La fine équipe

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Quand on parle de « fine équipe », c’est souvent avec un peu de malice et beaucoup de sympathie. On sait que le qualificatif évoque le plus souvent la réunion d’une bande d’individus facétieux, dont les principaux exploits sont plus liés à ceux d’un langage railleur qu’à des actions effectives.

Réunis la plupart du temps par une activité partagée, c’est l’occasion de saisir sur un même lieu toute une série de portraits pour en composer la plus grande diversité. Pas de postures étudiées, photographiés dans des expressions naturelles, c’est à partir d’images collectées depuis quelques années que je me suis décidé à réaliser cette galerie.

La difficulté du travail d’après photo (réalisée sans préparation), se trouve la plupart du temps dans les écarts de qualité qui existent entre les clichés. Visage dans l’ombre possédant peu de détails, à contrejour ou en plein soleil avec une lumière trop forte, absence d’homogénéité de la couleur etc. Il y en a pour tous les goûts et, je dois dire que je n’ai pas cherché à uniformiser les peintures, mais plutôt de traduire au mieux les ambiances lumière/couleur pour chaque photo que j’avais sous les yeux. Au départ, je pensais réaliser deux ou trois portraits, histoire d’entretenir l’œil et la main, un peu comme on fait des gammes au piano pour rester en communion avec son art.

D’une peinture à l’autre, j’ai vite pris goût à la notion de galerie de portraits et pour cela, il m’a fallu dépasser le stade du simple « échauffement ». Contrairement à mon habitude ou je démarre le portrait directement au pinceau et à la couleur, j’ai ici organisé mon travail à travers une procédure simple. Apprêt au Gesso d’un papier toilé Figueras de Canson (sans doute le meilleur), toujours le même format 21×30 cm. Dessin au fusain du sujet et agrandissement au carreau. Les ombres sont portées par zones sur le papier car elles construisent les volumes du visage. J’ai observé que le seul dessin linéaire ne permet pas de positionner correctement un pli, un nez, une paupière etc…Étant donné que le visage est formé d’un ensemble de plans, la ligne n’existe pas en réalité et ce sont les ombrés qui sont les meilleurs indicateurs pour rendre le caractère du personnage.

Première ébauche des volumes jus de couleur et essence

À l’aide d’un ocre, d’une terre de sienne en mélange avec de l’ocre rouge et beaucoup d’essence de térébenthine, je place les ombres et indique les réserves de lumières. À ce stade, l’ébauche peut paraître peu avantageuse, trop sombre, ou dévaluée, mais elle est surtout un support au placement des valeurs. La peinture doit déjà porter en elle les caractéristiques du modèle, taillées en de larges coups de pinceaux. Je monte progressivement et en même temps, visage, vêtements et fond en faisant attention à ce que les contours du portrait s’incorporent bien au fond en ne paraissant pas découpés à bords vifs. C’est surtout le contraste de la couleur des cheveux par rapport au fond qui demande le plus d’attention. Un léger flouté de passage est à créer lorsque l’huile est encore fluide. La technique « alla prima » (peinture dans le frais ou semi-frais) permet cet effet.

Mise en couleur et fondu des couleurs

Bernard ✝

La suite n’est plus qu’un affinement des touches de couleur selon que l’on veuille donner un caractère plus « dur » ou plus « doux » à la peinture. Pour mon compte j’ai toujours trouvé qu’il était plus facile de rendre un portrait en travaillant au pinceau fin pour aller dans les plus petits détails, que de parvenir à donner ressemblance et vérité à un portrait en restant en deça du seuil « lissé ». L’hyperréalisme qui compte se substituer et même dépasser l’image photographique ne présente pour moi pas grand intérêt. Sauf à être une prouesse technique.

Guy

Ce que je trouve particulièrement difficile dans le portrait, et qui m’a souvent posé problème, c’est de peindre non pas le premier œil, mais le second. Le premier œil, vient tout seul, d’un simple coup de pinceau…mais, peindre le second, dans l’esprit du premier, dans la bonne valeur, dans l’axe correspondant au précédent est une affaire qui mérite bien des ajustements. Notre regard, parcourant incessamment modèle et peinture s’érode dans sa capacité à percevoir ce qui est juste. La première méthode pour « revivifier » sa vision est de quitter la pièce, de s’occuper un moment à autre chose puis de revenir face à son chevalet avec un œil frais. La deuxième méthode que j’emploie assez facilement, est d’observer la peinture en cours à l’aide d’un miroir. L’image visualisée à l’envers dévoile alors toutes les grossières erreurs que comporte notre travail. Il ne reste plus qu’à corriger. Il n’est pas rare, dans certains de ces portraits, d’avoir repris une bonne douzaine de fois l’œil droit ou le gauche au cours d’une même journée. Bien évidemment, il arrive à un moment de l’évolution du tableau que la modification d’un détail, entraîne la modification plus profonde de toute une zone bien plus large afin de conserver une certaine harmonie. Et par la-même, il ne faut pas hésiter de tout repeindre, de changer la couleur de la peau, de déplacer une bouche qui peu à peu s’était déformée, d’un menton qui descend bien trop bas ou d’un cou qui pénètre maladroitement dans une chemise. Le portrait peu à peu se nourrit de couches successives, des erreurs, des rectifications qui finissent pas donner cette richesse de couleur, de profondeur et vont créer la matière, la peau même du personnage.

