Hello !

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Je n’ai rien de particulier à vous montrer, pour l’instant. Il faut que je produise et quoique cela paraisse incroyable, je manque de temps pour peindre. Alors j’avais juste envie de vous souhaiter de passer une bonne journée et de tenir bon. Pour ceux qui sont dans les régions les plus atteintes par le virus, il va falloir encore un peu de patience pour bouger. Pour les autres, l’étau va se desserrer. Il faudra tout de même faire attention au rebond de l’épidémie, qui pourrait s’annoncer plus difficile à gérer que maintenant. Soyez prudents, ne relâchez pas votre attention.

Visite guidée

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Je sais bien que ce ne sont pas vos lectures sur mon blog qui vont combler vos longues journées de confinement. J’essaie toutefois avec les moyens dont je dispose de garder un peu d’animation avec mes plus fidèles visiteurs. Je tente d’apporter un petit détournement artistique ou amusant à notre quotidien qui est aujourd’hui bien introversif. Je ne sais pas si vous êtes très absorbés, mais pour moi ces publications m’occupent suffisamment pour être presque débordé. Réfléchir au prochain sujet et le préparer, que ce soit du dessin de la peinture ou autre chose, m’occupe bien quelques bonnes heures. Aujourd’hui, je n’ai pas de peinture à montrer et comme j’avais envie de faire quelques photos (oui, ça me prend comme ça), j’ai fait une petite exploration avec l’appareil photo dans la pièce ou je peins.

Personnellement j’ai toujours aimé découvrir les ateliers des peintres. J’ai toujours cru qu’en les visitant, j’allais y découvrir des secrets. Le plus souvent j’en ai ramené des odeurs d’essence et de vernis, reçu parfois de bons conseils, vécu des moments chaleureux, mais jamais aucun secret ne me fût révélé. Et ma modeste officine dont vous ferez bien vite la visite virtuelle, ne vous délivrera elle non plus aucun secret. Chez moi, pas de “poétique capharnaüm”. J’ai dû organiser les choses de manière très rationnelle pour profiter d’un peu d’espace et de recul. Chacun organise sa manière de travailler comme il l’entend et la peinture, quoique certains puissent en penser, c’est une activité très manuelle dont les outils lui sont aussi indispensables qu’une truelle à un maçon, ou un masque à un chirurgien. Le peintre est maniaque, j’en suis convaincu. Untel préfère tels pinceaux en poil de blaireau, de telle marque en excluant toutes les autres, car ils conviennent parfaitement à sa technique. Tel autre ne jure que par les pastels qu’il fabrique lui-même.  Enfin celui-ci commande ses couleurs auprès d’une maison artisanale réputée, véritable institution fréquentée des seuls initiés. Je n’ai pas tant d’exigences et pourtant, je n’échappe pas à la règle.  J’ai aussi mes propres usages, pour ne pas dire mes habitudes. L’outil le plus indispensable (hormis le chevalet) est pour moi la palette.

J’ai fait la mienne à partir de 2 plaques de verre. L’une me sert de palette tandis que j’utilise l’autre comme couvercle pour conserver la couleur ou préparer certains mélanges. La couleur même totalement sèche après des semaines, s’enlève sans problème avec un couteau de peintre très rigide. Je suis pour les efforts faciles. Le gros pot lave-pinceaux, j’en suis amoureux ! Je le trouve beau avec son allure de chaudron hors siècle. L’acier et le cuivre rouge se marient en parfaite harmonie. Avec son ressort repose pinceaux, il ne manque pas d’allure et même d’une certaine technicité. Il est en proportion de la grosseur de mes tubes de peinture.

Je ne suis ni Rembrandt ni Bonnard. Pas de couleurs de qualité “extra fine”, simplement des couleurs “étude” de différentes marques et au meilleur prix. Une palette assez limitée qui m’oblige à chercher la teinte par des mélanges successifs. Il me manque parfois une couleur particulière, intense pour illuminer une peinture…mais je fais sans. Mes “œuvres” ne traverseront pas les siècles. Comme un bon alchimiste, j’ai essayé une bonne dizaine de médiums pour appliquer la couleur. Je n’ai jamais trouvé la “solution” idéale. Je les conserve dans des petites bouteilles comme des onguents néanmoins précieux. J’utilise parfois tel médium selon le sujet, parfois tel autre en fonction du support. Dedans ou dehors je choisis quelquefois mes émulsions selon l’humeur du moment. Ça m’amène à des découvertes toujours intéressantes.

