurt en 1919, reconnu et comblé. Il est le père de cinq enfants, dont Jean Renoir, célèbre réalisateur et scénariste français.

 Henri de Toulouse-Lautrec
(1864-1901)lautrecConsidéré comme l’une des sources du mouvement expressionniste, on ne peut saisir la violence d’expression de l’art de Toulouse-Lautrec sans tenir compte de sa vie, entièrement commandée par son infirmité.
Deux fractures des jambes le laissent infirme, il a quatorze ans, il ne grandira plus. Ce drame fait naître en lui le besoin d’expression d’une violence qui constituera son art. Très doué pour le dessin, il reçoit les conseils du peintre animalier René Princeteau et commence par peindre des scènes hippiques et militaires.lautrec-2-bis
Arrivé à Paris en 1882, il rencontre Émile Bernard et Van Gogh, avec lequel il se lie. Montmartre dont le monde le fascine, le voit des nuits entières au Moulin Rouge, au Moulin de la Galette, au Mirliton (le cabaret d’Aristide Bruant), crayonnant les silhouettes de la Goulue, de Jeanne Avril ou de Valentin le Désossé.
Toulouse-Lautrec ne trouve pas seulement son inspiration au cabaret, mais aussi au champ de course, dans les maisons closes, au palais de Justice et dans les hôpitaux.
L’alcoolisme et la syphilis viennent à bout de sa santé fragile en 1901, date à laquelle il se trouve paralysé. Il meurt le 9 septembre 1901 à l’âge de 37 ans et laisse inachevée sa dernière composition.

Eugène Delacroix
(1798-1863)delacroix

Eugène Delacroix est un peintre français de la première moitié du XIXe siècle, considéré comme l’un des précurseurs du mouvement romantique. Portraitiste, peintre d’Histoire et de natures mortes, paysagiste et animalier, Eugène Delacroix se veut être l’égal des grands maîtres qui firent de la peinture une encyclopédie de l’homme et de la nature. De Pierre Guérin son professeur aux Beaux-Arts, il reçoit un enseignement classique. Pour compléter sa formation, il demande à Rubens, aux vénitiens, à Constable de lui enseigner les principes de l’expression par la richesse de la couleur et de la résonnance des ombres. delacroix-5-bisUn voyage au Maroc lui révèle l’Orient en 1832. dans ses œuvres de jeunesse, la composition tourbillonnante qui traverse le tableau n’obéit à d’autre loi que celle de la vie, et l’intensité dramatique ne recule pas devant l’outrance des moyens. À l’âge mûr cependant il tend à intégrer l’expressionnisme romantique dans l’art réglé des classiques. Ces tendances l’amènent à demander des inspirations à la culture antique dans ses grandes décorations des Bibliothèques du Sénat, de la Chambre des députés et du Louvre. La chapelle des Saints-Anges, peinte à Saint-Sulpice est son testament artistique et philosophique.


Pierre Bonnard

(1867-1947)
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La personnalité de Bonnard s’est façonnée entre la fin de l’impressionnisme, le mouvement nabi dont il est l’un des principaux artisans, pour ensuite s’affranchir de tout courant artistique et de toute convention développant une image très personnelle. Il se fait remarquer en 1905 au salon d’Automne de Paris, par l’exubérance de sa peinture, à la manière des fauves et dans la lignée de Gauguin. En 1926, il acquiert sa villa au Cannet (Alpes maritimes) et voyage de moins en moins. Sa femme lui sert de modèle ainsi que tous les paysages qui l’entourent. L’entrée en guerre l’affecta, mais il sut garder la peinture en exutoire. Elle acquit une gravité nouvelle, même extrêmement lumineuse.bonnard-6-bis
En 1942, il perd sa femme Marthe, très affecté, il vit alors solitaire. Cet évènement sera un tournant dans son œuvre, elle devient alors empreinte de tristesse. Il décède au Cannet le 23/01/1947 chez lui.
Sa mort aura été comme sa vie, d’une discrétion exemplaire. Le monde peint par Bonnard a quelque chose d’originel, de pur : couleurs chatoyantes et immaculées, beauté primitive des formes, comme si la civilisation et le mal n’avaient pas encore sali le monde. On retiendra de pierre Bonnard des tableaux empreints de vie à l’image de l’Amandier en fleur (1946), son dernier tableau.
Sous une apparence de tranquille simplicité, l’oeuvre de Bonnard se révèle complexe, pleine de nuances et comme détachée du temps.