Albert

J’ai appris que pour donner de la présence à un visage, il ne fallait pas sous-estimer le fond. Un fond sombre ou un fond clair, permettent de détacher la figure facilement. Mais attention à l’effet de découpage. D’autant plus si la coiffure est de tonalité claire sur foncé ou l’inverse. Un fond foncé avec des cheveux bruns n’est pas un sujet facile non plus. Il faut toute la délicatesse d’un Ingres (portraits de la baronne James de Rothschild, de madame Paul-Sigisbert Moitessier) pour réussir de subtiles nuances. Les tons de la figure sont généralement traités dans des couleurs chaudes. Mettre le visage en relief, revient parfois tout simplement en un fond légèrement refroidi par du bleu, du vert, du gris, qui par contraste chaud/froid va créer un effet de profondeur. Les tons chauds ayant tendance à venir en avant, plus proches et les tons froids apparaître plus éloignés.

Georges

Enfin, certains portraits, en raison de signes ou de matériels particuliers des individus sont plus compliqués à aborder. Les lunettes aux verres colorés, aux branches qui viennent perturber rides et volumes tout en projetant des ombres parasites sont des épreuves supplémentaires. Bouches entrouvertes qui laissent apparaître les dents, cavité bucale qui n’est jamais un « trou noir »sans aucune nuance, autant de pièges sur lesquels il n’est pas rare de bredouiller. Le dernier portrait, celui de Richard aura été celui sur lequel j’ai cumulé le maximum de difficultés, lumières diverses, lunettes, ombres, bouche et c’est celui auquel je suis le plus attaché. Au final la galerie devrait comporter une vingtaine de portraits. Épinglés sur mon mur, ils forment un grand « photomaton » auquel je jette parfois un regard amusé car certaines expressions valent vraiment la photo.

Rémy

Paul

Louis

Stéphane

André

Claude

Pierre

Helen ✝

Gérard

Michel

Richard

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De la poudre à l’art

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À l’origine, j’avais l’intention de rendre une petite visite au Musée d’Orsay, sans doute mon musée préféré, autant par son contenu que par son architecture que je trouve particulièrement réussie pour une sympathique déambulation. Orsay a toujours évoqué pour moi le plaisir de flâner d’une salle à l’autre au milieu de peintures qui font plus partie de mon intimité que les magistrales œuvres du Louvre. Une exposition consacrée aux dessins de danse de Degas me faisait un clin d’œil depuis quelque temps à Orsay. Et puis, influence du climat ou inconséquence de l’esprit humain, c’est vers le petit Palais que j’ai orienté mon choix compte tenu d’une affiche alléchante “L’art du pastel de Degas à Redon”. Finalement des dessins de  Degas aux pastels du même Degas, il n’y avait pas forfaiture à se désavouer. 

Il fallait ce jour là une bonne dose de courage mais surtout d’épais vêtements pour démarrer une file d’attente au pied des marches du petit Palais. L’air y gelait même la lumière et le vent sibérien sans pitié ne laissait aucun répit aux pauvres SDF emballés tels des momies dans leurs duvets poussiéreux.
Après 20 minutes d’attente et quelques rigolades entre les visiteurs que nous sommes (le rire doit certainement tenir chaud), deux fonctionnaires ouvrent enfin la file d’attente. C’est là, que nous apprenons que l’entrée se fait à un autre endroit du bâtiment. Tout le monde râle ! Une anglaise nous confie :
“— Je ne comprends pas en France c’est toujours le bazard !”.
Résignés, mais finalement trop contents de nous mettre au chaud, en petit troupeau docile nous contournons la majestueuse entrée principale aux ferronneries dorées pour nous agglutiner devant une vilaine petite porte vitrée qui….ne s’ouvre pas ! Là derrière, quelques “ombres” s’agitent, vont et viennent dans une effervescence fébrile qui n’annonce rien de bon. Mon impatience grandit et je sens la bonne humeur de mes compagnons d’infortune tourner au vinaigre. Une baie vitrée s’ouvre, on se précipite, un groupe force le passage. Trop tard pour nous, la porte se referme brutalement. Ce n’est pas la bonne entrée. Après plusieurs tentatives, comme la mer rouge s’écartant pour laisser passer les israélites…l’accès au musée nous est enfin largement offert. “Comme vous avez pu le constater, nous avons un problème d’ouverture des portes !” Les railleurs en profitent pour demander au personnel du musée s’ils ont eu le temps de nous préparer le café et les croissants…Je vous rassure, le reste de la visite se fera dans une ambiance calme et feutrée, très intime pour cette belle exposition de pastels.