Mes nombreux pinceaux sont au garde à vous dans des pots en verre. Pots de confitures, de haricots, de cornichons…tout est bon pour les classer. Les pinceaux neufs d’un côté, les plus usés de l’autre. Les peintures sitôt finies rejoignent des cartons obèses, où s’entassent, se pressent des dessins, des peintures en nombre attendant de trouver un espace plus généreux à la cave. J’expose peu de choses aux murs à part ce qui m’est indispensable lorsque je travaille et les peintures en cours de séchage. J’observe beaucoup la peinture pendant sa réalisation pour en poursuivre correctement son avancement. Une fois terminée celle-ci perd pour moi très rapidement de son intérêt, et s’en va rejoindre, pour s’y reposer…le carton obèse !

Voilà, vous avez fait le tour de mon domaine de 9m2.
En sortant, n’oubliez pas le guide.
Merci de votre visite et au plaisir de vous revoir bientôt.

Un peu d’innocence

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C’était quelques temps avant le confinement, les grands parents avaient encore le droit de recevoir leurs petits enfants et, comme chacun le sait, les occuper n’était pas la moindre affaire. Alors voilà ce qui est né de la collaboration entre ma petite fille de 12 ans et moi. Avec un simple appareil photo, des centaines d’images, et quelques accessoires, beaucoup de patience, de complicité et surtout beaucoup de rires nous avons réalisé cette modeste animation. Ça ne dure pas longtemps car les enfants sont toujours impatients d’avoir fini une chose pour passer à une autre. J’espère que ce petit moment d’innocence vous fera oublier l’espace d’un instant ce confinement loin de ceux que vous aimez.

À l’heure du J24

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Ce matin, deuxième sortie depuis mon vingt quatrième jour “d’internement”. Un petit tour d’une heure à la recherche de quelques photos macros pour illustrer le printemps. Et puis rien de vraiment intéressant à mettre dans la boîte. Juste cette image de la Défense et de Paris au loin dans une brume matinale traversée d’une lumière jaunâtre. Devant ce paysage qui s’éveille en silence, il est étrange de penser qu’à portée de vue, la “contagion” est en train d’œuvrer insidieusement. Toute la nuit, des gens ont dû lutter contre la maladie, autant les souffrants que les soignants, pour une bataille qui n’est pas encore gagnée. Et après, va t’on gagner la “guerre” et dans combien de temps ?

Théorie du complot

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Pourquoi les électeurs du RN croient que le coronavirus a été inventé en laboratoire.
Source Libération – Par Tristan Berteloot — 30 mars 2020 à 08:30

Marine Le Pen et Gilbert Collard à l’Assemblée nationale, le 13 février 2019.


L’extrême-droite flatte les réflexes conspirationnistes de ses sympathisants. Selon une étude publiée samedi, près d’un Français sur quatre pense que le virus Covid-19 a été créé par l’homme. Le chiffre bondit à 40% chez les électeurs de Marine Le Pen.

Plus d’un Français sur quatre (26%) croit que le virus du Covid-19 a été fabriqué en laboratoire, dont 17% «intentionnellement», révèle une étude de la fondation Jean-Jaurès et de Conspiracy Watch, publiée samedi conjointement avec l’Ifop. Le chiffre, affolant, confirme les tendances des études précédentes de ces organismes, selon lesquelles «les générations les plus jeunes et les catégories sociales les plus défavorisées demeurent les plus perméables au complotisme». Mais si l’on regarde de plus près, le chiffre bondit : 40% des sympathisants du Rassemblement national souscrivent à la thèse. Le résultat a son importance, alors que, depuis le début de la crise du Covid-19, beaucoup de fake news circulent sur Internet, relayées en partie par des personnalités d’extrême droite. Ceci expliquant cela ? Lundi matin, interrogée sur France info sur les différentes théories du complot qui circulent sur le Covid-19 jusque dans son propre camp, Marine Le Pen a en tout cas répondu ceci : «En démocratie, on a le droit de douter. Ce n’est pas un délit.» Et aussi : «Que des gens s’interrogent pour savoir si ce virus est d’origine “naturelle” ou s’il ne peut pas avoir échappé d’un laboratoire est une question de bon sens». Questions à Rudy Reichstadt, fondateur de Conspiracy Watch, et Jérôme Fourquet, directeur du pôle opinion à l’Ifop.