Auguste Rodin
(1840-1917)
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C’est le sculpteur à l’origine de la sculpture moderne. En 1857, il tente le concours d’entrée pour l’Ecole des Beaux-Arts, soutenu par ses professeurs qui ne tarissent pas d’éloges quant à son talent. Il réussit l’épreuve de dessin, mais échoue à plusieurs reprises pour celle de la sculpture. Afin de pouvoir vivre, il travaille et apporte ses services dans des ateliers de sculpteurs.
Il rencontre en 1864 une jeune ouvrière couturière, Rose Beuret, qui lui sert de modèle. Pendant plus de 50 ans, Auguste Rodin partagera sa vie avec Rose, mais ne l’épousera qu’en 1917, peu de temps avant leur mort à tous les deux. Auguste Rodin a eu plusieurs relations en parallèle, la plus connue étant celle qu’il a entretenue avec Camille Claudel, qu’il rencontre en 1883. Leur relation artistique et amoureuse dure plus de 10 ans. Son amour passionnel pour le sculpteur se termine dans un internat psychiatrique, dans lequel elle meurt en 1943.rodin-4-bis
Rodin illustre les Fleurs du mal de Baudelaire en 1887, est sélectionné pour l’Exposition universelle de Paris en 1889 avec Le Baiser, est fait Commandeur de la Légion d’honneur en 1903. Il devient membre fondateur de la société nationale des Beaux-Arts et réalise le monument en hommage à Victor Hugo pour le Panthéon de Paris. Claude Monet et Paul Cézanne sont ses plus proches amis et collaborateurs. En 1906, l’une de ses plus célèbres œuvres, Le Penseur, est installée devant le Panthéon. En 1910, Rodin est nommé Grand officier de la Légion d’honneur. Malgré un état de santé peu avantageux, le sculpteur reçoit plusieurs commandes, comme celle d’un monument à la mémoire des combattants de Verdun. Il finit ses jours à Meudon, le 17 novembre 1917 dans la Villa des Brillants. Rodin y est enterré auprès de Rose Beuret.

(Source des textes Internet)

Imprimerie Idem Paris

On m’a dit, « tu verras, l’atelier est exceptionnel, tout à fait dans l’esprit des entreprises du 19 ème siècle ». 

L’accès à l’imprimerie est pourtant bien banal. Il faut être averti et lever les yeux vers le ciel à l’entrée du passage pour remarquer un fronteau noir et lettres d’or qui signale « E. Dufrenoy. Imprimeur – Lithographe ». Le 49 rue du Montparnasse ne paie pas de mine, coincé entre deux crèperies, j’hésite presque. Est-ce bien là ce lieu mythique dont on m’a tant vanté l’atmosphère authentique. Au plus profond du porche, pas de sonnette, une simple porte en tôle peinte en vert. Une porte qui sonne comme un « gong » quand on la referme un peu trop vivement.

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La rumeur de la rue du Montparnasse disparaît soudainement. Je suis dans une petite cour intérieure. Quelques maigres plantes s’épanouissent sous la belle lumière d’une matinée ensoleillée. Une presse à bras semble en attente, des rames de papier sur des palettes, obstruent un peu le passage. Tout de suite le ton est donné et le caractère des lieux est fortement affirmé. Sur les murs, épinglées, de vieilles affiches finissent de se dégrader lentement à la lumière. En m’avançant de quelques pas, j’ai brusquement changé de siècle. Dans le petit couloir qui mène à l’atelier baigné de clarté, de grandes pierres lithographiques reposent sur le champ. Me voilà au cœur de la très célèbre imprimerie d’art Idem. C’est ici, que les plus grands artistes du monde entier se sont croisés et se donnent encore rendez-vous quand il s’agit de réaliser leurs éditions lithographiques.

