Après l’été

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Les vacances d’été, ont vu l’atelier de modèle vivant fermer ses portes autour d’un repas bien convivial. La rentrée de septembre tant attendue après 3 mois de diète, s’est déroulée très mollement. L’atelier doit supporter une perte de quelques adhérents ce qui, pour une petite association qui ne fonctionne que sur la participation de ses membres, représente un danger majeur pour sa survie.
Trop peu de membres, trop peu de cotisations et l’équilibre déjà précaire de notre petite communauté est mis à mal.
L’avenir est imprévisible et rien n’est inéluctable. Il est encore possible de retrouver à terme un effectif nécessaire et suffisant pour continuer notre activité.
Une année de travail et d’espoir s’ouvre devant nous alors que, déjà de nouveaux croquis viennent compléter, bousculer ma précédente publication.

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Fontaine de Vaucluse

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Fontaine de Vaucluse est une petite commune non loin d’Avignon, assez calme pour ne pas dire relativement triste en dehors de la période estivale. Il n’y a pas grand chose à y faire. Et les quelques ruelles et vieilles maisons du village, ne valent pas une petite étoile dans un guide touristique. Suite aux deux ou trois visites que j’ai pu y faire il ne m’est à aucun moment venu l’idée d’y séjourner au-delà de quelques heures.

Non, ce qui suscite l’intérêt ici, c’est son gouffre impressionnant au pied d’une falaise de 240 mètres de haut, au creux d’une vallée close appelée « Villa Clausa » en latin qui donna son nom en 1793 au département du Vaucluse. C’est au fond de cette vallée étroite et cadenassée que jaillit la source de la Sorgue. Elle est la plus puissante « exurgence » de France et la cinquième au monde avec un écoulement total de 630 millions de m3 par an.

La source de la Sorgue est le produit monstrueux d’un immense réseau souterrain. Les eaux jaillissantes proviennent de l’infiltration des eaux de pluie et de la fonte des neiges du Mont Ventoux, des Monts de Vaucluse, du plateau d’Albion et de la Montagne de Lure.
Le gouffre quant à lui, est un siphon qui descend très loin dans les entrailles de la Terre. Il a été exploré pour la première fois en 1878, par un scaphandrier marseillais, Mr Ottonello, qui atteint -23m de profondeur dans son scaphandre lourd. L’équipe du commandant Cousteau aussi se mesurera au gouffre en 1946 : première plongée en scaphandre autonome, il atteint -46m de profondeur. L’exploration la plus profonde à ce jour est celle de 1985 avec -308m de profondeur grâce à un sous-marin téléguidé. On ignore toujours aujourd’hui ce qui existe au delà de cette profondeur.

Entre 2001 et 2003, sous couvert de prospections archéologiques, la Société Spéléologique de Fontaine de Vaucluse explore la cavité avec le Spélénaute de -40 à -80 mètres. Ces plongées livrent à la découverte 400 pièces antiques et près de 1600 pièces datées pour les plus anciennes de -80 ans avant JC et fin du 5ème siècle pour les plus récentes. Cela atteste de la fréquentation du site depuis l’Antiquité et confirme que la source recevait des offrandes lors du culte de l’eau cher aux Romains.
En plein été, la visite de l’exurgence est profondément décevante. Après une petite marche en montée le long de la rivière ombragée (bordée de boutiques souvenirs et accompagnée d’odeurs de friture), on arrive devant un grand trou, un genre de caverne où stagne plusieurs mètres plus bas, une eau sombre, pas très propre.
Tout autour, un monde minéral, des arbres morts aux racines incrustées dans la pierre offre un spectacle d’un autre monde. On pourrait s’attendre à voir surgir de ce trou, identifié comme un anus de la terre, un monstre noir et visqueux qui emporterait en ses profondeurs tous les petits touristes aux tee-shirts bariolés que nous sommes. Et voilà, on reste là, un peu songeurs, sans savoir quoi faire. Mais, où est t’elle l’eau turquoise des photos, le lagon bleu des mers du sud ? Elle coule où cette source tant fantasmée ? Ma foi, si l’envie vous prend de connaître la force démesurée de la cinquième source au monde, il vous faudra revenir au printemps lorsque la Sorgue surgit souveraine et surpuissante, débordant de sa vasque en cascade blanche sur les rochers.