On sait depuis longtemps que plus les conséquences d’un événement sont choquantes, plus la population cherche spontanément des causes «ailleurs» que dans les «versions officielles». Concernant les théories autour du Covid-19, quel serait le profil type du Français complotiste ?
Jérôme Fourquet : Chaque grand événement s’accompagne quasiment instantanément de récits conspirationnistes et complotistes, qui peuvent avoir plus ou moins d’audience dans la société. Chaque événement va générer des récits propres, qu’il s’agisse de l’incendie de Notre-Dame, d’une épidémie ou d’un attentat… mais les profils qui adhèrent à ce type de récits sont souvent les mêmes.

Ce sont d’abord les tranches d’âge les plus jeunes : dans ces générations, on n’a pas forcément un recul historique important, avec une influence massive des réseaux sociaux que l’on consulte beaucoup au détriment des grands médias classiques, qui sont pourtant des remparts à la propagation de la grille de lecture conspirationniste. On est aussi sur des publics assez peu diplômés, avec moins de distance critique. Au contraire : à niveau d’étude élevé, mécaniquement, on a tendance à produire des «anticorps» face aux récits simplistes. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’exceptions, bien sûr. Mais rappelons que la principale fonction intellectuelle de la grille de lecture conspirationniste, c’est de rendre simple un fait qui paraît compliqué.

Enfin, il y a un certain nombre de formes d’esprit qui sont propices à la culture complotiste, ce sont tous les publics qui vont être plus facilement dans la défiance, qui vont dire : «Je ne crois pas ce que les puissants nous disent.» Quand on est en bas de l’échelle sociale, on a plus tendance à être méfiant vis-à-vis de ce qui vient de plus haut.

…pas étonnant donc qu’une telle proportion de sympathisants du RN adhèrent à ces théories. Mais que disent-elles ?
Jérôme Fourquet : On a des récits très classiques en matière de thèses complotistes pour une épidémie. En plus de l’histoire du laboratoire secret, il y a la théorie de l’arme de guerre biologique qui aurait échappé à ses créateurs, ou encore la question de l’argent. Les laboratoires auraient créé le virus, pour ensuite produire des traitements pour pouvoir les vendre à grande échelle. Récemment, des vidéos ont beaucoup tourné dans la sphère des gilets jaunes, qui rentrent dans ces catégories-là. Généralement, elles viennent en soutien du professeur Didier Raoult. Lui n’est pas en cause, mais ce qu’il représente peut venir porter de l’eau au moulin de cette vision-là.

Quels réflexes les thèses complotistes excitent-elles chez les gens ?
Rudy Reichstadt : Il faut dire qu’on est toujours dans le registre de l’indignation, on y dénonce des scandales d’Etat. Comme si les situations n’étaient pas encore assez graves, on rajoute une couche de scandale, de sensationnalisme. L’idée qu’on «nous prend pour des imbéciles» revient très souvent. De même que le «regardez, tout est vérifiable», tout en s’appuyant sur des faits ou des documents lus de travers, surinterprétés ou dévoyés.

Il n’y a pas toujours que de la manipulation derrière tout cela. Il y a plutôt une volonté de «savoir mieux», d’être détenteur de la vérité. Il y a un sentiment d’être héroïque. On est typiquement dans l’effet Dunning-Kruger : plus on en sait sur un sujet et plus on s’estime incompétent, et inversement, moins on en sait sur un sujet et plus on a l’illusion qu’on est compétent pour en parler. Cela donne des vidéos de vingt minutes de quelqu’un qui affirme avoir la preuve que le brevet du coronavirus a été déposé par l’Institut Pasteur : l’auteur ne sait pas que le coronavirus est une famille de virus, et il ne sait pas lire un brevet non plus.

