Secrets des arbres

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Si tôt ce matin, la lumière perce à travers le feuillage et caresse la peau des arbres séculaires. L’écorce, en larges croûtes disjointes semble s’ouvrir à la chaleur naissante.
Ici, le couteau a fendu l’enveloppe pour y dessiner les signes de l’amour. Une blessure à vie pour une union peut-être éphémère. Là avec le temps, un fil d’acier a mutilé la chair, provoquant une boursouflure qui digère silencieusement l’ennemi qui l’étrangle. 
Sous la cathédrale de verdure, les veines mortes d’un lierre dessinent en deux discrètes lignes un symbole rédempteur. Au sol, dans l’amalgame de terreau et de pierres, inanimée, vaincue, une feuille en forme de larme jaunit lentement.
De combien de plaies ouvertes, de cicatrices mal refermées ces arbres ont t’ils à se plaindre ? De combien de promesses, de secrets, de cris des jeux d’enfants se cachant autour de leur corps, ces arbres sont t’ils les complices ? 
Le soleil blanc imprime sur les bois des silhouettes menaçantes qui, sorties du désordre végétal, s’érigent en motifs énigmatiques.  Une main géante étale ses doigts griffus pour caracoler d’un tronc à l’autre, de crevasse en lézarde. Quelques feuilles dans la transparence de la futaie, ponctuent de leur clarté ensoleillée une ligne de vie vers une sortie imminente. Les vieilles sentinelles à la peau parcheminée se tiennent particulièrement droites, les pieds ancrés dans l’humus et la tête flottant dans l’azur. Il en va aussi ainsi de certains hommes.

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Du vert mais pas que…

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Parmi la gamme chromatique allant du jaune au violet, le bleu est la couleur préférée des Occidentaux. Viennent ensuite le rouge et le vert. Le jaune ne semble pas retenir beaucoup de suffrages.
C’est autour du vert que je porterai mon attention. On ne le sait peut-être pas, mais le vert fait partie de ces couleurs historiquement maudites. Au XVIe siècle, le pigment vert était chimiquement instable et difficile à créer. Cette couleur était issue de l’oxydation de lamelles de cuivre avec du vinaigre, du citron ou de l’urine. Ce vert-de-gris obtenu s’il suffit à imiter la couleur verte, n’en est pas moins corrosif et contaminant pour les couleurs voisines ainsi que toxique puisqu’il se transforme en un poison extrêmement violent. Au XVIe siècle, le comédien qui jouait en vert, ne portait pas un costume teint en vert, mais un costume littéralement peint en vert-de-gris.
Plusieurs comédiens moururent empoisonnés mais personne ne comprit que la peinture en était vraiment la cause. L’idée se répandit que le vert était une couleur maudite et elle fut bannie progressivement des scènes de théâtre. La légende ne s’arrêtera pas là puisqu’au XIXe siècle, la malédiction du vert prend un nouvelle tournure. Ce n’est plus le vert-de-gris qui est en cause, mais celui à base d’arsenic. On se sert de cet élément chimique pour fabriquer teintures et peintures vertes en décoration, dans le mobilier, ou objets de la vie quotidienne. Ces produits inodores étaient extrêmement dangereux puisqu’ils exhalaient, en présence d’humidité, des vapeurs nocives qui provoquèrent de nombreux accidents et ne firent qu’amplifier la méfiance vis à vis de cette couleur. Il est possible que Napoléon en ait été victime à Sainte-Hélène. Aucun historien ne croit plus que l’empereur ait volontairement été empoisonné, mais plusieurs chercheurs soulignent que les pièces de la maison où il vivait étaient tendues de vert – sa couleur préférée – , le dangereux “vert de Schweinfurt” mis au point en 1814 par dissolution de copeaux de cuivre dans de l’arsenic. D’où sans doute une explication à la présence de traces d’arsenic dans les cheveux et sous les ongles de l’empereur défunt.
(À lire l’excellent livre de Michel Pastoureau, Les couleurs de nos souvenirs.)