En ces mois de sécheresse, la visite du moulin à papier, en bord de rivière ne vous consolera pas du gouffre à sec. Vous y verrez sous les yeux étonnés des touristes, quelques roues en mouvement, mues par un maigre filet d’eau. Pour le reste aucune visite n’est programmée, aucune explication ne vous sera donnée. Une balustrade en surplomb de l’atelier vous conduit directement à la boutique de la papèterie où les prix prohibitifs, ne vous inciterons pas à rapporter à la famille (ou à un aimable voisin, celui qui garde votre adorable chien), un petit souvenir. En revenant vers le centre du village, une galerie dont la plupart des artisans ont déserté les boutiques ne retiendra pas non plus très longtemps votre attention. Finalement, le gouffre de la Sorgue, vous aura provoqué comme un petit creux (sans jeu de mot) et le bon réflexe avant de quitter Fontaine de Vaucluse sera de vous installer à un bar panoramique, un verre à la main tout en contemplant la Sorgue passer silencieusement.

La Sorgue en crue (Novembre 2011)
Une vidéo YouTube.

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Trognes

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Ce matin pendant ma randonnée, longeant une parcelle de forêt aux fougères rougissantes, je me sentis imperceptiblement suivi du regard. On m’observait en silence. De part et d’autre du chemin qui se resserra brusquement, je perçus des êtres immobiles aux visages outragés par le temps. Attentif, bienveillant avec ces corps pourtant rigidifiés, une complicité discrète s’instaura entre nous. Chacun désireux de me confier son histoire, j’allais de l’un à l’autre empathique pour leur tirer le portrait. Que pouvais-je faire d’autre sinon vous transmettre par l’image un peu de leur vie de gardiens solitaires…

Quatre semaines

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Quatre semaines dans le Vaucluse où j’ai retrouvé mes endroits familiers au pied du Mont Ventoux. Comme toujours, j’ai apprécié cette facilité de me déplacer d’un endroit à un autre en toute tranquillité. Peu de voitures, à part sur la route principale montant au sommet, où des hordes de cyclistes s’époumonent dès le virage de Saint-Estèphe. Le moindre chemin roulant de pierres blanches, mène tout de suite à un endroit inconnu, préservé, où il est possible de se retirer du monde. Cette année, la canicule ne m’aura pas trop affecté en ce mois de septembre. Seul le Mistral m’est apparu plus présent et les jours sans vent se sont comptés sur les doigts de la main. Contre la lumière, j’ai pu expérimenter mon petit parapluie « Best Brella » orientable en tout sens, prompt immédiatement à suivre la course du soleil. Il a su résister aussi à un vent modéré, mais j’ai vite compris qu’il était impossible de lui faire braver le moindre souffle du Mistral. De toute manière je n’ai jamais réussi à peindre lorsque ce vent est levé. Tout dans la nature n’est qu’un bruissement incessant de feuilles, de branches, de gémissements. La toile s’envole, entraînant le chevalet et ce n’est pas la grosse pierre ficelée entre les pieds de ce dernier qui le retiendra au sol. Les coups de vent surviennent en rafale, avec des coups terribles, à tel point que la main chargée du pinceau ne parvient pas à poser à l’endroit voulu la touche de peinture. Malgré tout, en me protégeant et en alternant peinture et dessin, j’ai pu travailler sur un certain nombre de sujets qui auront contribué une fois encore à me faire pénétrer un peu plus dans la peinture.

Secrets des arbres

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Si tôt ce matin, la lumière perce à travers le feuillage et caresse la peau des arbres séculaires. L’écorce, en larges croûtes disjointes semble s’ouvrir à la chaleur naissante.
Ici, le couteau a fendu l’enveloppe pour y dessiner les signes de l’amour. Une blessure à vie pour une union peut-être éphémère. Là avec le temps, un fil d’acier a mutilé la chair, provoquant une boursouflure qui digère silencieusement l’ennemi qui l’étrangle. 
Sous la cathédrale de verdure, les veines mortes d’un lierre dessinent en deux discrètes lignes un symbole rédempteur. Au sol, dans l’amalgame de terreau et de pierres, inanimée, vaincue, une feuille en forme de larme jaunit lentement.
De combien de plaies ouvertes, de cicatrices mal refermées ces arbres ont t’ils à se plaindre ? De combien de promesses, de secrets, de cris des jeux d’enfants se cachant autour de leur corps, ces arbres sont t’ils les complices ? 
Le soleil blanc imprime sur les bois des silhouettes menaçantes qui, sorties du désordre végétal, s’érigent en motifs énigmatiques.  Une main géante étale ses doigts griffus pour caracoler d’un tronc à l’autre, de crevasse en lézarde. Quelques feuilles dans la transparence de la futaie, ponctuent de leur clarté ensoleillée une ligne de vie vers une sortie imminente. Les vieilles sentinelles à la peau parcheminée se tiennent particulièrement droites, les pieds ancrés dans l’humus et la tête flottant dans l’azur. Il en va aussi ainsi de certains hommes.