Les sites de fact-checking se sont multipliés ces dernières années et les gens n’ont jamais eu autant d’outils à leur disposition pour différencier les informations fiables des fake news. Pourtant les adhésions aux théories complotistes n’ont pas l’air de reculer. Comment expliquez-vous cela ?
Rudy Reichstadt : Ce n’est pas parce qu’on produit des articles sourcés et sérieux et qu’on répète depuis des années qu’il est important de bien s’informer, que le message passe forcément partout. Les gens qui auraient le plus besoin d’être exposés à ce type de messages ne le sont pas. L’essentiel de tout ce que produisent les fact-checkeurs en France n’est pas vu par eux. Il faut voir que dans la manière de s’informer de ces personnes, il y a des lacunes profondes. La vidéo sur le brevet de l’Institut Pasteur a été vue plusieurs millions de fois, elle a eu des dizaines de milliers de partages, parfois par des gens qui ne l’ont pas regardée. Ces personnes ne se demandent pas si ce qu’il y a dedans est vrai car les images viennent conforter un doute qu’elles avaient déjà. Il y a enfin le fait que toute la presse classique est tenue en suspicion. Beaucoup ne prennent même pas la peine de prendre connaissance de ce qu’elle produit.

Après les confessions d’Agnès Buzyn qui dit avoir alerté le gouvernement sur la dangerosité du coronavirus dès janvier, Marine Le Pen a crié au «scandale d’Etat», et le RN a tweeté que «le gouvernement savait, mais il n’a rien fait». Un cap a-t-il été franchi ?
Rudy Reichstadt : Non, parce que chez les populistes, c’est assez classique d’expliquer que le gouvernement au pouvoir est contre le peuple. Mélenchon aussi, au sujet de Buzyn, a parlé d’«aveux» et, récemment, il a expliqué que l’ancienne ministre de la Santé «savait et a menti», presque mot pour mot ce que le RN a posté. Il y a deux manières de lire les propos d’Agnès Buzyn : de manière charitable, et de manière inquisitrice. Et les populistes les lisent, comme ils lisent le réel en général, parce que cela les arrange, de façon inquisitrice. Les populistes n’ont aucune raison de cesser de l’être du jour au lendemain parce qu’il y a une crise.

L’eurodéputé RN Gilbert Collard a raconté dans une vidéo que le mari de l’ancienne ministre de la santé avait participé à la création d’un laboratoire de type «P4» à Wuhan, «ville où le Covid-19 a soudainement surgi»… sous-entendant que le virus s’y était échappé. Quel intérêt a l’extrême droite de flatter les réflexes complotistes ?
Rudy Reichstadt : Parce que c’est sa fonction. L’extrême droite l’assume, cela consiste à raconter une histoire, comme le font les autres camps politiques. Sauf que ces histoires prennent plus ou moins de libertés avec les faits, jusqu’à les violer.

Jérôme Fourquet : avant de parler d’intérêt, on peut penser qu’une partie des leaders politiques est assez en phase avec la vision du monde de leurs électeurs. Donc il n’y a pas forcément que du cynisme ou de l’instrumentalisation derrière leurs discours. Ce que l’on mesure, c’est qu’une majorité des électeurs de Marine Le Pen ou de Gilbert Collard envisagent que le coronavirus a été créé par l’homme. Si ces responsables politiques n’adhèrent pas totalement à cette idée, elle peut en tout cas être utilisée pour essayer de délégitimer le pouvoir en place, qui est le principal adversaire du Rassemblement national. S’ils le font, c’est aussi parce qu’ils baignent dans une vision du monde pleine de méfiance. Rappelons que Marine Le Pen, responsable politique de premier ordre, puisqu’elle a été au second tour de l’élection présidentielle, s’est opposée aux onze vaccins obligatoires. De manière générale, il y a une vieille défiance de l’extrême droite, notamment, en matière de santé publique.

Horoscope

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J’ai toujours été totalement incompatible avec les lectures prévisionnelles des “oracles, numérologues, astrologues ou autres charlatans consultant cartes ou boules de cristal”. Mais je dois aujourd’hui reconnaître mon erreur et adhérer avec une réelle conviction aux dernières prévisions astrologiques. Protégez-vous bien.