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L’atelier a été construit en 1880 par Émile Dufrenoy qui y installa ses presses lithographiques. Le bâtiment de 1.400 m2 comprend au rez-de-chaussée, sous une verrière des Voirin et Marinoni (dont une Marinoni 120×160 cm acquise en 2013). Au 19 ème siècle, les presses étaient actionnées par un système de poulies et de courroies mues par un arbre de transmission. Une chaudère à vapeur alimentée au gaz, fournissait l’énergie nécessaire. Aujourd’hui encore, dans les hauteurs de l’atelier, d’anciennes poulies témoignent de cette dynamique à vapeur.
Les imprimeries Michard, spécialisées dans les cartes géographiques occupèrent ensuite les locaux à partir des années trente jusqu’aux années soixante-dix. La célèbre imprimerie Mourlot s’y installa en 1976. Fernand Mourlot annonça le renouveau de la lithographie et séduisit les plus grands maîtres de l’époque (Picasso, Matisse, Chagall, Miro, Braque, Giacommetti et tant d’autres…). Une grande effervescence créatrice devait imprégner le site. Bien des artistes du 20 ème siècle trouvèrent en ces lieux les hommes de métier qui surent, par la pierre et l’encre célébrer leurs œuvres. L’atelier de la rue du Montparnasse est le dernier que Dufrenoy ait occupé et où se trouvent les fameuses presses qui ont imprimé tous les chefs d’œuvre de la lithographie moderne. En 1997, l’imprimerie Mourlot, changera de nom et s’appellera désormais l’imprimerie Idem.

Les presses sont impressionnantes. Chacune est une harmonie faite d’un acier noirci par le temps, de pièces brillantes, lustrées par plus d’un siècle de manipulation. C’est un assemblage fantastique de rouages, de barres, de manivelles aux fonctions mystérieuses pour un néophyte. Ce sont des monstres d’acier qui grognent, remuent, s’animent soudainement et par à coup en propageant un souffle inhumain.

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On pourrait s’attendre à rencontrer de vieux messieurs aux binocles posés négligemment sur le bout du nez tant l’empreinte des siècles passés impose sa marque. Pas du tout ! La petite équipe de professionnels qui entoure la presse en action est particulièrement jeune. Les commandements sont clairs, les gestes précis. Ils sont au moins quatre aux petits soins de la machine et à l’écoute de l’artiste présent.
Il faut non seulement une grande compétence technique, mais aussi un « œil » artistique, le tout enrobé d’une bonne dose de patience et d’humilité, pour répondre parfois aux exigences des « auteurs ». Tout en faisant mes photos, je bavarde avec l’un, avec l’autre j’essaie d’en apprendre un peu sur ce métier et cette technique que je connais mal.

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La lithographie est un procédé d’impression à plat qui repose sur le principe de répulsion de l’eau et de la graisse. On dessine sur une pierre calcaire non poreuse à l’eau, à l’aide d’un crayon ou d’une encre grasse dite lithographique. Les parties non dessinées sont recouvertes d’une solution de gomme arabique légèrement diluée d’acide nitrique. On laisse agir jusqu’à ce que la pierre n’émette plus de bouillonnements, on essuie et on passe une solution de gomme neutre. La graisse du crayon lithographique et le calcaire se sont combinés, formant une pellicule très adhérente délimitant les zones imprimées. Les pores de la pierre s’ouvrent sous l’action de l’acide fixant la gomme neutre qui retiendra l’eau. Après avoir laissé reposer la pierre, on lave à l’eau l’excès de gomme et à l’essence l’excès de graisse, on laisse sécher. La pierre est alors mate dans les blancs gommés et brillante dans les gras. Pour faire les essais de tirage, on mouille la pierre, on encre le rouleau qu’on passe régulièrement sur la pierre. L’encre grasse se dépose sur les parties dessinées, grasses.

Lorsque le tirage d’une œuvre est terminé, la pierre est nettoyée et « égrenée » par un ponçage manuel comprenant un mélange d’eau et de quartz calibré. Il sera ensuite possible de créer un nouveau dessin sur la surface parfaitement lisse et de recommencer la procédure d’impression.

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Mais, l’atelier Idem ne se contente pas de marcher sur les terrains uniquement connus et balisés. Aujourd’hui, diverses techniques sont introduites dans l’atelier. Notamment une technique innovante sur matrice d’aluminium gravée au laser et imprimée en lithographie. C’est la technique de l’alugraphie (développée par Erwann Galivel, le responsable de l’atelier) qui est mise en œuvre ce matin pour un artiste issu de l’univers du « graff ». L’impression directe sur plaque d’aluminium semble poser problème… et le « bon à tirer » est loin d’être acquis pour l’instant. L’alugraphie, permet cependant de réaliser des tirages photographiques avec des encres lithographiques composées spécialement pour une œuvre. Huit passages et plus sont souvent nécessaires pour obtenir un résultat parfait.