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Du vert mais pas que…

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Parmi la gamme chromatique allant du jaune au violet, le bleu est la couleur préférée des Occidentaux. Viennent ensuite le rouge et le vert. Le jaune ne semble pas retenir beaucoup de suffrages.
C’est autour du vert que je porterai mon attention. On ne le sait peut-être pas, mais le vert fait partie de ces couleurs historiquement maudites. Au XVIe siècle, le pigment vert était chimiquement instable et difficile à créer. Cette couleur était issue de l’oxydation de lamelles de cuivre avec du vinaigre, du citron ou de l’urine. Ce vert-de-gris obtenu s’il suffit à imiter la couleur verte, n’en est pas moins corrosif et contaminant pour les couleurs voisines ainsi que toxique puisqu’il se transforme en un poison extrêmement violent. Au XVIe siècle, le comédien qui jouait en vert, ne portait pas un costume teint en vert, mais un costume littéralement peint en vert-de-gris.
Plusieurs comédiens moururent empoisonnés mais personne ne comprit que la peinture en était vraiment la cause. L’idée se répandit que le vert était une couleur maudite et elle fut bannie progressivement des scènes de théâtre. La légende ne s’arrêtera pas là puisqu’au XIXe siècle, la malédiction du vert prend un nouvelle tournure. Ce n’est plus le vert-de-gris qui est en cause, mais celui à base d’arsenic. On se sert de cet élément chimique pour fabriquer teintures et peintures vertes en décoration, dans le mobilier, ou objets de la vie quotidienne. Ces produits inodores étaient extrêmement dangereux puisqu’ils exhalaient, en présence d’humidité, des vapeurs nocives qui provoquèrent de nombreux accidents et ne firent qu’amplifier la méfiance vis à vis de cette couleur. Il est possible que Napoléon en ait été victime à Sainte-Hélène. Aucun historien ne croit plus que l’empereur ait volontairement été empoisonné, mais plusieurs chercheurs soulignent que les pièces de la maison où il vivait étaient tendues de vert – sa couleur préférée – , le dangereux “vert de Schweinfurt” mis au point en 1814 par dissolution de copeaux de cuivre dans de l’arsenic. D’où sans doute une explication à la présence de traces d’arsenic dans les cheveux et sous les ongles de l’empereur défunt.
(À lire l’excellent livre de Michel Pastoureau, Les couleurs de nos souvenirs.)

Si en peinture, la constitution du vert ne présente pas de toxicité particulière et n’endosse plus la moindre malédiction, elle demeure pour beaucoup une couleur délicate à mettre en œuvre. Pour un peintre de paysages la saison fatidique est celle qui se situe entre la fin du printemps et les prémisses de l’automne. C’est à ce moment là que la nature explose dans un foisonnement de verts de toutes sortes. Si nombreux et souvent si proches selon les différentes essences d’arbres dressés sur les prairies aux herbes survitaminées. Comment rendre toutes ces nuances qui changent en permanence au gré du nuage qui musarde ou du soleil qui place les ombres tantôt à droite, tantôt à gauche. Là, le peintre aurait tendance à mettre en regard ces misérable capacités d’observation et la force évocatrice de la nature. Comment rendre tout ça, sans en faire un vulgaire plat d’épinards. Je ne passe pas de la peinture à la cuisine – bien que la cuisine soit aussi un art – sans intention. Mais la hantise du coloriste est bien de se rendre compte que son paysage et particulièrement ses verts ressemblent indéniablement à la couleur des épinards. Rien de pire ! La “couleur épinard”, c’est un peu la couleur directement sortie du tube, une couleur non modulée, non travaillée, qui manque de finesse et ne correspond qu’à une observation insuffisante. Je ressens une certaine angoisse chaque fois que je dois planter mon chevalet devant un paysage tout de vert revêtu. Le niveau me paraît infranchissable au premier abord, il me faut apprivoiser le lieu, l’espace, les sonorités, les couleurs…
La proximité des nuances fait que l’œil se perd très vite dans un massif entièrement vert. Généralement, je fixe mon attention sur un arbre particulier qui constituera un axe principal. Celui-ci me servira de couleur de référence à partir duquel je vais organiser toutes les autres couleur. Je vais faire un va et vient visuel permanent pour donner à l’ensemble de la peinture, une cohérence, une harmonie qui, même si elle ne représente pas la réalité, devient sa propre réalité. Le plus difficile est d’appréhender la verdure qui se fond dans les bleus avec l’éloignement. Cézanne a longuement travaillé cet effet de vibrations dans les lointains. C’est dans une forme plus moderne et plus réaliste qu’Israël Hershberg s’est intéressé à ce phénomène de profondeur et de voile atmosphérique.