Si en peinture, la constitution du vert ne présente pas de toxicité particulière et n’endosse plus la moindre malédiction, elle demeure pour beaucoup une couleur délicate à mettre en œuvre. Pour un peintre de paysages la saison fatidique est celle qui se situe entre la fin du printemps et les prémisses de l’automne. C’est à ce moment là que la nature explose dans un foisonnement de verts de toutes sortes. Si nombreux et souvent si proches selon les différentes essences d’arbres dressés sur les prairies aux herbes survitaminées. Comment rendre toutes ces nuances qui changent en permanence au gré du nuage qui musarde ou du soleil qui place les ombres tantôt à droite, tantôt à gauche. Là, le peintre aurait tendance à mettre en regard ces misérable capacités d’observation et la force évocatrice de la nature. Comment rendre tout ça, sans en faire un vulgaire plat d’épinards. Je ne passe pas de la peinture à la cuisine – bien que la cuisine soit aussi un art – sans intention. Mais la hantise du coloriste est bien de se rendre compte que son paysage et particulièrement ses verts ressemblent indéniablement à la couleur des épinards. Rien de pire ! La “couleur épinard”, c’est un peu la couleur directement sortie du tube, une couleur non modulée, non travaillée, qui manque de finesse et ne correspond qu’à une observation insuffisante. Je ressens une certaine angoisse chaque fois que je dois planter mon chevalet devant un paysage tout de vert revêtu. Le niveau me paraît infranchissable au premier abord, il me faut apprivoiser le lieu, l’espace, les sonorités, les couleurs…
La proximité des nuances fait que l’œil se perd très vite dans un massif entièrement vert. Généralement, je fixe mon attention sur un arbre particulier qui constituera un axe principal. Celui-ci me servira de couleur de référence à partir duquel je vais organiser toutes les autres couleur. Je vais faire un va et vient visuel permanent pour donner à l’ensemble de la peinture, une cohérence, une harmonie qui, même si elle ne représente pas la réalité, devient sa propre réalité. Le plus difficile est d’appréhender la verdure qui se fond dans les bleus avec l’éloignement. Cézanne a longuement travaillé cet effet de vibrations dans les lointains. C’est dans une forme plus moderne et plus réaliste qu’Israël Hershberg s’est intéressé à ce phénomène de profondeur et de voile atmosphérique.

Cézanne, la montagne Sainte-Victoire.

Israël Hershberg, les Sabines 2014.

Il faut avant tout chose se focaliser sur un sujet. Bien souvent, je ne recherche pas le sujet original qui risque de constituer ce que j’appellerais l’aspect « carte postale ». Les poncifs traditionnels existent en photo comme en peinture. Certains en vivent et très bien, pour continuer à défendre leur position. Le joli petit village avec les fleurs au premier plan (le tout bien « léché » ou traité « au couteau », dont les couleurs brutales, happent l’amateur d’art qui confond peinture et imagerie), reste le modèle favori. Mes préférences thématiques, si elles ne me sont pas exclusives, résultent d’une façon de voir la nature de façon très naturelle, comme au cours d’une promenade. Le regard se pose ici sur un coin de campagne, ou là sur un bosquet parceque nous sommes entrés en résonnance avec ces éléments d’apparence anodine. C’est ce choix que je privilégie. Celui de ne représenter que des endroits dépourvus de tout intérêt « pittoresque ». Éviter l’attrait « forlklorique ». Tenter de donner l’attention à la peinture elle-même et non pas au sujet ou à l’objet représenté. Il en est de même pour les éléments des natures mortes (je préfère l’appellation anglaise « still life) qui me proposent une vision du quotidien à la place de tables chargées de fruits, de fleurs et de victuailles dont le passé nous a habitués. La chaise de Mathieu Weemaels, le plat vide de Michael East, ou le lavabo d’Antonio Lopez Garcia sont des objets du quotidien entrés dans la vision et la préoccupation des artistes d’aujourd’hui. Leur qualités picturales et leur valeur artistique ne peuvent être contestées.

Mathieu Weemaels.

Michael East.

Antonio Lopez Garcia.