“Le pastel a une fleur, un velouté, comme une liberté de délicatesse et d’une grâce mouvante que ni l’aquarelle, ni l’huile ne pourraient atteindre.”
Joris-Karl Huysmans (Exposition des Indépendants en 1881)

L’âge d’or du pastel connaît son apogée en 1765. Il est à ce point prisé, qu’il rivalise largement avec la peinture, la sculpture et la gravure. Pour les portraits, il est même préféré à l’huile. Les grands pastellistes de l’époque se nomment Charles Le Brun, Joseph Vivien, Maurice Quentin de La Tour, Jean-Baptiste Chardin…

Au 18 ème siècle le pastel atteint la perfection, toute l’aristocratie se fait portraiturer par les meilleurs pastellistes. La révolution Française apporte un bouleversement en profondeur de la société. L’aristocratie est désormais suspecte et le pastel, reconnu pour être le mode de représentation favori de la bourgeoisie est jugé compromettant. Tout ce qui persiste de l’ancien régime devient antisocial. Perruques, vêtements amples et enrubannés, fards…tous les symboles d’une classe sociale déchue, dont la technique du pastel avait su si bien rendre les attraits, sont bannis. Le pastel devient démodé autant que les codes vestimentaires et esthétiques de la bourgeoisie. C’est le retour à la rigueur avec la peinture à l’huile.

Dans le dernier quart du 19 ème siècle, puis au début du 20 ème siècle, le pastel jouit d’un véritable intérêt et offre une alternative « nouvelle » à la peinture à l’huile. La création de la Société de Pastellistes Français en 1885, la construction d’un pavillon de pastellistes pour l’Exposition Universelle de 1889, permettent à cette technique « redécouverte » de s’imposer pour elle-même.

Auprès des Impressionnistes, le pastel se développe comme une évidence pour traduire des sensations instantanées. Sa facilité de mise en œuvre sur le terrain, sa rapidité d’exécution en fait un médium en harmonie avec leur esthétique, suggestion de mouvement, effets de lumière. Artistes paysagistes avant tout, les impressionnistes n’en délaissent pas pour autant la représentation humaine pourvu qu’elle soit rendue dans la vérité du quotidien. Degas avec les danseuses, Mary Cassatt avec les figures d’enfants, témoignent de cet intérêt.

La fin du 19 ème siècle signe le retour des grands portraits mondains. L’élite aristocratique et bourgeoise, retrouve le charme et le raffinement de la poudre de pastel. Cette époque bénie pour les artistes leur permet d’exprimer pleinement art et virtuosité et leur offre aussi de très bonnes perspectives commerciales. Hommes influents, élégance féminine en grands formats témoignent que le pastel n’a plus rien à envier à la peinture à l’huile. Les carnations sont admirablement rendues et les nus de Pierre Carrier-Belleuse ou d’Alfred Roll démontre la grande variété d’expression des pastellistes de cette époque.

Les peintres « symbolistes » trouvent dans le pastel la magie qui leur permet d’exprimer toute leur réalité intérieure. Sentiments, rêves, ils privilégient les sujets rares, littéraires, allégories ou mythes. C’est tout un univers poétique qui prend forme bien loin de l’univers réaliste et instantané des impressionnistes. Le monde étrange et fanstasmagorique d’Odilon Redon conclut cette exposition à travers 3 pastels, dont le sentiment subjectif qui est l’essence même de son œuvre reste encore aujourd’hui une énigme.

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Quelques couleurs

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 Je n’ai pas grand chose à dire sur cette galerie dont certaines réalisations ont été publiées sur Facebook. Il m’arrive de ne plus savoir exactement ce qui a déjà fait l’occasion d’une publication. Les dessins et peintures, s’accrochent sur mes murs, s’entassent dans des cartons pendant un certain temps et partent comme un vin vieillir dans ma cave sur quelques étagères. Le temps bonifie t’il les peintures ? J’en doute. En tout cas ce que je sais c’est que l’absence de lumière agit sur l’huile de lin contenue dans les couleurs. Cette action assombrit les « œuvres » et il faudra une exposition à la lumière pour leur redonner leur éclat. Comme quoi, en peinture il faut aussi posséder un savoir de « petit chimiste ».