Cézanne, la montagne Sainte-Victoire.

Israël Hershberg, les Sabines 2014.

Il faut avant tout chose se focaliser sur un sujet. Bien souvent, je ne recherche pas le sujet original qui risque de constituer ce que j’appellerais l’aspect « carte postale ». Les poncifs traditionnels existent en photo comme en peinture. Certains en vivent et très bien, pour continuer à défendre leur position. Le joli petit village avec les fleurs au premier plan (le tout bien « léché » ou traité « au couteau », dont les couleurs brutales, happent l’amateur d’art qui confond peinture et imagerie), reste le modèle favori. Mes préférences thématiques, si elles ne me sont pas exclusives, résultent d’une façon de voir la nature de façon très naturelle, comme au cours d’une promenade. Le regard se pose ici sur un coin de campagne, ou là sur un bosquet parceque nous sommes entrés en résonnance avec ces éléments d’apparence anodine. C’est ce choix que je privilégie. Celui de ne représenter que des endroits dépourvus de tout intérêt « pittoresque ». Éviter l’attrait « forlklorique ». Tenter de donner l’attention à la peinture elle-même et non pas au sujet ou à l’objet représenté. Il en est de même pour les éléments des natures mortes (je préfère l’appellation anglaise « still life) qui me proposent une vision du quotidien à la place de tables chargées de fruits, de fleurs et de victuailles dont le passé nous a habitués. La chaise de Mathieu Weemaels, le plat vide de Michael East, ou le lavabo d’Antonio Lopez Garcia sont des objets du quotidien entrés dans la vision et la préoccupation des artistes d’aujourd’hui. Leur qualités picturales et leur valeur artistique ne peuvent être contestées.

Mathieu Weemaels.

Michael East.

Antonio Lopez Garcia.

Je ne cherche pas à séduire par une série d’artifices qui flattent l’œil d’un large public. On peut me le reprocher. Mais cela ne constitue pas une charge suffisante pour me faire changer de direction. L’idée est de se démunir de tout ce qui pourrait être mineur, qui pourrait troubler ou divertir l’observation. Une barrière d’arbres mêlés sans distinction, un fourré ou un lointain anonyme font l’affaire. Un sujet à l’apparence banale ne contient plus que l’essentiel à étudier, les formes et les couleurs. Le fait d’en décider la représentation lui fait perdre son rôle d’élément de piètre importance et lui confère le statut de modèle privilégié. Souvent, je pense à quelques grands peintres dont je pourrais faire référence tant leur travail fut pour moi en son temps un modèle. Corot le “moderne” avant l’heure par le synthétisme et cette force tranquille qui émane de ses paysages. Cézanne pour la touche de couleur qui construit ses paysages comme un maçon construit sa maison. Bonnard dont la couleur magique transfigure la moindre vue en un mirage féérique digne du Magicien d’Oz. Et désormais tant d’autres contemporains qui, s’ils ne sont pas des maîtres « muséifiables », sont d’excellents peintres. 

Corot.

Cézanne.

Bonnard.