À l’heure du J12

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De ma fenêtre, j’ai vue sur une petite rue en sens unique dédiée autant à la circulation des voitures qu’aux cyclistes. Cette voie est à certaines heures très passagère car elle donne accès d’une part à l’église et à l’entrée de la forêt et d’autre part à un modeste centre commercial. Le matin assez tôt et en fin d’après-midi, ce sont les sportifs, cyclistes et joggers que je vois passer en direction de la forêt. Vers dix heures, les cabas et chariots sont les plus nombreux sur les trottoirs à se diriger vers le centre commercial. Au cours de la journée tout un petit monde défile d’un côté et de l’autre en toute tranquillité. En général, le week-end quand il fait beau, beaucoup de promeneurs déambulent avec les enfants. C’est la promenade rituelle, le petit tour dans les bois. Et puis la messe du dimanche matin a aussi ses habitués. Les fidèles se remarquent tout de suite à la manière dont ils portent des tenues peu appropriées à la balade en forêt. Je n’oublie pas bien entendu les sorties du chien plusieurs fois dans la journée. Depuis des années cette circulation de personnages m’est assez familière et je finis par connaître un certain nombre de visages. Sans qu’ils le sachent, ils sont devenus une ponctuation dans ma journée.

J’ai pu me réjouir à une certaine époque de ces passages quotidiens qui distrayaient mon assiduité devant l’ordinateur ou le chevalet. Depuis lundi 16 mars, premier jour du confinement général, j’ai vu la rue perdre peu à peu son effervescence, abandonner au vide et au silence tout l’espace public. Et c’est quand même étrange d’éprouver aujourd’hui autant de plaisir devant ce vide urbain et de l’estimer comme un bienfait. Je constate avec soulagement que la civilité commence à se développer un peu partout dans la cité (sauf sans doute en Seine St Denis ou persistent des foyers de brutalité et d’insolence et aussi auprès des joggers véritablement shootés aux endorphines). Car on le sait maintenant, la propagation de ce virus ne se répand qu’au gré de nos propres déplacements. 

On exaltait la proximité, la relation à l’autre aussi physique que possible et l’on rejetait au diable toute cette technique du virtuel, susceptible de nous déshumaniser. Aujourd’hui, on installe “Skype et Messenger” partout pour se parler, pour se voir. Le confinement ça sauve” les vieux, les plus fragiles”de l’infection virale et en même temps, ça les isole de leur famille. L’informatique avec les réseaux sociaux, recrée les liens absents ou nécessaires, facilite les échanges, redonne de l’utilité et de la considération à cet univers tant décrié. Je reste dans bien des cas très critique quant à ces réseaux sociaux tout en reconnaissant que dans certaines circonstances ils ont leur rôle à jouer et possèdent une certaine efficacité. Mais pour l’heure, je dois m’habituer à ce que ma rue soit devenue terriblement vide.
(Je mentionne J12 car j’ai commencé ma retraite le 12 mars)

À l’heure du J5

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Les machines ne m’obéissent plus.
Je me suis dit aujourd’hui que ça serait assez amusant de raconter quelques faits et gestes d’un condamné comme tant d’autres à l’isolement.