Je ne cherche pas à séduire par une série d’artifices qui flattent l’œil d’un large public. On peut me le reprocher. Mais cela ne constitue pas une charge suffisante pour me faire changer de direction. L’idée est de se démunir de tout ce qui pourrait être mineur, qui pourrait troubler ou divertir l’observation. Une barrière d’arbres mêlés sans distinction, un fourré ou un lointain anonyme font l’affaire. Un sujet à l’apparence banale ne contient plus que l’essentiel à étudier, les formes et les couleurs. Le fait d’en décider la représentation lui fait perdre son rôle d’élément de piètre importance et lui confère le statut de modèle privilégié. Souvent, je pense à quelques grands peintres dont je pourrais faire référence tant leur travail fut pour moi en son temps un modèle. Corot le “moderne” avant l’heure par le synthétisme et cette force tranquille qui émane de ses paysages. Cézanne pour la touche de couleur qui construit ses paysages comme un maçon construit sa maison. Bonnard dont la couleur magique transfigure la moindre vue en un mirage féérique digne du Magicien d’Oz. Et désormais tant d’autres contemporains qui, s’ils ne sont pas des maîtres « muséifiables », sont d’excellents peintres. 

Corot.

Cézanne.

Bonnard.

L’observation du sujet verdoyant est un bon exercice pour former son œil. Les nuances sont subtiles, teintées de bleu, de jaune, de gris, d’argent pour certains feuillages. Je n’ai jamais eu le sentiment devant un paysage de me dire : “voilà, c’est un tableau fini !”. J’ai toujours envisagé le paysage comme une série d’études à chaque fois prolongées. Le premier aidant au passage et au perfectionnement du second et ainsi de suite avec des allées et venues incessantes, soit en progression, soit parfois avec des retours spectaculaires.
Certaines peintures, sont pour moi des marqueurs importants. Ainsi ce petit paysage de quelques centimètres carrés, réalisé en pochade en moins d’une heure, est le résultat d’une vision du lointain dont je n’avais jamais fait cas jusqu’à présent. J’ai été surpris de constater combien, en scrutant l’horizon, l’œil finit par discerner volumes, plans étagés en profondeur, qu’il est si difficile de rendre par la couleur en raison du voile atmosphérique. La taille du format m’empêchant de pousser bien loin la réalisation aussi bien sur l’aspect des formes que de la couleur, il me faudra revenir sur le sujet.

Environs d’Herbeville, août 2017.

Alors, certains pourraient se dire pourquoi s’ennuyer autant et vouloir toujours s’approcher au plus près de la vérité de choses, maîtriser la couleur, la forme, le vide. Pourquoi expérimenter sans cesse, et estimer que ce n’est jamais fini… À ceux là, je n’ai aucune réponse à offrir. Prendre un pinceau n’est pas un acte innocent et chacun doit trouver sa propre réponse. Quelqu’un d’autre que moi a dit ceci :
“J’essaie de faire ce que je ne sais pas faire, c’est ainsi que j’espère apprendre à le faire.” C’était tout simplement Pablo Picasso.Peintures et dessins récents :

 

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Le Tréport

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Pendant les chaudes journées qui voient le thermomètre rougir inexorablement dès le point du jour, je n’ai qu’une envie, fuir vers une de ces contrées qui inspirent la fraîcheur. Je rêve de l’Écosse et de ses brouillards enveloppants, de l’Islande, et même plus, de Norvège avec son Spitzberg, des confins d’Ushuaïa que sais-je moi…
Finalement, un petit tour à la mer pour y trouver un peu d’air du large devrait suffire à me ressourcer. Tant pis pour le Spitzberg, ça sera direction Le Tréport à 200 km environ.
Ça commence mal. À peine quitté le parking et au bout de 5 minutes de route, embouteillage monstrueux en raison des travaux d’été. Je ne comprends pas pourquoi les travaux débutent toujours au début de l’été. Entre les vacanciers qui vont d’un point à un autre et ceux qui continuent de travailler, la circulation est nettement aussi importante que pendant le reste de l’année. Une demi-heure à piaffer cul à cul, dans la puanteur des gaz d’échappements. Des milliers de véhicules s’étirent sur des centaines et des centaines de mètres en lançant ici et là des éclats brillants de tôles déjà surchauffées.