L’observation du sujet verdoyant est un bon exercice pour former son œil. Les nuances sont subtiles, teintées de bleu, de jaune, de gris, d’argent pour certains feuillages. Je n’ai jamais eu le sentiment devant un paysage de me dire : “voilà, c’est un tableau fini !”. J’ai toujours envisagé le paysage comme une série d’études à chaque fois prolongées. Le premier aidant au passage et au perfectionnement du second et ainsi de suite avec des allées et venues incessantes, soit en progression, soit parfois avec des retours spectaculaires.
Certaines peintures, sont pour moi des marqueurs importants. Ainsi ce petit paysage de quelques centimètres carrés, réalisé en pochade en moins d’une heure, est le résultat d’une vision du lointain dont je n’avais jamais fait cas jusqu’à présent. J’ai été surpris de constater combien, en scrutant l’horizon, l’œil finit par discerner volumes, plans étagés en profondeur, qu’il est si difficile de rendre par la couleur en raison du voile atmosphérique. La taille du format m’empêchant de pousser bien loin la réalisation aussi bien sur l’aspect des formes que de la couleur, il me faudra revenir sur le sujet.

Environs d’Herbeville, août 2017.

Alors, certains pourraient se dire pourquoi s’ennuyer autant et vouloir toujours s’approcher au plus près de la vérité de choses, maîtriser la couleur, la forme, le vide. Pourquoi expérimenter sans cesse, et estimer que ce n’est jamais fini… À ceux là, je n’ai aucune réponse à offrir. Prendre un pinceau n’est pas un acte innocent et chacun doit trouver sa propre réponse. Quelqu’un d’autre que moi a dit ceci :
“J’essaie de faire ce que je ne sais pas faire, c’est ainsi que j’espère apprendre à le faire.” C’était tout simplement Pablo Picasso.Peintures et dessins récents :

 

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Le Tréport

Pendant les chaudes journées qui voient le thermomètre rougir inexorablement dès le point du jour, je n’ai qu’une envie, fuir vers une de ces contrées qui inspirent la fraîcheur. Je rêve de l’Écosse et de ses brouillards enveloppants, de l’Islande, et même plus, de Norvège avec son Spitzberg, des confins d’Ushuaïa que sais-je moi…
Finalement, un petit tour à la mer pour y trouver un peu d’air du large devrait suffire à me ressourcer. Tant pis pour le Spitzberg, ça sera direction Le Tréport à 200 km environ.
Ça commence mal. À peine quitté le parking et au bout de 5 minutes de route, embouteillage monstrueux en raison des travaux d’été. Je ne comprends pas pourquoi les travaux débutent toujours au début de l’été. Entre les vacanciers qui vont d’un point à un autre et ceux qui continuent de travailler, la circulation est nettement aussi importante que pendant le reste de l’année. Une demi-heure à piaffer cul à cul, dans la puanteur des gaz d’échappements. Des milliers de véhicules s’étirent sur des centaines et des centaines de mètres en lançant ici et là des éclats brillants de tôles déjà surchauffées.

L’arrivée de la diligence au Tréport. Jules Achille Noël (1978)

Le voyage se mérite et s’exfiltrer le matin de la zone nerveuse et susceptible qui ceinture la région parisienne n’est pas une mince affaire.
Il faut aborder Le Tréport par la petite route touristique D126, qui domine la mer et dessert d’une part de vastes parkings ainsi que l’accès au funiculaire. De l’esplanade qui surplombe la ville, la vue est absolument superbe et sous nos yeux, se dessine avec précision les maisons comprimées du vieux quartier des Cordiers. Une ville miniature apparaît ourlée d’émeraude. Au fond, les falaises de Mers-Les-Bains se dressent dans le léger voile atmosphérique. À droite, la vallée de la Bresle s’enfonce doucement à l’intérieur des terres agricoles. Indifférents à notre présence, les goélands accompagnent leur vol planant par des raillements sonores et incessants.


De manière incongrue, une balustrade ornée de deux vasques s’ouvre sur un ciel gigantesque. Au XIX ème siècle s’imposait là un luxueux hôtel qui comptait parmi les plus beaux palaces de France. Avec ses centaines de chambres, il accueillait Français et Anglais argentés. L’un des propriétaires de cet hôtel eut l’initiative de la construction du funiculaire (1908) qui permit à ses clients une liaison facile avec la ville. Hôpital militaire pendant la guerre 14-18, l’édifice prestigieux allait finir en décombres, dynamité par les Allemands en 1942. L’escalier d’entrée, rescapé du désastre et restauré par la ville demeure un modeste souvenir d’un glorieux passé touristique.