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L’argent fait le bonheur

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Jean Dominique Ingres

Il y a quelques années au musée Ingres de Montauban j’avais découvert trois ou quatre dessins d’une délicate beauté. Le trait en était fin, précis, de couleur brune et s’harmonisait parfaitement avec un papier jauni par le temps. Une étiquette mentionnait que les dessins avaient été réalisés à la « pointe d’argent »
J’ai fini par comprendre que la « pointe d’argent » était l’outil de prédilection des anciens, bien avant l’apparition des craies ou les pierres comme la sanguine, la pierre noire etc. Le tracé à la pointe d’argent trouve son origine il y a bien longtemps puisque Pline l’Ancien mentionne son usage à Rome parallèlement aux stylets de bois, d’ivoire ou d’os pour écrire sur les tablettes de cire. Il semble qu’au cours des siècles, différents métaux furent employés. L’utilisation de la pointe de plomb se développe principalement au Moyen Âge à travers la réalisation des manuscrits et des nombreuses miniatures. À la Renaissance, c’est l’argent qui aura la faveur d’artistes tels que Léonard de Vinci, Raphaël. Aux Pays-Bas, la technique de la pointe d’argent acquiert ses lettres de noblesse bien avant les maîtres Italiens. Les Florentins privilégient surtout la ligne alors que les Flamands soucieux de réalisme développent le travail du volume par les ombres et les lumières. La technique de la pointe d’argent n’a pas laissé de traces iconographiques significatives en France.
L’Allemagne plus adepte de la gravure et plus proche de la plume, s’intéresse moins à la pointe d’argent. Il nous reste cependant de superbes dessins de Dürer ou de Hans Holbein réalisés avec cette technique. Au cours de l’histoire, des tentatives seront faites avec des pointes d’or et de cuivre. L’or, trop cher est peu utilisé. Le cuivre, trop dur ne procure pas la lisibilité de l’argent ou du plomb. Toutes ces techniques disparaîtront peu à peu, au profit de l’arrivée de la sanguine, de la pierre noire, des craies. Médiums moins exigeants ils sont d’une plus grande praticité et permettent de moduler le trait, de couvrir de plus larges zones, de contraster plus rapidement un sujet.

Il existe aujourd’hui un renouveau de la pointe d’argent. Effet de mode ou besoin de revenir aux fondamentaux classiques. C’est peut-être aussi un rejet de tous ces outils « modernes » faits de plastique aux couleurs vives et l’envie de posséder un outil fait à sa main, un outil de qualité qui demande virtuosité et attention. Le dessin vite fait bien fait n’est pas dans l’esprit de la pointe de métal. Pour dessiner avec cette pointe, il faut avant tout préparer son papier avec une solution que l’on peut acheter ou la réaliser soi-même. Sur un papier non apprêté la trace n’est pas visible. La marque Golden propose un apprêt spécifique « Silverpoint Drawing Ground ». Les puristes auront pour tâche de préparer leur base de cette façon : 1 volume de colle de peau, 1 volume d’eau, 1/2 volume de blanc de lithopone (ou comines)+pigment en poudre ou encre pour colorer l’apprêt. Faire fondre la colle+eau au bain-marie et incorporer la cendre d’os et le blanc par petites touches, remuer et filtrer. Appliquer cette solution en 2 à 3 couches fines et croisées sur un papier (lisse) aquarelle satiné (au moins 300 gr). Une fois l’apprêt bien sec, poncer avec un papier verre très fin. Vous êtes prêts à vous lancer !
Et bien non, il vous faut encore une bonne pointe d’argent. La première solution est de commander auprès d’une grande enseigne de fournitures pour artistes une pointe à la qualité « variable ». Je vous recommande plutôt de vous adresser à des gens spécialisés, artisans ou ateliers qui réalisent à la demande ou utilisent et proposent à la vente ce type de produit. (Adresses en fin d’article)

Il faut savoir que la pointe d’argent ne permet aucun repentir. Le trait doit être direct, car impossible de gommer, de se reprendre d’une quelconque manière. La réalisation des ombres, des valeurs se fait avant tout à l’aide de hachures finement croisées. Commencez votre dessin avec légèreté, douceur et augmentez lentement la pression et le nombre de hachures pour obtenir des valeurs plus fortes. Mais, ne vous attendez pas à produire des zones très foncées, proches d’un grisé comparable à celui d’un crayon graphite. Le dessin général est d’une teinte grise légèrement bleutée et brillante. C’est le temps, son exposition à l’air qui va peu à peu donner à l’œuvre tout son charme. L’argent, va lentement s’oxyder, se foncer et donner cet aspect brun que vous pouvez voir avec vos couverts en argent. Des passionnés, des pinailleurs ou des fous (difficile de les qualifier) ont observé que selon la région, l’environnement écologique ou la météo, l’oxydation s’accomplissait de manière différente. Alors, pourquoi ne pas déplacer ses dessins d’un endroit à l’autre pour obtenir de multiples variations.
Sur un papier apprêté de couleur, il est possible d’enrichir son dessin de rehauts blancs ou de couleur encre, aquarelle etc…comme le faisaient les anciens.
La pointe s’use insensiblement et il convient de lui donner une forme…arrondie, pointue, biseautée selon ce que l’on souhaite faire d’où la nécessité d’avoir sous la main une pierre à huile très fine.