Alors ce matin, après mon petit déjeuner et après mon documentaire à la télé (oui, je me regarde tous les matins, en craquant mes biscottes, un documentaire en replay), j’ai voulu me faire un café avec cette machine bruyante qui crache son jus avec tant de difficulté qu’on la croirait atteinte de cystite. Ah ! Pas assez d’eau dans le réservoir. Qu’à cela ne tienne, je soulève le couvercle du réservoir et muni d’une tasse pleine d’eau, je balance le liquide dans le récipient transparent…juste au moment ou le couvercle se referme ! Et vlan, toute l’eau éclabousse la cafetière, le plan de travail et cette maudite machine se met à clignoter rouge. J’éteins la cafetière. Dans le réservoir pas une goutte d’eau. J’éponge mes dégâts avant de remplir le réservoir d’eau à ras bord. Cette fois ça va gazer. Je rallume la machine qui se remet au rouge. Bon, il faut faire quelque chose. Y a urgence. J’éteins la cafetière et j’essaie de décrocher le réservoir d’eau…plein. Il résiste, mieux que ça, il se défend et ne veut pas quitter le corps de sa petite maman. On va voir qui est le plus fort ! Je tire et tord en même temps le bazar qui se détache de la cafetière et valdingue je ne sais où.
Merde ! Merde et merde ! Un litre d’eau éclabousse tout le plan de travail. Le liquide s’étale avec horreur partout, recouvre la plaque de cuisson, inonde les tiroirs, détruit entièrement le sopalin, et distribue une gerbe d’eau dans la cuisine. Merde ! Merde et merde ! Je le redis car je l’ai dit plusieurs fois pendant au moins 5 bonnes minutes pendant que j’épongeais avec du sopalin…mouillé.
Un quart d’heure après, tout est rentré dans l’ordre. La cuisine nickel chrome. Il est temps – enfin – de se faire un petit café bien mérité. Clic ! Rien ! Pas de voyant qui clignote ! La cafetière ne s’allume plus ! J’enlève le réservoir que j’avais de nouveau rempli, je vide l’eau. Je retourne la cafetière et la secoue….(vous savez comme on fait parfois avec le grille pain pour faire sortir les miettes du fond). Non, elle est bien sèche. Pas en court circuit apparemment. Au cas où, j’actionne la lumière de la cuisine. Pas de lumière, pas de jus ! Je vérifie le disjoncteur de l’appartement qui a bien entendu disjoncté. C’est fait pour ça. Je remets en route et rien ne se rallume. C’est moi qui vais disjoncter. Je cherche dans l’escalier mon compteur “Linky”. Je ne sais pas trop lequel c’est…il y en a 8, autant que de propriétaires. Linky a beau être intelligent, il ne me parle pas beaucoup. J’appuie sur des boutons, auxquels je ne comprends rien. Des chiffres des mots incohérents s’affichent. Je referme le panneau de l’armoire électrique discrètement…Au cas où j’ai tout déréglé chez les voisins. Vaut mieux ne pas me faire remarquer.
Ma femme tente de contacter le service Enedis afin que quelqu’un vérifie si notre compteur fonctionne bien. Pas d’internet pour chercher un numéro de dépannage. Et évidemment, plus de ligne téléphonique fixe…et notre téléphone mobile a cette particularité de bloquer l’accès au clavier dès qu’on est en communication. Faites le 1, puis faites étoile, puis faites le 3 si c’est…etc etc…Impossible de faire les numéros. Pas facile avec ce confinement de trouver quelqu’un à l’autre bout du fil.
On fait le bilan. Impossible de joindre quelqu’un pour un dépannage. Nous n’avons plus de chauffage, de lumière, tous nos appareils sont électriques. On a le frigo plein, mais on ne peut rien faire cuire ou réchauffer. Nous sommes condamnés à mourir de faim. Non, je plaisante ! Mais essayez d’imaginer chez vous une panne définitive, sachant que personne ne viendra vous dépanner et que vous ne pouvez même pas aller chez Castorama acheter une pièce. Bon finalement mon épouse tombe sur le service dépannage Énedis. Après interrogation à distance, le “compteur intelligent” n’est pas en cause. Une charmante dame nous guide façon tutoriel (sans vidéo bien entendu) pour les manipulations à faire sur notre compteur d’appartement. Ma femme me répète chaque mot de la “dépanneuse” et moi, juché sur une chaise devant le tableau de bord, j’appuie, j’enclenche, je déclenche. Je fais sans réfléchir ce qui m’est “ordonné”…et ça finit par marcher.
Détection faite, c’est la plaque de cuisson qui est en court-circuit. Bon et après allez vous me dire ? Et bien après, j’ai coupé le courant, désencastré la plaque de cuisson, défait tout un bazar de fils de toutes les couleurs (j’ai fait des croquis pour tout rebrancher correctement). C’est mon côté dessinateur qui ressort. Avec un sèche cheveux j’ai séché tous les contacts, nettoyé les boutons, et tutti quanti. Et ça remarche parfaitement bien. Même mieux qu’avant ! J’exagère, mais ça c’est mon auto-satisfaction qui parle.
J’y ai passé toute la matinée, j’en ai sué un tee-shirt entier et après ça, pensez-vous que j’ai encore le temps de vous écrire des histoires !
Ah, confiné, on a le temps de rien faire.