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Sur les murs sont accrochés les grands tirages d’essais de David Lynch, fraîchement passé à l’atelier. Les pierres stockées contre les murs portent encore le graphisme d’une œuvre éphémère de JR. La liste des artistes qui vont et viennent ici est tout simplement incroyable. L’espace respire la liberté et la créativité que l’art à toujours su insufler partout ou il est présent. Je souhaite très sincèrement qu’un endroit comme celui-ci, aussi inspiré qu’inspirant puisse continuer à vivre dans l’avenir

Merci à toute la sympathique équipe (Patrice Forest, Erwann Galivel, Em-Khindelevert, Robin Marti, Patrick Pramil (bonne retraite), Mathilde Roussel, France Suzaine, Soukaloun Thoune…).
Merci à ceux avec lesquels j’ai pu échanger et à ceux que j’ai seulement croisés.

Imprimerie Idem Paris
49, rue du Montparnasse
75014 Paris.

la Tour 13 infernale.

La Tour 13 en bordure de Seine, face au ministère des finances.

La Tour 13 en bordure de Seine, face au Ministère des Finances à Bercy.

La fameuse Tour 13 rue Fulton ferme au public à partir du 1er novembre en vue de sa démolition.
Pendant presque un an, cette tour aura connu nuit et jour une incroyable effervescence créative. Sur 9 étages, (36 appartements de 4 à 5 pièces pour une surface de 4500 m2), une centaine d’artistes venus du monde entier avaient investi le lieu. Développée dans le plus grand secret sur l’initiative de la galerie parisienne « Itinerrance », cette opération de « street-art » était dès l’origine vouée à l’éphémère. Rien à vendre, c’est un peu ce que l’on retiendra avec regret de cette exposition hors norme. C’est un véritable musée à ciel ouvert qui permet d’initier le public aux pratiques artistiques actuelles. L’évènement est qualifié de « projet street-art », je trouve pour ma part cette appellation trompeuse et limitative. Ici, pas de grafs, de lettres chromées ou de « logos » torchés à l’abri des lueurs de la nuit. C’est un vrai travail d’artistes d’intérieurs. Les appartements se cotoient avec des expressions originales selon les appartenances culturelles et géographiques (au moins 16 nationalités). Les réalisations sont des œuvres pensées, très travaillées, qui ont demandé un réel investissement en terme de temps, de matériaux et d’outils. On peut apprécier de la peinture, de l’illustration, de la sclupture, des installations. L’espace des appartements est réaménagé pour certains, détruit sous forme de gravats pour d’autres, comme si l’avenir posait déjà son empreinte fatale. Durant un mois, la visite de la Tour 13 a attiré plus de 15 000 passionnés et de curieux. Une file d’attente de 6 à 8 heures s’est constituée tous les jours au pied du bâtiment. Vidéos, photos, albums, suite interactive sur internet, le musée éphémère ne survivra que virtuellement ou dans la seule mémoire des artistes et des visiteurs. En tant que visiteur privilégié (entrée directe le jour de fermeture) j’ai pu apprécier dans le calme et avec recul la créativité de tous ces « globe-trotteurs » du graphisme. Ce petit tour (en photo) dans les étages est un résumé très synthétique de ce qui pouvait se découvrir et s’apprécier tout au long du mois d’octobre.

Visiter et sauver la Tour 13 sont deux choses désormais impossible, mais il est encore temps de vous propulser sur le site pour une dernière découverte virtuelle. Le site « Tour Paris 13 ».


 

 

Plein soleil pour Ahaé.

Chaleur écrasante dans le parc de Versailles.

Chaleur écrasante dans le parc de Versailles.