L’arrivée de la diligence au Tréport. Jules Achille Noël (1978)

Le voyage se mérite et s’exfiltrer le matin de la zone nerveuse et susceptible qui ceinture la région parisienne n’est pas une mince affaire.
Il faut aborder Le Tréport par la petite route touristique D126, qui domine la mer et dessert d’une part de vastes parkings ainsi que l’accès au funiculaire. De l’esplanade qui surplombe la ville, la vue est absolument superbe et sous nos yeux, se dessine avec précision les maisons comprimées du vieux quartier des Cordiers. Une ville miniature apparaît ourlée d’émeraude. Au fond, les falaises de Mers-Les-Bains se dressent dans le léger voile atmosphérique. À droite, la vallée de la Bresle s’enfonce doucement à l’intérieur des terres agricoles. Indifférents à notre présence, les goélands accompagnent leur vol planant par des raillements sonores et incessants.


De manière incongrue, une balustrade ornée de deux vasques s’ouvre sur un ciel gigantesque. Au XIX ème siècle s’imposait là un luxueux hôtel qui comptait parmi les plus beaux palaces de France. Avec ses centaines de chambres, il accueillait Français et Anglais argentés. L’un des propriétaires de cet hôtel eut l’initiative de la construction du funiculaire (1908) qui permit à ses clients une liaison facile avec la ville. Hôpital militaire pendant la guerre 14-18, l’édifice prestigieux allait finir en décombres, dynamité par les Allemands en 1942. L’escalier d’entrée, rescapé du désastre et restauré par la ville demeure un modeste souvenir d’un glorieux passé touristique.

Tout proche (outre l’éternel débit de boissons) le bâtiment du funiculaire. Vous ne me croirez pas…il est gratuit ! La descente dure une minute et vous n’aurez pas le grand frisson tant la mécanique vous transporte en douceur. Monter et descendre est un jeu d’enfant. Un bouton pour appeler, un pour monter, un pour descendre. Quatre cellules effectuent la navette sans discontinuer. Garer sa voiture en haut des falaises et visiter la ville à pied est d’un confort absolument appréciable.

Le Tréport n’offre pas la plus belle plage de la côte d’Albâtre. Le gris est la couleur dominante. Les galets sont partout présents et crissent à la moindre vaguelette. Le front de mer se découvre pratiquement au pied du funiculaire. De celui-ci au phare, il est quelconque, cimenté, accompagné d’une barre d’immeuble des années 60/70 qui marque la ville d’une empreinte modeste.
Il faut passer le Casino pour trouver face au port, quai François 1er, les façades serrées et chatoyantes abritant de nombreuses échoppes et restaurants. Quelques touristes jouent leur rôle et nous allons aussi nous fondre parmi eux.

C’est là sur le port que se prépare le petit voyage en mer, qui nous mènera au pied des hautes falaises crayeuses de Mers-Les-Bains. Tout au loin Ault et au delà encore, la passe qui s’ouvre sur la baie de Somme. Nous faisons le plein de couleurs, de fraîcheur marine et de gasoil par la même occasion. Le retour sur le pavé à l’heure où le soleil est à la verticale, nous entraîne invariablement vers les restaurants aux terrasses largement ouvertes.

Une petite pause s’appréciera tout naturellement autour d’un déjeuner de plats de poissons. On peut toujours espérer en bord de mer et dans un port y déguster un poisson meilleur qu’ailleurs. Incertitude !
Dominant le port et la ville, l’église Saint-Jacques se dresse puissante sur un emplacement choisi dès le XI ème siècle.