L’absence

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Le tableau que tu aimais tant dans la chambre et que tu redressais chaque fois d’un doigt léger, est désormais tout de travers. Il s’abandonne à la pesanteur, tout comme moi. De guingois nous sommes. Ton absence a créé un si grand vide. J’ai l’impression que l’air de la maison tout entier est parti avec toi. Le réveil bleu marque bien l’heure, mais chaque jour qui passe me semble durer plus qu’il ne doit. Dans les placards j’ai commencé à faire du vide. Tu sais combien j’ai horreur de m’encombrer de l’inutile. Surtout pour les vêtements. Je me souviens bien du nombre de fois où nous nous sommes accrochés sur ce sujet. Tu avais honte parfois de m’accompagner tant ma tenue insouciante choquait ton sens de l’ordre et du conventionnel. Pour te taquiner, je te disais toujours de marcher devant moi comme si tu ne me connaissais pas. Sans répondant, tu enrageais et ça me faisait bien rire. Je t’ai sans doute semblé imperméable, insensible à beaucoup de petites choses qui te touchaient tant. Comme s’il n’y avait que “l’exceptionnel, le grandiose” qui pouvaient me séduire et qui méritaient d’être vécus. Mais vois-tu, j’ai gardé malgré tout tes broches, toutes tes petites breloques – comme tu disais – avec lesquelles les enfants jouaient lorsqu’ils venaient à la maison. Ils joueront encore un peu avec…le temps de grandir. Puis les années passant, ils ne viendront plus et les breloques se terniront au fond du tiroir. J’ai gardé ton livre précieusement. Le dernier que tu n’as pu finir. Il est marqué d’un coin de page repliée là où ton regard s’est posé la dernière fois. Prudente, tu avais aussi glissé un marque page que je t’avais offert. Je n’ai pas eu le courage de lire les mots de cette page cornée. Je ne veux pas savoir les secrets que tu as pu emporter au delà de moi. Ton absence, c’est surtout ce silence qui envahit chaque pièce de la maison, qui étouffe les bruits et même mes pas que je ne reconnais plus. Je ne retrouve plus ma place au milieu des objets. Sans toi tout me paraît hostile. Avant nous étions deux à leur tenir tête…aux choses…au monde. Nous étions deux, même dans les moments de silence à occuper l’espace. Dans le quotidien morne d’aujourd’hui, je ne suis plus qu’un inconnu dans ma propre maison, un orphelin du jour et de la nuit. 

Je t’en veux – mais si tendrement – d’être partie sans m’attendre.

Le blanc et le jaune

L’union c’est la farce

Au début, tout ce jaune ça brillait un peu comme un beau soleil, comme une grande fraternité qui n’avait plus existé depuis bien longtemps. Voilà, on allait enfin s’aimer, s’aider, partager comme des frères et des sœurs trop longtemps éloignés les uns des autres. On allait marcher ensemble pour réclamer notre part de bonheur. Ils allaient voir – ces nantis – ce que c’est qu’un peuple en colère ! On allait leur dire aux politicards comment on survit dans les provinces de la France profonde. Baisser la tête sans rien dire, c’est fini messieurs les élites. Chacun se reconnaissait dans son voisin, mêmes inquiétudes à propos de l’avenir, mêmes galères éprouvées. Un seul récit de vie ressemblait à tous les autres. C’était l’expression d’une voix unanime, universelle, populaire. Il y avait du bien, du bon, de la générosité dans toutes ces expressions du peuple des périphéries. Les fourberies des politiques et des récupérateurs de tous poils étaient décryptées promptement et inévitablement remises en cause. Les idées fusaient dictées par l’expérience. Il émanait des premiers jours, une intelligence qui faisait force de vie et d’espoir.