Tout proche (outre l’éternel débit de boissons) le bâtiment du funiculaire. Vous ne me croirez pas…il est gratuit ! La descente dure une minute et vous n’aurez pas le grand frisson tant la mécanique vous transporte en douceur. Monter et descendre est un jeu d’enfant. Un bouton pour appeler, un pour monter, un pour descendre. Quatre cellules effectuent la navette sans discontinuer. Garer sa voiture en haut des falaises et visiter la ville à pied est d’un confort absolument appréciable.

Le Tréport n’offre pas la plus belle plage de la côte d’Albâtre. Le gris est la couleur dominante. Les galets sont partout présents et crissent à la moindre vaguelette. Le front de mer se découvre pratiquement au pied du funiculaire. De celui-ci au phare, il est quelconque, cimenté, accompagné d’une barre d’immeuble des années 60/70 qui marque la ville d’une empreinte modeste.
Il faut passer le Casino pour trouver face au port, quai François 1er, les façades serrées et chatoyantes abritant de nombreuses échoppes et restaurants. Quelques touristes jouent leur rôle et nous allons aussi nous fondre parmi eux.

C’est là sur le port que se prépare le petit voyage en mer, qui nous mènera au pied des hautes falaises crayeuses de Mers-Les-Bains. Tout au loin Ault et au delà encore, la passe qui s’ouvre sur la baie de Somme. Nous faisons le plein de couleurs, de fraîcheur marine et de gasoil par la même occasion. Le retour sur le pavé à l’heure où le soleil est à la verticale, nous entraîne invariablement vers les restaurants aux terrasses largement ouvertes.

Une petite pause s’appréciera tout naturellement autour d’un déjeuner de plats de poissons. On peut toujours espérer en bord de mer et dans un port y déguster un poisson meilleur qu’ailleurs. Incertitude !
Dominant le port et la ville, l’église Saint-Jacques se dresse puissante sur un emplacement choisi dès le XI ème siècle.

Les ruelles montantes, nous mènent tranquillement vers l’édifice. Il est bâti sur les ruines de l’ancienne église paroissiale et le cimetière, effondrés au cours de la tempête de 1360. L’église est reconstruite, mais cette fois ce sont les Anglais et les Huguenots qui rasent le bâtiment. La troisième fois est la bonne, dans la deuxième moitié du XVI ème siècle, l’église Saint-Jacques s’installe définitivement sur le coteau. Le monument est typique de la région avec ses façades en damiers de grès sombre et de silex qui lui donnent une apparence un peu particulière.

À l’intérieur, une belle lumière exalte les 3 nefs en pierre de taille, de grès et de silex. Comme par enchantement un rayon dessine dans l’espace un bouquet de fleurs blanches en une offrande silencieuse.

Le porche du clocher, tour carrée qui protège l’entrée des vents venus de la mer, découpe dans son embrasure le port et l’immensité du ciel tout en transformant la moindre silhouette en théâtre d’ombres.
Notre promenade se traîne gentiment dans les ruelles du quartier des Cordiers. Lové au pied des falaises, ce quartier s’est construit au début du XVIII ème siècle. Les marins trop modestes financièrement pour se payer des filets, pratiquaient la pêche avec de longues cordes garnies d’hameçons et de vers de mer. D’où ce nom de Cordiers. Les rues sont étroites, parallèles comme pour couper l’action des mauvais vents.

Les petites maisons sont toutes étagées et décorées de balcons, de bow-windows, de statues et de motifs marins. Certaines entrées sont décorées de carreaux de céramique en faïence ou en grès et portent des noms amusants ou familiers. À l’emplacement même de ce quartier, Hitler souhaitait commencer l’édification du mur de l’Atlantique.

Avec le même flegme mécanique, le funiculaire nous remonte sans à coup sur le plateau calcaire où nous retrouvons notre voiture à l’intérieur chauffé à blanc. La climatisation nous accompagnera pendant les 2 h 30 du trajet retour. Malgré mes précautions pour ne pas subir l’embouteillage du matin, et modifiant l’itinéraire, nous rencontrerons tout de même un bouchon dû aux travaux. Des 25° affichés au Tréport, le retour en région parisienne se soldera par une température au delà des 35°.

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Le nu va se rhabiller


Fin juin signifie la fermeture pour trois mois de l’atelier de modèle vivant. 