Les ruelles montantes, nous mènent tranquillement vers l’édifice. Il est bâti sur les ruines de l’ancienne église paroissiale et le cimetière, effondrés au cours de la tempête de 1360. L’église est reconstruite, mais cette fois ce sont les Anglais et les Huguenots qui rasent le bâtiment. La troisième fois est la bonne, dans la deuxième moitié du XVI ème siècle, l’église Saint-Jacques s’installe définitivement sur le coteau. Le monument est typique de la région avec ses façades en damiers de grès sombre et de silex qui lui donnent une apparence un peu particulière.

À l’intérieur, une belle lumière exalte les 3 nefs en pierre de taille, de grès et de silex. Comme par enchantement un rayon dessine dans l’espace un bouquet de fleurs blanches en une offrande silencieuse.

Le porche du clocher, tour carrée qui protège l’entrée des vents venus de la mer, découpe dans son embrasure le port et l’immensité du ciel tout en transformant la moindre silhouette en théâtre d’ombres.
Notre promenade se traîne gentiment dans les ruelles du quartier des Cordiers. Lové au pied des falaises, ce quartier s’est construit au début du XVIII ème siècle. Les marins trop modestes financièrement pour se payer des filets, pratiquaient la pêche avec de longues cordes garnies d’hameçons et de vers de mer. D’où ce nom de Cordiers. Les rues sont étroites, parallèles comme pour couper l’action des mauvais vents.

Les petites maisons sont toutes étagées et décorées de balcons, de bow-windows, de statues et de motifs marins. Certaines entrées sont décorées de carreaux de céramique en faïence ou en grès et portent des noms amusants ou familiers. À l’emplacement même de ce quartier, Hitler souhaitait commencer l’édification du mur de l’Atlantique.

Avec le même flegme mécanique, le funiculaire nous remonte sans à coup sur le plateau calcaire où nous retrouvons notre voiture à l’intérieur chauffé à blanc. La climatisation nous accompagnera pendant les 2 h 30 du trajet retour. Malgré mes précautions pour ne pas subir l’embouteillage du matin, et modifiant l’itinéraire, nous rencontrerons tout de même un bouchon dû aux travaux. Des 25° affichés au Tréport, le retour en région parisienne se soldera par une température au delà des 35°.

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Le nu va se rhabiller

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Fin juin signifie la fermeture pour trois mois de l’atelier de modèle vivant. 

Aurevoir le ronflement des chauffages d’appoint qui font perler les gouttes de sueur au front des plus braves et griller le modèle collé tout contre. Oubliés les éclats de rire qui fusent à la sortie d’une bonne blague et qui forcément trouve toujours un écho amplifié derrière un chevalet anonyme. Adieu les petites poses café accompagnées parfois d’un biscuit, qui permettent au modèle de relaxer son corps et nous accordent quelques bavardages tout en admirant nos exploits graphiques. 

Pour bien conclure une année de travail, quoi de plus sympathique que d’organiser une petite réunion amicale autour d’un repas “presque improvisé”. Chacun ayant préparé un “en cas” différent, nous avons allègrement mélangé les plats et les saveurs, le sucré et le salé. Qu’importe la règle, le plaisir de finir cette session était là et  cette réunion autour d’une table bien garnie n’a pu que contribuer à plus de reconnaissance de l’autre.

Tous n’étaient pas présents, dommage pour certains et tant pis pour d’autres. On se dit au plaisir de se retrouver fin septembre et bonnes vacances à tous.

En galerie mes derniers croquis de modèle vivant réalisés à l’huile sur papier.

 

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Quelques peintures juin 2017

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Ma galerie de tableaux


Mon séjour dans le Morbihan au mois de mai m’aura permis de participer avec deux amis à la mise en place d’une exposition personnelle.

Nous avions choisi Carnac et sa belle salle des expositions pour cela, en pensant que les différents week-ends prolongés du mois de mai, apporteraient un public nombreux et intéressé. Hélas, le calcul s’est avéré mauvais. Malgré des visites (400 sur une douzaine de jours), nous avons reçu des badauds plus motivés par les étals du marché tout proche que par l’exposition de tableaux.