Et puis…et puis, comme un être humain n’est jamais un tout parfaitement pur, le peuple a produit aussi son purin. Sont apparues avec violence les scories identitaires, de l’ultra gauche comme celles de l’extrême droite, sans oublier tout simplement une cohorte de casseurs qui, on le sait, ont autant de réflexion et d’idéologie qu’une éponge privée d’eau. Les maux des uns sont toujours consécutifs à la présence des autres. On parle de parole libérée, mais j’entends surtout des vociférations, des insultes à tout va. Sous prétexte de solidarité a un mouvement populaire, ce sont les populistes homophobes, sexistes, racistes, antisémites qui viennent polluer un mouvement qui se veut avant tout social. Les barbares occupent la rue afin de créer le chaos. Ceux qui ont la rancœur au cœur, la lâcheté chevillée au corps, profitent de l’anonymat du nombre pour déverser leur haine. Tous unis, mais unis à qui ?

Tête de Turc

J’ai le sentiment de ne plus être vraiment quelque part, de ne plus habiter là ou je suis. Ce matin chose étrange, devant la glace je me suis observé sous toutes les coutures avec une précision quasi obsessionnelle. Je me suis examiné trait après trait, afin de savoir si je n’avais pas une tête anormale. Je finis par douter ! Avec tout ce qui se passe, tout ce que l’on voit et qu’on entend on devient vite paranoïaque. Pour un rien, on peut se transformer en “tête de Turc”. On ne se reconnaît plus entre amis. Le jaune devient une couleur “mot de passe” qu’il faut revêtir pour tourner en rond. Afficher sa différence, c’est montrer une “gueule”  (un état) incompatible avec le sens du courant. Il ne fait pas bon porter une étiquette politique ou idéologique. Certains se retrouvent abreuvés d’insultes, les murs de leur maison tagués d’une haine inouïe, quand ce ne sont pas des attaques physiques ou tout simplement l’intimidation par le feu. J’essaie de me rassurer en me disant que finalement ma tête est assez quelconque. C’est ça que je veux, être n’importe qui, me fondre dans le monde d’en bas. Pas trop de signes physiques ou ostentatoires qui me différencieraient de façon excessive. Tout de même, c’est paradoxal qu’un mouvement qui réclame plus de justice sociale et qui prône la liberté de parole, impose une si grande intolérance à la moindre tête qui dépasse. Une pratique révocatoire à propos de certaines personnes, ou idées ne cacherait-elle pas un léger goût pour l’exclusion sociale, ethnique ou religieuse. L’idée qui laisse à penser que la physionomie de l’individu permet d’en déduire sa personnalité compte encore beaucoup de supporters. Nous serions comme un livre ouvert sur nos origines et sur notre être le plus intime. Je pensais que la “morphopsychologie” avait montré ses limites et ses dangers, surtout utilisée de manière caricaturale par des gens peu informés ou malfaisants. L’histoire en témoigne. 

Brouillon de culture

Désormais je fais aussi très attention à mon langage. J’utilise des mots simples, de mots pas trop recherchés ou trop élaborés. Je m’évertue à parler en ponctuant de temps en temps mes phrases avec un mot choquant…histoire de montrer ma détermination (c’est viril d’être un peu fruste) et surtout je ne veux pas qu’on me confonde avec l’élite. C’est très mal vu de faire partie de l’élite ou des nantis. La culture serait très mauvaise pour la démocratie. J’ai lu sur les réseaux sociaux des messages remettant en cause l’éducation nationale. L’éducation nationale favoriserait la servitude des enfants vis à vis du pays. Étudier, devenir un bon élève serait une manœuvre du gouvernement pour domestiquer les cerveaux. Enseigner serait donc une bonne méthode (un complot, il faut le dire) pour produire de bons soldats au service du grand capital ou d’un certain mondialisme. C’est vrai, on n’est jamais aussi bien informé que par les réseaux sociaux. Maintenant, je sais que la terre est vraiment plate, que les attentats de Nice et de Strasbourg n’en étaient pas et que les vaccins ne servent à rien, voire sont dangereux pour la santé. Mais de cela, il ne faut pas parler car il y a une collusion entre les laboratoires et le gouvernement. Et sachez le des sociétés secrètes dirigent le monde. Mais chut…nous sommes écoutés !