Pointes d’argent :
Mu Bijouterie
10 rue de la République – 58300 Decize
Tel. : 06 89 10 49 70
Site : Mu Bijouterie

Atelier Michaël Greschny
La Maurinié – 81430 Marsal
Tel. : 06 83 78 61 09
Site : Atelier Greschny

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Petites natures

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L’hiver a ceci de positif, c’est que dans la plupart des cas, la météo étant peu favorable, il est difficile de sortir et c’est un bon prétexte pour rester peindre bien au chaud. C’est le temps privilégié pour s’essayer à la nature morte, à dénicher chez soi ce que l’on pourra bien représenter. Une pomme fripée, un morceau de pain, une sardine fraîche dans une assiette ou même une cafetière cabossée peuvent faire l’affaire. L’important étant moins le sujet que la façon de le peindre (avis tout à fait personnel). 

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Copie conforme

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Copie conforme ou rebelote pourrait t’on dire à propos des inondations. En juin 2016, tout ce qui coule était déjà sorti de son lit douillet en venant humidifier les campagnes comme les villes.
Et de nouveau cette année, les crues se sont généralisées dans le pays au plus grand désarroi de riverains excédés qui constatent que de tels phénomènes ont tendance à se répéter avec une fréquence de plus en plus grande. Ici, dans les Yvelines, les zones les plus basses, tout proche de la Seine se sont transformées en une suite de petites « camargues » pour la plus grande joie des cygnes et des oiseaux fluviaux. Un apiculteur vient à peine de surélever ses ruches sur une série de palettes. La colonie d’abeilles, toute endormie a sans doute été sauvée à temps de la noyade. De vieilles feuilles de choux, des artichauts résistants des précédentes récoltes traînent dans l’eau vaseuse. Derniers vestiges qui signalent que là, précisément l’homme cultive. Les machines agricoles se sont mises au repos et c’est sous un ciel bas couleur d’acier, ponctué de quelques cris de mouettes, que j’avance botté. Et ça fait des « couich » des « flopp » lorsque je force le pas dans ces chemins boueux aux flaques de la dimension d’un petit étang. Plus loin, en ville, les quais n’existent plus.


Les péniches habitent sur la rue et les passerelles improvisées qui relient encore la terre ferme et les barges sont à la limite de la rupture. Les différents courants contrariés finissent par créer des îles de détritus qui s’accumulent le long des bateaux. Véritables planchers d’ordures ils témoignent du peu de respect que peuvent avoir les humains pour l’écologie. Toute circulation qu’elle soit automobile ou pédestre est perturbée. Il faut désormais réfléchir pour aller d’un point à un autre et revoir ses plans. Le parcours habituel n’est sans doute plus possible et la petite route qui évite l’embouteillage, risque de conduire tout droit à la baignade. Sous un escalier qui dessert le quai, existait une niche, un trou en béton ou dormait un sans abri. En son absence, l’eau est montée, immergeant sa cache, imprégnant ses vêtements. Un promeneur, sans doute un habitué de l’endroit a récupéré ses effets et les a déposés hors d’eau en espérant un peu de soleil pour les sécher. À l’approche de midi, les riverains chargés de sacs plastiques, de retour de shopping, rejoignent leurs pavillons humides en équilibre sur quelques planches étayées de blocs de béton. La décrue sera lente, les sols sont gorgés d’eau de partout. Comme un signe, il se remet à pleuvoir.

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Par ma fenêtre

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Ma fenêtre est un cadre, ouvert sur la rue, ouvert sur la vie.
Un tableau aux variables couleurs, parfois grises et ternes ou chaque chose se fond, se mêle en une masse sombre. Parfois aussi, c’est la gaité lumineuse qui l’emporte. Par ma fenêtre, je vois un arbre. Nu en hiver, chevelu en été. Chaque matin, il est présent pour moi comme un ami fidèle et cela sans défaillir depuis de nombreuses années. Il accueille indifféremment « l’agassement » des pies, le « jasement » des merles et frémit parfois aux beaux jours de batailles épiques entre la gente ailée. Ici bagarre pour l’emplacement d’un nid, là chahut pour un crouton de pain volé près d’une poubelle renversée. C’est mon arbre. Il n’est ni très costaud, ni très grand et l’hiver, par temps de pluie sa peau se couvre d’une inquiétante teinte verte un peu comme « Hulk », la force brutale en moins. Les élagages systématiques ont favorisé l’apparition de jeunes branches très souples qui s’orientent drues vers le ciel. Par grand vent, elles s’agitent en désordre telles de maigres pattes, fouettent l’espace, s’entrechoquent nerveusement peut-être dans l’espoir de se libérer de ce tronc trop chétif. Mais, que vaut une branche sans sa source nourricière ! En ce début d’année où le beau temps semble avoir déserté nos régions, il semble difficile de s’installer en pleine campagne et de peindre sur le motif. Les éléments traités à travers le cadre d’une fenêtre, s’ils sont relatifs à un champ visuel limité, n’en demeurent pas moins des sujets intéressants. Travailler sur le quotidien, le banal autour de soi, le rendre visible sous une forme nouvelle, dégager une expression graphique inventive, détournée de la simple réalité est aussi un challenge excitant à relever.
Je dirai que « faute de grives, je me contente de merles ».