Une très belle et grande salle d’expo

Au cours de longues journées de permanence passées à attendre l’amateur d’art providentiel, j’ai eu le sentiment de recevoir surtout des personnes au cerveau « lobotomisées ». Peu de connaisseurs, peu de personnes enclines à discuter, à partager avis et commentaires. Combien de « quidams » sont entrés dans cette salle, sans un « bonjour ou aurevoir » à notre intention, comme si nous étions « transparents. L’art, et la culture en général ont encore bien du chemin à parcourir pour séduire une grande majorité d’êtres humains. Il est tellement plus facile de se garnir la panse que d’abreuver son cerveau.

Artrio est né de la réunion de trois amis

Ceci n’empêchant pas cela, j’ai pu trouver (en dehors de cette exposition) le temps nécessaire pour réaliser quelques pochades sur le motif. Cette mise à jour comprend également mes réalisations depuis le mois de novembre, peintures, dessins etc…

La Modernité en Bretagne

Le musée de Pont-Aven s’est entièrement modernisé et a réouvert ses portes au public en mars 2016.
Quand on parle de Pont-Aven, on pense immédiatement au synthétisme de Paul Gauguin et à Émile Bernard. Mais, la Bretagne fut aussi à la fin du XIX ème siècle une terre d’accueil et une source d’inspiration pour de nombreux autres artistes peintres. Eugène Boudin, Claude Monet, Maxime Maufra, Armand Guillaumin, le peintre australien John Peter Rusell…s’installeront épisodiquement ou durablement, de Belle-Île à Concarneau ou en campagne, des bords de l’Odet au Faouet tout en faisant vibrer la couleur et la lumière sous leurs pinceaux. La Bretagne leur offrant d’inépuisables sujets.
L’exposition “La Modernité en Bretagne” retrace une période de l’histoire de l’art de la région de 1870 à 1940. Mise en scène d’une vision élargie et détaillée de ce que représente généralement l’art dit “moderne”. Un premier volet est ainsi offert au visiteur de Claude Monet à Lucien Simon. Un accrochage consécutif mettra en valeur la période s’ouvrant de Jean-Julien Lemordant à Mathurin Méheut.
Une centaine d’artistes réunis en deux temps avec des œuvres, pour la plupart d’entre-elles méconnues du grand public.
L’interdiction de photographier les toiles provenant des collections particulières m’a contraint à réaliser des reproductions d’après le catalogue de l’exposition. Certaines œuvres ne sont représentées ici que de façon partielle.

Musée de Pont-Aven
Du 4 février au 11 juin 2017
La Modernité en Bretagne 1
De Claude Monet à Lucien Simon (1970-1920)

Du 1er juillet au 7 janvier 2018
La Modernité en Bretagne 2
De Jean-Julien Lemordant à Mathurin Méheut (1920-1940)

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Une journée peinture

Sarah en pleine action.

Il a fait très chaud, même très orageux ce dimanche 28 mai. Tout comme l’année dernière pour la journée peinture à Mesnil Le Roi, il a fallu se munir des chapeaux, de la crème protectrice et de beaucoup d’envie pour se poster, observer et œuvrer devant son sujet de longues heures durant.
Après un accueil sympathique où croissants, petits pains et autres viennoiseries permettent de raviver les retrouvailles, comme un vol de moineaux, chacun s’éclipse vers le coin – déjà repéré ou  espéré – pour s’installer au mieux pour cette journée de peinture.
Mon sujet de travail sera la grotte artificielle (l’un des derniers vestiges de l’ancien parc du château de Mesnil Le Roi) qui profite d’une zone en forêt où l’ombre apporte un peu de fraîcheur. Je me battrai de longues heures avec ces rochers de couleur incertaine, bizarrement bariolés de vert, d’orange, de gris. Aucune teinte locale à saisir qui pourraient me permettre de saisir d’un seul coup la teinte générale. D’autant que compliquant la tâche, des percées lumineuses viennent de temps en temps se surajouter à la couleur de la pierre.
Le rassemblement se fait à 17 heures autour d’une coupe de champagne, d’un petit buffet, où l’on se retrouve pour partager nos émotions, pour faire le bilan, apprécier avec le recul nécessaire ce que l’on a produit soi-même ainsi que la découverte du travail des “collègues”. Un jury décerne son appréciation après bien des hésitations.