Il fallait sans doute être un peu fou pour vouloir se promener en ce lundi 22 juillet. Tout annonçait une journée particulièrement brûlante et ce fut le cas.
À Versailles, le Roi Soleil ne brillait pas seulement dans son château, mais aussi sur son parc avec une superbe énergie. C’est André Le Nôtre qui me fit un signa salvateur. À l’occasion du 400e anniversaire de la naissance d’André Le Nôtre, le chateau de Versailles organise dans les galeries de l’Orangerie une fabuleuse exposition photo. « Fenêtre sur l’extraordinaire » tel est le thème de cette présentation de plus de 200 images du coréen Ahaé. C’est une vivifiante ode à la vie et à la beauté que tente de dépeindre Ahaé à travers le rythme des journées, du lever du soleil à la tombée de la nuit… le tout à partir de sa fenêtre. L’Orangerie est très rarement ouverte et cette exception justifie largement la visite tant le bâtiment impresionne. Par cette caniculaire journée, je ne pouvais qu’apprécier la majesté de l’architecture, la qualité de l’exposition et la fraîcheur distillée par un bâtiment aux murs de 5 m d’épaisseur. Je vous en recommande vivement la visite.

Le site de l’Orangerie
Le site d’Ahaé

Rencontre avec Maryl

Maryl Leberre, artiste peintre et photographe

Maryl Leberre, artiste peintre et photographe

Je m’appelle Maryl Leberre, je suis née en 1948. Je suis artiste peintre…et photographe. On me dit souvent que « peinture et photographie » c’est incompatible. Bon ! C’est comme ça ! J’ai fait l’École des Beaux Arts de Quimper. Je suis partie aux États-Unis où j’y ai vécu 20 ans. J’ai intégré « Parsons School of Design » ou j’ai eu le bonheur d’étudier la photographie avec Larry Fink à New-York puis « The International Center of Photography », toujours à New-York.
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Ma peinture est le reflet de mes émotions elle m’aide à me connaitre. C’est une écriture très expressionniste. Sans cette émotion, cette reconstruction des corps à travers la matière n’existerait pas. L’anatomie me sert de prétexte pour faire jaillir ce que je sens de plus profond en moi. C’est une peinture difficile, sans concession, qui heurte. J’expose régulièrement, tant en France, qu’en Belgique, aux U.S.A, aussi bien mes peintures que mes photos. Je participe également à des expositions collectives.Mais tous les 2 ans, je fais une expo personnelle dans ma galerie-mère, la galerie Marie Vitoux dans le Marais à Paris. Là, il me faut environ une quarantaine de nouvelles toiles parmi lesquelles choisir pour l’accrochage. C’est un gros boulot. Mes parents ne m’ont jamais encouragé à me diriger vers cette activité. Par contre, ils ne m’en ont jamais empêché non plus. Ce qui est plutôt bien ! Je pense que ce goût pour l’art me vient principalement de ma mère plus que de mon père. Bien que ce dernier ait eu quelque talent vocal. Ma mère, dans sa jeunesse brodait des costumes traditionnels bretons. J’ai dû hériter de sa passion pour la couleur, la matière et son énergie pour créer. ssj-maryl-02Et si c’était à refaire… je referais pareil à cette nuance près que je me lâcherais davantage. C’est vrai, en vieillissant, on se rend compte de tout ce vécu que l’on a accumulé. Et c’est si difficile d’en profiter, de le faire ressortir. Oui ! C’est ça, se lâcher ! J’aimerai aller plus loin en peinture, tenter plus. Mais ça demande un effort énorme. Sortir de ses habitudes c’est si important. Je ne veux pas me contenter de refaire ce que j’ai déjà fait et que je réussis « que je suis sûre de réussir » à tout coup. Parfois j’ai des amis qui me disent à propos d’un détail sur mes peintures, « tiens, ça c’est bien, tu devrais refaire comme ça ! ». Mais, ça ne m’intéresse pas de capitaliser sur ce que j’ai déjà fait et qui est réussi. C’est si facile de s’enfermer dans un systématisme. J’ai envie d’aller au delà, de profiter même de certaines erreurs pour prendre des chemins que je n’ai pas explorés. Si j’étais maître du monde… ce que je ferais ? Franchement, je ne sais pas. Je n’ai pas de réponse ! Il faudrait éduquer les gens, pour qu’ils apprennent à se connaitre, …que les enfants puissent donner vie à l’art qu’ils portent déjà en eux car après l’école maternelle ils doivent l’étouffer.
Merci Maryl

http://maryl.net
http://marylleberre.blogspot.com

Exposition en cours

PASSEURS DE L’ART CONTEMPORAIN
Nouvelle Génération
peintures – sculptures
du 13 décembre 2012 au 12 janvier 2013
vernissage le jeudi 13 décembre à partir de 18h
Galerie Marie Vitoux 3, rue d’Ormesson
Place Sainte-Catherine
75004 Paris