Bonne Année à toutes et à tous.

Fusain sur papier Ingres

Huile sur papier

Pastel à l’huile sur papier

Fusain et huile sur papier

Monotype, encre typographique sur papier

Figures

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En parlant de portrait chacun s’attend à une « image » ressemblante du modèle. Un portrait n’est pas forcément l’image exacte du sujet.
L’histoire de l’art nous démontre que la représentation d’un personnages pouvait être idéalisée afin de l’ennoblir, lui donner des caractéristiques morales particulières, définir son rang social etc… Selon l’époque, à l’opposé, l’artiste pouvait s’attacher au moindre détail physique pour reproduire la réalité dans tout son aspect critique. La pose, l’expression du modèle sont autant d’indices qui véhiculent sa personnalité intérieure, sa sensibilité. Il s’agit toujours pour le dessinateur ou le peintre d’une interprétation.
Ici, j’ai utilisé le mot « Figures » au lieu de « Portraits ». Tout simplement parce que je me suis limité à travailler à partir de photos sous forme d’une série de dessins réalisés dans un temps très réduit. Le terme « portraits » me semblait usurpé. L’enchaînement continu des dessins m’a permis de conserver une certaine excitation graphique. Il existe parfois une proximité entre l’artiste et le modèle, lien familial, amical ou même simple connaissance. Ici, chaque figure représentée est une personne qui m’est totalement étrangère mais non anonyme dans le sens où ce sont des femmes et des hommes qui existent ou ont existé. J’ai sélectionné leurs photos pour des raisons techniques (taille des clichés, contraste des valeurs etc.) et aussi pour l’intérêt de leur caractère physique.
J’ai tenté de donner un peu d’humanité à ces personnages à l’aide de quelques traits denses, de griffures acérées ou du doux frottement du fusain.
(Techniques utilisées, pierre noire, crayon fusain, crayon carbone, crayon couleur Pitt pastel et Polychromos de Faber Castell, plume encre de chine et encre marron)

Dépouilles

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Une amie m’a demandé récemment ce qui m’avait amené à peindre des dépouilles d’animaux. Mon premier réflexe a été de penser « tiens, quelle drôle de question ? » comme si cette série allait de soi pour tout le monde et que le sujet ne susciterait aucune réflexion particulière.
Bien embarrassé dans un premier temps pour satisfaire en quelques mots sa curiosité, je me suis plongé plus intensément sur mon premier ressenti pour en rechercher une « justification intelligible ». Et finalement le questionnement bien innocent de cette amie me donne l’occasion de m’en expliquer.

Il est vrai que le choix d’un sujet, qui produira dans le temps une image sur un support, ne nait jamais du vide, ni de l’absence de toute matière, qu’elle soit visuelle, intellectuelle, sensible, liée à n’importe lequel de nos sens. La peinture est souvent le « réaménagement » de formes, de couleurs, de sensations dans un certain ordre pour donner une lecture de son propre monde intérieur. Et l’exposition du résultat pour une lecture publique est somme toute une contribution à la philanthropie. Cette participation même modeste n’est pas à désavouer pour autant.

Je me suis toujours interrogé (au cours de mes nombreuses promenades, en forêt ou en campagne), du peu de cadavres ou de traces que les animaux laissent lorsqu’ils meurent. Bien sûr, chacun aura un jour sur un chemin aperçu une touffe de plumes éparses, arrachées à un pigeon par quelque buse vorace. Mais que deviennent les renards, les sangliers, les chevreuils et autres cerfs en fin de vie. Des milliers de bêtes meurent chaque jour autour de nos cités. Les animaux se cachent t’ils pour mourir ? Cerfs, chevreuils sont nombreux dans nos régions. Ces mammifères perdent leurs bois chaque année. Combien de ramures, de bois pouvez-vous vous étonner d’avoir trouvés ? Et ne me dites pas que les prédateurs sont suffisamment nombreux pour éliminer toutes les charognes. La rareté cadavérique sur le terrain est en même temps une découverte émotionnelle et un questionnement immédiat sur les raisons de la mort de l’animal en présence. 