J’ai un regret, celui de constater année après année le peu de peintres qui participent à cette journée conviviale. Cette initiative pour sympathique qu’ellle soit, risque à terme de disparaître faute de participants et de renouvellement.

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Combas à Avignon

En raison de travaux, le musée Angladon à Avignon a fait migrer ses œuvres quelques rues plus loin, vers la Collection Lambert, musée d’art contemporain. L’Hôtel de Caumont et de Montfaucon exposent donc en ce moment, la collection Jacques Doucet (Chardin, Van Gogh, Cézanne, Degas, Vuillard, Picasso, Modigliani, Man Ray…) ainsi qu’un artiste incontournable de la figuration libre, Robert Combas.
Sous le titre “Les Combas de Lambert”, le musée réunit pas moins de 250 œuvres, rappelant le rôle fondateur de Robert Combas qui au même moment que Jean-Michel Basquiat, Keith Haring et bien d’autres grands noms, démontra que la peinture n’était pas morte, mais plus vivante que jamais.

Robert Combas est né en 1957. Au début des années 80 un vent nouveau souffle sur les arts. C’est l’ère des radios libres, du reggae, du disco et la peinture figurative qui avait été enterrée et bannie pendant 15 ans, revient sur la scène portée par un marché économique prospère. En 1983, Robert Combas obtient sa première exposition avec l’allemand Middendorf et Jean-Charles Blais à la galerie Yvon Lambert. Il y eut entre Robert Combas et son marchand, une réelle amitié, intense et réciproque pour preuve, le nombre de toiles, de dessins, d’œuvres tous supports en la possession d’Yvon Lambert. Combas est ainsi l’artiste le plus représenté dans la Collection Lambert comme Andres Serrano ou Nan Goldin (photographes).
Grâce à Y.Lambert, Combas fut exposé dans le temple de l’art New-Yorkais de Léo Castelli. Combas devint progressivement le représentant d’une nouvelle génération, symbole d’une peinture française qui semblait reprendre des couleurs. L’artiste représentait la gaieté, l’innocence associée à la boulimie d’un travail instinctif et impulsif. Hautes en couleur, ses œuvres tranchent avec les réalisations des artistes habituels exposés dans la collection Lambert.
Totalement autodidacte, comme un enfant découvrant des pots de peinture et des pinceaux, Combas joue avec les couleurs exprime sa créativité sur tous supports (papiers, toiles, cartons, draps…). À l’écart de l’actualité artistique, entre le Facteur Cheval, Gaston Chaissac et l’Art Brut, il aura commencé son œuvre sans se soucier des modes, et des artistes qui auraient pu être des points de repères. Robert Combas préférait les codes de la culture populaire, les images de la rue, et les discussions où l’on parlait de tout sauf d’art.
L’exposition présente près de 200 œuvres des années 80/90 de la Collection Lambert et de belles peintures de la collection privée de son galeriste Laurent Strouk. Des œuvres monumentales (La guerre de Troie, près de 10 mètres) aux scènes de genre, le parcours s’intéresse plus particulièrement aux thèmes chers à l’artiste comme le bestiaire, l’amour, les batailles, la musique, la religion ou encore la mythologie.
En marge de cette exposition, il faut remarquer les salles dédiées au prix Yvon Lambert pour la jeune création avec des réalisations (très mâtures) de jeunes diplômés des 7 écoles d’art de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Collection Lambert
5 rue Violette
84 000 Avignon

Exposition :
Les Combas de Lambert
11 décembre 2016 au 05 juin 2017

 

 

Diverses peinture d’hiver

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Morbihan, côte sauvage de Quiberon (huile sur toile 60×80 cm)

Il était temps de mettre à jour ce blog.
De moins en moins de photos, de plus en plus de peintures. La photo est moins présente du fait que mon activité peinture me prend beaucoup de temps et que cette dernière devient pour moi plus excitante en “vie”, plus motivante en apprentissage, ouverte sur un nouvel univers et de nouveaux contacts. Cette passion qui n’est pas née d’hier, répond harmonieusement à une perception plus lente, plus introspective de la nature qui m’entoure. La photo n’en est pas abandonnée pour autant, mais joue un autre rôle et bien souvent se limite à quelques séries faites en “coup de cœur” ou plus banalement à une image saisie à l’improviste comme document.
Les peintures présentes dans cette galerie, ont été réalisées pour la plupart au mois de janvier 2017 dans le Vaucluse.