Aurevoir le ronflement des chauffages d’appoint qui font perler les gouttes de sueur au front des plus braves et griller le modèle collé tout contre. Oubliés les éclats de rire qui fusent à la sortie d’une bonne blague et qui forcément trouve toujours un écho amplifié derrière un chevalet anonyme. Adieu les petites poses café accompagnées parfois d’un biscuit, qui permettent au modèle de relaxer son corps et nous accordent quelques bavardages tout en admirant nos exploits graphiques. 

Pour bien conclure une année de travail, quoi de plus sympathique que d’organiser une petite réunion amicale autour d’un repas “presque improvisé”. Chacun ayant préparé un “en cas” différent, nous avons allègrement mélangé les plats et les saveurs, le sucré et le salé. Qu’importe la règle, le plaisir de finir cette session était là et  cette réunion autour d’une table bien garnie n’a pu que contribuer à plus de reconnaissance de l’autre.

Tous n’étaient pas présents, dommage pour certains et tant pis pour d’autres. On se dit au plaisir de se retrouver fin septembre et bonnes vacances à tous.

En galerie mes derniers croquis de modèle vivant réalisés à l’huile sur papier.

 

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Quelques peintures juin 2017

Ma galerie de tableaux


Mon séjour dans le Morbihan au mois de mai m’aura permis de participer avec deux amis à la mise en place d’une exposition personnelle.

Nous avions choisi Carnac et sa belle salle des expositions pour cela, en pensant que les différents week-ends prolongés du mois de mai, apporteraient un public nombreux et intéressé. Hélas, le calcul s’est avéré mauvais. Malgré des visites (400 sur une douzaine de jours), nous avons reçu des badauds plus motivés par les étals du marché tout proche que par l’exposition de tableaux.

Une très belle et grande salle d’expo

Au cours de longues journées de permanence passées à attendre l’amateur d’art providentiel, j’ai eu le sentiment de recevoir surtout des personnes au cerveau « lobotomisées ». Peu de connaisseurs, peu de personnes enclines à discuter, à partager avis et commentaires. Combien de « quidams » sont entrés dans cette salle, sans un « bonjour ou aurevoir » à notre intention, comme si nous étions « transparents. L’art, et la culture en général ont encore bien du chemin à parcourir pour séduire une grande majorité d’êtres humains. Il est tellement plus facile de se garnir la panse que d’abreuver son cerveau.

Artrio est né de la réunion de trois amis

Ceci n’empêchant pas cela, j’ai pu trouver (en dehors de cette exposition) le temps nécessaire pour réaliser quelques pochades sur le motif. Cette mise à jour comprend également mes réalisations depuis le mois de novembre, peintures, dessins etc…

La Modernité en Bretagne

Le musée de Pont-Aven s’est entièrement modernisé et a réouvert ses portes au public en mars 2016.
Quand on parle de Pont-Aven, on pense immédiatement au synthétisme de Paul Gauguin et à Émile Bernard. Mais, la Bretagne fut aussi à la fin du XIX ème siècle une terre d’accueil et une source d’inspiration pour de nombreux autres artistes peintres. Eugène Boudin, Claude Monet, Maxime Maufra, Armand Guillaumin, le peintre australien John Peter Rusell…s’installeront épisodiquement ou durablement, de Belle-Île à Concarneau ou en campagne, des bords de l’Odet au Faouet tout en faisant vibrer la couleur et la lumière sous leurs pinceaux. La Bretagne leur offrant d’inépuisables sujets.
L’exposition “La Modernité en Bretagne” retrace une période de l’histoire de l’art de la région de 1870 à 1940. Mise en scène d’une vision élargie et détaillée de ce que représente généralement l’art dit “moderne”. Un premier volet est ainsi offert au visiteur de Claude Monet à Lucien Simon. Un accrochage consécutif mettra en valeur la période s’ouvrant de Jean-Julien Lemordant à Mathurin Méheut.
Une centaine d’artistes réunis en deux temps avec des œuvres, pour la plupart d’entre-elles méconnues du grand public.
L’interdiction de photographier les toiles provenant des collections particulières m’a contraint à réaliser des reproductions d’après le catalogue de l’exposition. Certaines œuvres ne sont représentées ici que de façon partielle.

Musée de Pont-Aven
Du 4 février au 11 juin 2017
La Modernité en Bretagne 1
De Claude Monet à Lucien Simon (1970-1920)

Du 1er juillet au 7 janvier 2018
La Modernité en Bretagne 2
De Jean-Julien Lemordant à Mathurin Méheut (1920-1940)

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