Ces dépouilles ont été découvertes pour la plupart sur des chemins, en bordure de cultures. Empoisonnement, blessures et abandons par un chasseur…Des pierres ont été projetées avec force sur le lapin de garenne comme si sa mort n’était pas suffisante. Quel plaisir peut ressentir celui qui s’acharne ainsi sur un animal mort. Contrairement à la chasse à courre (où l’animal est poussé à bout, poursuivi par une meute de chiens forcenés), le cerf ci-après, a été abattu d’une balle et sa mort a été presque instantanée. Quelle que soit la cause du décès, le passage de la vie à trépas d’un animal provoque en moi un grand vide, un regret suivi d’une grande tristesse. En me penchant sur mes documents, en les travaillant sous forme de peintures, j’ai le sentiment de redonner vie à des êtres dont notre société ignore ou méprise souvent l’existence. C’est aussi une manière d’évacuer une culpabilité, de responsabilité envers ces animaux, et de tenter par l’image une approche empathique avec eux. 

Le mystère de la mort est une des composantes de la vie et nous ne pouvons pas oublier que l’homme des premiers âges continue pour une bonne part de survivre en nous. Les peintures rupestres sont elles l’expression d’un simple plaisir pour l’art ? Les premiers hommes, en représentant les animaux, leur chasse, leur mort n’ont t’ils pas tenté d’entrer en contact par une activité chamanique, avec cette vie animale qui accompagnait leur quotidien ? Ont-ils essayé par les signes et la couleur de symboliser la réussite de la chasse et la supériorité de l’homme sur l’animal et invoqué des dieux pour les protéger de la blessure. En procédant à des rites, qu’ils soient religieux, païens, en adoptant certaines croyances ou pensées dans notre quotidien, en idolâtrant certains êtres, ne sommes nous pas à la limite de l’homme anxieux face à cette inconnue qu’est la mort ?

Il existe des artistes qui vouent leur talent à représenter les animaux vivants. On les définit comme « peintres animaliers ». Titre honorable qui sanctifie la vie. Lorsque des artistes consacrent une part de leurs réalisations à l’univers de la « camarde », on a vite fait de les qualifier d’artistes « maudits ou « de morbides ». La représentation picturale de cadavres humains ou d’animaux les place dans une sphère particulièrement critique. Pourtant, depuis les antiques, la « vanité » constituent une représentation allégorique de la mort humaine et la nature morte n’en est que sa petite jumelle.

Le cadavre humain a longtemps servi de modèle aux plus grands peintres. Il faut mentionner la leçon d’anatomie de Rembrandt, les écorchés de Léonard de Vinci, les études de membres de Géricault pour le radeau de la Méduse, le toréro encorné d’Édouard Manet, les quartiers de viande de Soutine…L’histoire de l’art rapporte une grande abondance d’œuvres représentant gibier, poissons et autres bestioles exotiques apathiques. Et nombreux sont les artistes qui se sont essayés à ce genre depuis des siècles. On peut citer Chardin, encore Géricault, Goya etc…

Ces natures mortes en atelier sont dans leur grande majorité « arrangées », c’est à dire composées. Chaque sujet, chaque objet est placé avec minutie dans une mise en scène très étudiée selon des règles de composition et en organisant le jeu de l’ombre et de la lumière. L’aspect accidentel, fortuit n’existe pas. 

En travaillant à partir de mes photos prises sur le vif, selon les conditions atmosphériques rencontrées, la mise en scène est inexistante. La prise de vue est un document « brut, neutre, sans effet et sans affect » à partir duquel j’essaie d’apporter une esthétique picturale. En ce sens, ma démarche s’éloigne de la nature morte exécutée en atelier avec le sujet réel comme objet d’observation.

Dans notre société occidentale, la mort est occultée d’une manière consensuelle. Elle devient un phénomène de rejet car son image choque, dérange. Plus personne ne visite les cimetières. Et les cortèges accompagnant le défunt jusqu’à sa tombe se font désormais dans une rapide course en voiture. Pourtant par un jeu subtil de miroirs, la mort inonde paradoxalement les écrans, les films, les jeux vidéos. Ces images pour la plupart vécues comme des fictions n’apparaissent plus que comme des artefacts de la réalité. L’image d’un cadavre d’animal émergeant au milieu d’allégories de la bienséance choque. Ça serait un bienfait s’il éveillait quelques consciences et questionnements.

À l’heure où, à chaque minute notre « humanité » voit (ou fait) disparaître son environnement écologique, où les espèces animales sont malmenées alors qu’elles font partie intégrante de notre « généalogie », mon propos tant visuel que littéraire, n’est pas de faire l’apologie de la mort ni celle d’un plaisir morbide. La mort n’est ni souhaitable, ni enviable et en aucun cas elle ne peut être belle. Elle « EST ». Elle possède une esthétique qui me touche par sa simplicité, son silence et la réflexion qu’elle génère intérieurement.
Traduire par la ligne, la couleur, sans emphase, sans excès, mais dans toute sa force la mort de ces bêtes est le challenge que je m’étais fixé, car il fallait au delà de l’image que je leur accorde une dernière célébration. 
Et votre regard face à ces images, loin de toute indifférence, qu’il soit attristé, choqué ou mal à l’aise est une belle contribution à la vie.