Gerberoy l’authentique

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gerberoy-01

 

Il faisait bien froid ce matin là et le ciel encore couleur d’acier pesait glacialement sur Gerberoy. J’empoignai mon appareil photo, en songeant combien ce petit village du pays de Bray m’était apparu chaleureux au printemps, avec ses ruelles gorgées de fleurs qui s’accordaient si bien avec les vieilles maisons d’inspiration normande. Convaincu que la matinée allait être rude, j’enfilai trois polaires les unes sur les autres et mon vieux bonnet vint recouvrir mon crâne déjà partiellement figé.

Gerberoy est un magnifique petit village tout proche de Beauvais et à quatre-vingt kilomètres au nord ouest de Paris. Une rue principale, traversant le village, dessert des ruelles pavées, bordées de vieilles maisons de bois et de torchis, qui semblent ne pas avoir changé depuis le 17 ème siècle. Il faut dire que la petite cité, qui conserve quelques vestiges de remparts, a vécu maints tourments historiques dont ceux de la guerre de cent ans. Tout est silence ce matin. Pas de cris d’enfants joyeux à l’heure de l’école. Beaucoup de maisons aux volets fermés semblent endormies pour l’hiver. C’est aussi l’un des plus petits villages de France avec moins de cent habitants, une démographie en baisse et une population relativement âgée. Pourtant, la place connaît bien des temps forts grâce à de nombreuses animations. C’est un peu comme un cœur qui vit au rythme de ses battements. Temps forts et temps de repos. Bien des manifestations, bien des animations sont programmés toute l’année.
le-sidaner-01L’événement le plus important qui attire sans doute le plus de monde est la Fête des Roses. Une fois par an, (le troisième week-end de juin), Gerberoy fête son emblème. La journée est dédiée à la rose et chacun peut déambuler dans les ruelles comme dans un immense jardin embaumé. Roses et hortensias s’étalent à foison et exhalent leur subtil parfum pour le plus grand plaisir visuel et olfactif des amateurs. Et c’est bien grâce à un peintre que cette tradition perdure depuis  1928. À l’instar d’un certain Claude Monet, Henri Le Sidaner cherche une maison à la campagne pour y produire une peinture toute intimiste. Il se fixe à Gerberoy dans l’ancienne maison des religieuses. Il transforme le verger en jardin qu’il ne cessera d’agrémenter, construit sont atelier d’artiste, crée une roseraie…et s’implique au plus près dans la vie des villageois, les incitant à planter fleurs et arbres, allant jusqu’à les conseiller pour les couleurs des façades de leurs maisons. Il crée en 1909 la société des amis de Gerberoy qui devient l’une des premières associations de sauvegarde du patrimoine en France. Cet embellissement du village est un héritage qui se perpétue encore aujourd’hui.
le-sidaner-04Pour l’heure, le village aux ruelles glacées et venteuses est désert. Je passerai deux heures solitaire, déambulant  parmi les rosiers transis et les hortensias fanés. Village endormi, village figé, je voulais des images absentes de toute vie, de tout signe de vie moderne. J’ai bien entraperçu ici ou là quelque antenne de télévision, et aussi quelque engin à quatre roues…mais j’ai pu pendant quelque temps m’imaginer avoir fait un retour vers le passé. En quittant Gerberoy et son silence, la vie m’apparut sous la forme d’un petit troupeau de moutons qui vint vers moi et après quelques familiarités, chacun s’en fût de son côté du grillage.

Pour en savoir plus :