 

 

Monotype (essais)

Il n’y a pas longtemps de cela, une amie m’annonçait qu’elle s’investissait désormais dans la gravure. Cela m’avait déjà maintes fois tenté, mais faute de place, de connaissances techniques et ne voulant pas trop me disperser, j’avais relégué cette idée au fin fond de mon esprit. En parcourant internet, à travers les réalisations d’artistes divers, j’ai découvert le monotype et je me suis étonné de constater combien cette technique était un véritable moyen d’expression permettant de développer une écriture très personnelle malgré son « apparente » facilité.
Le monotype est une impression unique. On obtient une « image » par la pression d’une feuille de papier sur un support préalablement encré. Cette technique requiert un matériel très simple et peu onéreux. Le support peut être constitué d’une plaque de verre, de plexiglas, de métal (cuivre, zinc…) tout support rigide pouvant recevoir un médium ne séchant pas trop vite (couleur à l’huile, pastel gras etc…) L’idéal demeurant bien entendu l’encre utilisée en imprimerie. Ces encres très grasses, collantes sont restées longtemps réservées aux ateliers de gravure ou de typographie. Leur nettoyage aux solvants présentait un gros inconvénient pour les amateurs. Il existe aujourd’hui des gammes d’encres qui se nettoient à l’eau et présentent une alternative aux produits traditionnels (Aqua Wash, Akua…). J’ai opté pour l’encre taille douce Aqua Wash de Charbonnel, noir RSR (lavable sans solvant) et d’une huile de la même marque pour fluidifier l’encre. Un petit rouleau, quelques vieux pinceaux et 3 ou 4 cotons tiges sont venus compléter le petit matériel de base. Rien de ruineux pour faire quelques essais. Sans oublier bien sûr le papier dans le matériel indispensable.
Je ne décrirai pas les différentes possibilités techniques du monotype. Il existe sur internet de nombreux tutoriels et conseils parfaitement explicites. Pour ma part je m’en suis tenu à peindre sur le support à l’aide pinceaux (ne pas hésiter à y mettre les doigts) comme on le ferait pour une peinture ou bien d’encrer l’ensemble du support puis de jouer avec des retraits d’encre…Avec un pinceau humidifié il est possible d’enlever complètement l’encre. En fin de travail, la plaque se nettoie très facilement d’un coup d’éponge avec de l’eau (avantage de l’Aqua Wash).
Mes exemples présentés ici ne sont que des essais afin de mieux comprendre les possibilités et limites de cette technique.
Sous cette apparente simplicité qui permet de produire tout de suite un monotype original, tant le rendu peut être surprenant, se cache une réelle difficulté. Celle à un moment donné de maîtriser au mieux le rendu souhaité. Certains accepteront un rendu très aléatoire et d’autres aimeront (passé le plaisir de la découverte) aller plus loin dans la démarche en restant maître du processus. Je dois reconnaître que je fais partie de la seconde catégorie. De ceux qui souhaitent réduire la chance ou le hasard afin de produire une image plus proche de leurs espérances. Au jour d’aujourd’hui, je n’y suis pas parvenu !
J’ai constaté que tout va bien tant que l’on ne joue pas trop avec les subtilités. Un support bien empâté, avec de forts contrastes réalisés par l’épaisseur de l’encre est parfaitement reproductible d’une simple pression des paumes ou le passage d’un rouleau. Il en va tout autrement dès que l’encrage devient plus léger afin de réaliser des valeurs intermédiaires. Au-delà d’une certaine limite d’encrage, il n’y a plus de report sur le papier.
Je pense que la qualité du papier, son humidification et surtout la pression exercée sur le papier sont des composantes qui doivent être parfaitement étudiées. Une pression à la main, au rouleau, ou encore à la cuillère sur un papier au moindre grain, avec une légère trame, produit une image fantômatique. Un papier aquarelle « grain torchon ou fin » ne retient l’encre que sur la partie haute du grain, l’encre ne se déposant pas dans les creux de celui-ci. Les subtilités, les valeurs de gris n’apparaissent pas et le résultat devient particulièrement pauvre. Un bon papier comme un vélin et une petite presse semblent incontournables si l’on souhaite un rendu qui respecte au mieux son original sur plaque.

Vous pourriez penser à travers mes tentatives que le monotype est après tout une technique rudimentaire. Trop rudimentaire et aléatoire pour espérer vous séduire. Pour vous convaincre du contraire, je vous invite à découvrir la galerie ci-dessous que je consacre à quelques réalisations de François Dupuis. C’est le résultat d’une maîtrise technique mise au service d’une grande sensibilité. Autres que les monotypes, je vous encourage aussi à découvrir ses gravures, dessins, peintures et sculptures. L’homme est fécond et talentueux.

Monotypes, gravures : François Dupuis blog.
Page FaceBook : François Dupuis dessins, peintures, gravures, sculptures.

 

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